29 septembre 2009

Washington - Donner aux pauvres du monde les moyens d'assurer leur alimentation grâce à l'agriculture durable atténuera les conséquences des crises qui découlent de l'une des menaces les plus pressantes pesant sur notre planète, à savoir la faim chronique, a déclaré la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton.
« C'est une question qui nous touche tous, parce que la sécurité alimentaire est liée à la sécurité économique, écologique et nationale de chacun de nos pays et du monde en général », a dit Mme Clinton lors de la conférence sur la sécurité alimentaire, coparrainée le 26 septembre à New York par le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, dans le cadre de l'Assemblée générale. Y ont participé des délégués de 130 pays, organisations internationales et organisations non gouvernementales qui se sont penchés sur les causes premières de la faim dans le monde.
Les pénuries alimentaires survenues en 2008 ont mis en danger la sécurité de plus de 50 pays et la vie de plusieurs millions de personnes, entraînant la chute de gouvernements dans les régions les plus pauvres, où la population tenaillée par la faim s'en est prise aux autorités. Lors de leur réunion au sommet en Italie, en juillet dernier, les dirigeants des pays du groupe des Huit (G8), qui compte les économies les plus industrialisées, se sont engagés à consascrer 20 milliards de dollars au cours des trois prochaines années à la lutte contre la faim par le biais d'initiatives d'agriculture durable. Et lors du récent sommet du groupe des Vingt (G20) à Pittsburgh, les dirigeants des pays industriels et émergents ont décidé d'y consacrer 2 autres milliards de dollars. La contribution totale des États-Unis s'élève à 3,5 milliards de dollars.
Les pays du G20 ont invité la Banque mondiale et les agences caritatives à établir un fonds multilatéral d'affectation spéciale qui accroîtrait les investissements dans les programmes favorisant l'agriculture dans les pays les plus pauvres. Un sommet mondial sur la sécurité alimentaire est prévu en novembre.
« Il y a plus qu'assez de nourriture dans le monde, mais plus d'un milliard de personnes souffrent néanmoins de la faim. Cela est inacceptable, » a dit M. Ban.
Les émeutes provoquées par les pénuries alimentaires, l'an dernier, ont pratiquement disparu quand les pays mieux nantis ont dépêché de l'aide et appuyé les initiatives engagées par le Programme alimentaire mondial pour remédier à la situation immédiate. Mais M. Ban a souligné que les pénuries et les disparités montraient que l'approche actuelle au problème de la faim était inadéquate.
« La crise alimentaire est loin d'être terminée. De plus en plus de gens sont privés de l'alimentation dont ils ont besoin parce que les prix demeurent à des niveaux trop élevés, que leur pouvoir d'achat a diminué en raison de la crise économique, que les pluies ont été insuffisantes et les réserves de céréales épuisées », a souligné M. Ban.
Mme Clinton a dit que les nouvelles initiatives devaient appuyer des plans autonomes établis au niveau national, ciblant les obstacles qui entravent l'approvisionnement alimentaire. « Nous aurons plus de chances de réussir si nous œuvrons en partenaire et non en mécène », a ajouté la secrétaire d'État.
« Nos efforts doivent cibler les causes de la faim ; c'est pourquoi il faut des investissements à tous les niveaux, qu'il s'agisse de la recherche pour mettre au point de meilleures semences, de programmes d'assurance pour les petits agriculteurs, ou de projets d'infrastructure à grande échelle qui conduisent à des changements durables d'envergure », a fait remarquer Mme Clinton au sujet des objectifs proposés lors du sommet du G8. Elle a aussi invité à une meilleure coordination pour éviter le dédoublement des programmes et l'épuisement des ressources.
Les participants à cette conférence se sont dits en faveur du processus de réforme en cours qui vise à améliorer l'efficacité des organisations internationales, dont le Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.
Pour contribuer à la réalisation des plans de chaque pays, Mme Clinton a suggéré de tirer parti du rôle que peuvent jouer les institutions multinationales qui ont déjà les ressources et les contacts nécessaires sur le terrain dans plusieurs régions.
Les pays industriels, a dit Mme Clinton, doivent prendre un engagement durable fondé sur la responsabilité.
« Nous continuerons, bien sûr, à répondre aux crises et aux situations d'urgence, mais nous souhaitons aussi contribuer à y remédier en donnant de nouveau aux gens les moyens de se nourrir eux-mêmes », a affirmé Mme Clinton. » L'ensemble de ces principes représentent une approche fondée sur des investissements que nous faisons dans notre avenir commun et qui nous permettront enfin d'arriver à des résultats d'envergure. »