25 septembre 2009
Washington - Les dirigeants des pays membres du groupe des Vingt (G20), composé des principales économies industrielles et émergentes, tiennent leur troisième sommet en moins d'un an alors qu'on observe les premiers signes d'une relance de l'économie mondiale.
« Le consensus, parmi les économistes et dans le monde des affaires, est que nous commençons à voir une reprise de la croissance aux États-Unis, tandis que les exportations augmentent de par le monde et les perspectives de croissance sont révisées à la hausse », a déclaré le ministre des finances des États-Unis, M. Timothy Geithner, le 24 septembre, lors d'une conférence de presse à Pittsburgh où se tient pendant deux jours le sommet du G20. « Je peux vous dire sans hésitation, suite à mes entretiens avec les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales de pays de diverses régions du monde, que nous partageons la même détermination à nous assurer que nous œuvrons de concert pour étayer ces signes précoces de relance et de croissance », a-t-il ajouté.
À l'ordre du jour des vingt chefs d'État et de gouvernement du G20 et de leurs délégations : les mesures qu'ils pourraient adopter pour limiter les rémunérations des cadres de direction des banques et des maisons de courtage, renforcer le régime financier international et bâtir une économie mondiale plus équilibrée. Ce troisième sommet du G20 en moins de douze mois suit d'assez près celui d'avril dernier à Londres, tenu au moment où l'économie mondiale semblait sur le point de sombrer dans la pire récession depuis les années 1930 ; ils s'étaient déjà réunis en novembre 2008 alors que la crise économique s'aggravait.
Ce sommet du G20 à Pittsburgh s'est ouvert le 24 septembre au lendemain d'une journée marquée par d'importantes déclarations et rencontres à l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Il prend fin le 25 septembre après la tenue de deux séances et d'une conférence de presse. Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20 s'étaient réunis le 4 et 5 septembre à Londres en prévision du sommet actuel.
Le président Obama a lancé des changements de grande envergure pour faire du G20 le forum principal de la coopération économique internationale, qui supplante l'ancien groupe des Huit économies majeures (G8) qui compte l'Allemagne, le Canada, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Japon, la Russie et les États-Unis. « Le président Obama a invité ses homologues à réformer les institutions financières internationales pour qu'elles puissent répondre aux besoins d'une économie mondiale interdépendante », indique une fiche d'information publiée le 24 septembre par la Maison-Blanche.
Créé en 1999, le G20 compte 19 pays - l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Allemagne, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie - ainsi que l'Union européenne. Ces 19 plus importantes économies représentent environ 90 % du produit national brut à l'échelle internationale et près de 80 % du commerce mondial, de même que les deux tiers de la population de la planète.
Une mesure proposée pour rééquilibrer l'économie mondiale et qui semble bénéficier d'un vaste soutien, exigerait des pays avec un niveau de dette élevé, tels les États-Unis, d'encourager l'épargne et de dépendre moins de l'activité des consommateurs pour sortir de la récession, et encouragerait, en revanche, les pays qui exportent beaucoup, comme la Chine, à réduire leurs excédents de stocks. « Nous œuvrons pour parvenir à un consensus sur ce que nous avons baptisé un nouveau cadre de croissance équilibrée - une croissance plus durable et équilibrée », a indiqué M. Geithner. « Et cette idée a été bien reçue. »
Les membres du G20 vont faire le nécessaire pour que leurs économies soient moins vulnérables aux cycles d'expansion et de ralentissement, que les systèmes financiers soient plus stables et la croissance, plus durable et plus rapide dans l'avenir, a ajouté M. Geithner.
Améliorer le régime financier international permettra aux banques et aux principales maisons de courtage d'éviter les opérations spéculatives risquées et l'accumulation de la dette qui ont directement contribué à la récession actuelle, a expliqué M. Geithner. « Nous n'allons pas, en sortant de la crise économique la plus grave depuis les années 1930, laisser les choses telles quelles sans nous débarrasser des tragiques vulnérabilités du système financier qui l'ont causée. Si nous continuons à permettre aux entreprises spéculatives et aux leviers financiers de profiter des points faibles de la réglementation, le système financier mondial tout comme aux États-Unis sera moins stable dans l'avenir », a dit M. Geithner.
On s'attend à ce que les dirigeants des États membres du G20 parviennent à un accord sur les priorités clés des réformes nécessaires pour renforcer les normes de capitaux propres pour les banques, établir une surveillance adéquate des marchés des instruments dérivés et des fonds de couverture, et mettre au point des méthodes plus appropriées pour faire face aux crises financières dans l'avenir, a ajouté M. Geithner. Il a également lancé une mise en garde aux dirigeants du G20 : les pays ne doivent pas déclarer que le pire est passé et que les choses peuvent reprendre leur cours normal sans qu'ils adoptent les réformes financières qui restent indispensables. « Si vous écoutez attentivement ce que la communauté internationale est en train de dire, vous entendrez qu'elle est vraiment déterminée à essayer d'agir rapidement et à mettre en vigueur des réformes solides », a déclaré M.Geithner.