Éducation | La base des réalisations de demain

25 mars 2008

Progrès des femmes aux postes clés de l'enseignement supérieur

Harvard est la dernière des grandes universités à choisir une femme comme président.

 
Drew Gilpin Faust
Mme Drew Gilpin Faust, professeur d'histoire et fondatrice de l'Institut d'études supérieures de Radcliffe. (© AP Images)

Washington - En choisissant une femme comme président, l'université Harvard s'inscrit dans la tendance de l'enseignement supérieur américain à confier ses postes de direction à des femmes.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à fréquenter l'université et leur nomination à des postes clés dans l'enseignement supérieur découle tout naturellement de cette tendance, déclare Catherine Hill, directrice des recherches à l'American Association of University Women (AAUW).

Selon des rapports, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à faire des demandes d'admission dans les universités américaines et 56 % des candidats à la licence sont des femmes. Ce progrès n'a cependant pas été obtenu aux dépens des hommes car ces derniers sont plus nombreux que jamais à faire deux ou quatre ans d'études universitaires, selon Mme Hill.

Le Bureau américain du recensement (U.S. Census Bureau) prédit que, d'ici 2010, quelque 7.760.000 hommes et 10.720.000 femmes seront inscrits dans des établissements postsecondaires, soit une augmentation pour les deux sexes par rapport aux 7.458.000 hommes et aux 10.190.000 femmes inscrits en 2006.

« La diversité est importante dans l'enseignement supérieur car elle fournit de nouvelles façons de voir des problèmes anciens et des approches différentes de l'érudition », déclare Mme Hill. En outre, ouvrir la voie aux femmes en tant qu'étudiantes et cadres est important car on estime généralement, dans la société américaine, que l'enseignement supérieur est la clé du succès économique et politique, ajoute-t-elle.

« L'enseignement supérieur américain ouvre la voie à de nombreuses possibilités dans ce pays, dit Mme Hill. Qui décide quand la voie est ouverte et le genre de travail intellectuel qui est fait détermine la façon dont les jeunes peuvent progresser et devenir des décideurs. »

Ruth Simmons
Mme Ruth Simmons, présidente de l'université Brown est la première Afro-Américaine à diriger une école Ivy League. (© AP Images)

En accédant à des postes supérieurs dans les universités, les femmes sont mieux placées pour faire une carrière et obtenir un emploi bien rémunéré, notamment dans les domaines généralement dominés par les hommes.

Le 11 février, Harvard a annoncé la nomination de Mme Drew Gilpin Faust,. professeur d'histoire et fondatrice de l'Institut d'études supérieures de Radcliffe (Radcliffe Institute of Advanced Study) à la présidence de l'université. Une étude publiée le 12 février par l'American Council on Education (ACE) montre que le taux de diversification, dans le bureau du président de l'université, a augmenté lentement mais régulièrement. La nomination de Mme Faust à la tête de Harvard « est importante sur le plan symbolique », déclare Mme Hill.

« Il n'y a pas de symbole plus important, dans le monde universitaire, que le président de Harvard, a déclaré pour sa part Mme Nancy Hopkins, professeur de biologie au Massachusetts Institute of Technology (MIT). La nomination (de Mme Faust) fait passer un message très puissant. » MIT est, pour la première fois, présidé par une femme, Mme Susan Hockfield.

Mme Faust est une dirigeante énergique qui s'intéresse aux études sur les femmes, d'après Mme Hill, et « le poste clé qu'elle occupe dans un établissement aussi célèbre deviendra une tribune qui modèlera le débat public ».

Fondée en 1636, l'université de Harvard est l'établissement d'enseignement supérieur le plus ancien des États-Unis ; elle se classe parmi les institutions d'enseignement et de recherche les plus importantes du monde. Sept présidents des États-Unis sont sortis de Harvard et 43 professeurs actuels et anciens de Harvard figurent parmi les lauréats du prix Nobel. Radcliffe College, université réservée aux femmes et étroitement affiliée à Harvard, a officiellement fusionné avec cette université en 1999.

« C'est un beau jour, une journée historique pour Harvard », a affirmé James Houghton, membre principal de la Harvard Corporation et président du comité qui, pour la première fois de l'histoire de Harvard, a accepté une participation des étudiants à la recherche d'un président. Mme Faust « allie un intellect puissant, de vaste portée, à des qualités prouvées de chef et à un talent pour amener les gens à donner le meilleur d'eux-mêmes, aussi bien individuellement que collectivement », a ajouté M. Houghton.

Trois autres établissements de l'Ivy League - Brown University, Princeton University et l'Université de Pennsylvanie - sont maintenant présidés par une femme Les huit collèges universitaires et universités privés qui constituent la Ivy League sont considérés comme étant parmi les plus prestigieux des établissements d'enseignement supérieur des États-Unis.

Selon l'étude publiée par l'ACE en 2006, 23 % des présidents de collèges universitaires sont des femmes. « Bien que ce pourcentage ait augmenté par rapport à 1986, où il était de 9,5 pour cent, il est clair que les femmes continuent a être sous-représentées dans l'enseignement supérieur », d'après un communiqué de presse de l'AAUW.

Cependant, étant donné que plus de la moitié de tous les présidents d'universités américaines avaient plus de 60 ans en 2006, contre 14 % en 1986, l'avenir des femmes dans ce milieu est jugé prometteur. « Une vague éventuelle de mises à la retraite laisse entrevoir la possibilité de créer une plus grande diversité dans la présidence des universités », selon Mme Jacqueline King, directrice du Center for Policy Analysis de l'ACE.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?