Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

25 septembre 2009

Le commerce entre les É.-U. et l'Afrique est appelé à se développer

Les vues d'un responsable des affaires africaines au ministère américain du commerce

 
Agrandissement
Kevin Boyd à Dakar en 2005
M. Kevin Boyd s'entretient avec une collègue lors du sinquième Forum de l'AGOA à Dakar (Sénégal) en 2005.

Washington - Il existe « un énorme potentiel de croissance » des échanges entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, et les deux parties ont beaucoup à gagner du resserrement de leurs relations commerciales, a déclaré M. Kevin Boyd, directeur du Bureau des affaires africaines au ministère américain du commerce. Ce Bureau est responsable de la promotion des intérêts des États-Unis en Afrique.

Lors d'un entretien accordé le 16 septembre à America.gov, M. Boyd a déclaré : « L'Afrique subsaharienne ne représente que 3 % des échanges des États-Unis avec le monde ce qui, à première vue, semble minime. Mais, s'est-il empressé d'ajouter, l'année dernière, les exportations des États-Unis vers la région ont augmenté de 29 %. Donc même si on démarre sur une petite base, il s'agit d'une croissance extraordinaire, et ce n'est pas fini. »

Qualifiant ce taux de 29 % de « phénoménal », M. Boyd a ensuite identifié des secteurs clés du futur développement des échanges entre les États-Unis et l'Afrique : l'infrastructure, la production d'énergie, la construction de routes, le logement et les télécommunications, où, selon lui, les besoins sont énormes.

En Afrique, les télécommunications, notamment, sont l'un des secteurs les plus dynamiques au monde en matière d'investissement. « Certaines entreprises américaines sont impliquées dans ce secteur, mais elles pourraient être plus nombreuses. »

Comme on lui demandait ce que l'Afrique avait à gagner de l'accroissement de ses liens commerciaux avec les États-Unis, M. Boyd a répondu : « Dans de nombreuses industries, les entreprises américaines ont une renommée mondiale et peuvent apporter des technologies. Mais surtout, concernant l'Afrique subsaharienne, les entreprises américaines sont très bien placées pour former leurs employés locaux, fournissant ainsi des transferts de savoir-faire et créant une classe de cadres locaux. »

Il a affirmé que, contrairement à de nombreuses autres sociétés multinationales, les entreprises américaines ne déployaient que des équipes réduites de personnel américain, préférant embaucher et former des employés et des superviseurs locaux.

 « Si vous observez les hommes d'affaires ici, aux États-Unis, vous constatez que nombre d'entre eux sont des cadres moyens ou supérieurs dans des entreprises. Donc en ce qui concerne l'Afrique subsaharienne, si des entreprises américaines forment des cadres moyens et supérieurs, elles créent également une classe d'hommes d'affaires qui pourront, à l'avenir, devenir le moteur de la croissance des entreprises africaines. »

M. Boyd a ensuite affirmé qu'il entrevoyait de nombreuses possibilités sur l'ensemble du continent africain. « Ces derniers mois, nous avons constaté un ralentissement économique dans le monde entier. Pourtant, si vous regardez les dernières projections du Fonds monétaire international pour 2009, vous constatez que la moitié des économies africaines devraient enregistrer une croissance d'au moins 3 %. Or tout homme d'affaires à l'affût de débouchés dans le monde se tournera vers des régions où il y a de la croissance. »

À la question de savoir s'il était optimiste quant à une plus grande prise de conscience de l'importance de l'Afrique au sein des milieux d'affaires américains, M. Boyd a répondu qu'il ressentait un « optimisme prudent ». Si certaines entreprises s'intéressent à l'Afrique, « franchement, elles devraient être considérablement plus nombreuses ». Il a cité à l'appui de ses dires un rapport récemment publié par la Chambre de commerce des États-Unis intitulé « A Conversation Behind Closed Doors - Inside the Boardroom : How Corporate America Really views Africa ».

« Un grand nombre de P.D.G. cités dans ce rapport savent qu'ils devraient être en Afrique, mais trop souvent ils ne voient que des problèmes de corruption et de manque d'infrastructures, et ne voient tout simplement pas de marché. »

« Certes, il y a des problèmes considérables de corruption dans de nombreuses régions du continent, c'est indéniable. Cependant, si vous consultez l'Indice de perception de la corruption dressé par Transparency International, vous constatez que si la corruption est endémique en Afrique subsaharienne, elle est aussi très répandue dans l'ancienne Union soviétique. C'est vrai qu'il y a des problèmes en Afrique subsaharienne, mais ils existent dans d'autres régions où des entreprises américaines font des affaires. »

M. Boyd a par ailleurs affirmé que le manque d'infrastructures en Afrique devrait être considéré comme une aubaine. Quant au marché, les statistiques indiquent que de nombreux pays de l'Afrique subsaharienne connaîtront une croissance d'au moins 3 % cette année, ce qui n'est pas négligeable.

M. Boyd a participé au Huitième Forum annuel de l'AGOA (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne) qui s'est tenu il y a quelque temps à Nairobi, au Kénya. Il est notamment ressorti de ce forum que les gouvernements africains, au lieu de se concentrer exclusivement sur les échanges avec les États-Unis et certains pays d'Europe, devraient faire plus d'efforts au niveau du commerce régional. « Il existe à ce niveau un énorme potentiel qui n'est pas exploité. »

M. Boyd a ensuite rappelé que le ministre kényan du commerce, M. Amos Kimunya, avait tenu des propos semblables dans son discours de clôture du forum, exhortant les pays de l'Afrique subsaharienne à éliminer les barrières commerciales afin de stimuler les échanges d'abord à l'échelle du continent, et ensuite à celle du monde.

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