Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

25 septembre 2009

Le prochain Sommet américano-africain des entreprises va se tenir à Washington

Propos d'un haut responsable du ministère du commerce des États-Unis

 
Le logo de la CCA
Le logo de l'association Corporate Council on Africa, ou le Conseil commercial sur l'Afrique.

Washington - Des dirigeants d'entreprise et des investisseurs américains et africains vont se réunir pour entrer en relation et pour établir des liens en matière de commerce et d'investissement lors du Septième Sommet américano-africain des entreprises, qui doit se tenir à Washington du 29 septembre au 1er octobre et qui est organisé par l'association Corporate Council on Africa.

M. Kevin Boyd, qui est à la tête de la direction de l'Afrique au ministère du commerce des États-Unis et qui contribue à l'organisation de ce sommet, a accordé un entretien à America.gov à ce sujet. Il s'est déclaré particulièrement optimiste au sujet de l'accroissement des investissements américains en Angola et au Rwanda.

Les chefs d'État de 5 à 10 pays africains, voire plus, ainsi que des ministres du commerce et des finances, dont certains seront à la tête d'une délégation de représentants du secteur privé, vont assister à ce sommet, a-t-il dit.

Pour illustrer l'importance de ces sommets, M. Boyd a cité l'exemple suivant : « J'ai assisté au sommet précédent qui s'est tenu au Cap (Afrique du Sud) il y a deux ans et, dès le premier jour, j'ai fait la connaissance du représentant d'une entreprise américaine qui était à la recherche de partenaires africains pour l'exécution de projets dans le secteur du logement. Je les ai mis en rapport. C'est là une occasion qu'on ne peut pas trouver autrement. Il y a des sociétés américaines qui cherchent des partenaires et des possibilités d'investissement et des entreprises de pays subsahariens qui cherchent la même chose. »

Par ailleurs, des représentants du secteur public tant des États-Unis que des pays africains sont souvent présents à ces sommets et peuvent faciliter au besoin la conclusion d'affaires.

On peut arranger en quelques heures des entretiens qui en temps normal pourraient exiger des mois de préparation, a indiqué M. Boyd, qui, avant de s'occuper de l'Afrique, était chargé de l'Asie du Sud-Est au ministère du commerce. Dans ces deux parties du monde, a-t-il fait remarquer, les contacts personnels sont particulièrement importants pour l'établissement de relations d'affaires.

Le Sommet américano-africain des entreprises est aussi important pour deux autres raisons : les entreprises peuvent se renseigner sur les possibilités d'implantation dans une nouvelle zone géographique, et les entreprises qui y sont déjà implantées peuvent établir de nouveaux contacts. Il est plus économique de commencer à entrer en relation dans le cadre d'un tel sommet que de se rendre directement dans un pays, ce qui exige des frais importants de déplacement, entre autres.

M. Boyd conseille aux entreprises américaines désireuses de s'implanter à l'étranger, notamment en Afrique, de commencer à le faire dans un pays comme le Canada, où elles peuvent apprendre les points fondamentaux du commerce extérieur sans aller très loin. Ce conseil peut être aussi valable, selon lui, pour les entreprises africaines : en établissant des relations commerciales dans d'autres pays africains, elles peuvent se préparer à avoir des relations plus complexes avec les États-Unis et l'Europe.

Un pays africain qui offre de grandes possibilités pour les entreprises américaines est l'Angola, a-t-il dit. « C'est un pays qui avant la crise économique et financière (…) connaissait un taux de croissance de 15 à 20 % par an. Bien sûr, il est frappé par la crise comme de nombreux autres pays, mais il va s'en sortir et il a encore d'immenses possibilités de croissance. Des entreprises américaines sont déjà implantées en Angola, mais elles pourraient être beaucoup plus nombreuses. »

Les Angolais, a-t-il dit indiqué, désirent vivement qu'un plus grand nombre d'entreprises américaines s'implantent dans leur pays. Récemment, les États-Unis ont conclu avec l'Angola un accord-cadre sur le commerce et les investissements qui facilite l'implantation des entreprises. Les secteurs de l'infrastructure des transports, du logement et de la construction de bureaux et de commerces offrent de très grandes possibilités.

M. Boyd s'est également déclaré optimiste au sujet du Rwanda. Il a fait état du nouveau rapport annuel Doing Business de la Banque mondiale en déclarant que c'était la première fois depuis la création de ce rapport qu'un pays subsaharien était classé comme le pays qui avait entrepris le plus de réformes. Selon ce rapport, le Rwanda illustre les avantages de la paix et d'une politique macroéconomique judicieuse.

Ce pays a appliqué des réformes dans 7 des 10 domaines que la Banque mondiale retient pour établir son classement. L'an dernier, il se classait au 143e rang, alors que cette année il est passé au 67e. L'étude de la Banque mondiale porte sur 183 pays.

M. Boyd a fait l'éloge du gouvernement du président Paul Kagamé pour son action contre la corruption. « Les entreprises américaines nous disent qu'elles s'intéressent de près aux nombreuses possibilités offertes par ce pays, en grande partie parce qu'elles estiment que les règles du jeu sont les mêmes pour tous », ce qui est très important.

Maurice est également un autre pays que le rapport de la Banque mondiale note favorablement. Il se place parmi les 20 premiers pays où il est le plus facile de faire des affaires. « C'est la première fois qu'un pays africain figure parmi les 20 premiers pays dans ce rapport de la Banque mondiale », a fait remarquer M. Boyd.

Le Sommet américano-africain des entreprises permettra à ses participants de se renseigner sur les possibilités en matière de commerce et d'investissement dans les secteurs les plus prometteurs de l'Afrique, dont l'agro-alimentaire, l'énergie électrique, le financement, la santé et l'infrastructure. Il comprendra une cinquantaine de sessions portant sur des branches d'activité particulières et au cours desquelles des dirigeants d'entreprise américains et africains auront l'occasion d'entrer en contact, d'échanger des nouvelles dans leur domaine et d'envisager la conclusion d'affaires.

Les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique ne représentent que 3 % du commerce extérieur des États-Unis, mais les possibilités de croissance sont immenses, a souligné M. Boyd.

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