18 septembre 2009
Il se tiendra à Washington du 29 septembre au 1er octobre.

Washington - Alors que des dirigeants africains et des investisseurs américains s'apprêtent à se rencontrer à Washington pour un sommet commercial américano-africain, un responsable de la Millennium Challenge Corporation (MCC - Société du compte du millénaire) souligne que les investissements en Afrique sont aujourd'hui plus intéressants pour les entreprises qu'ils ne l'étaient avant la crise financière mondiale.
Selon Jeri Jensen, directrice générale du Bureau des initiatives du secteur privé de la MCC, pour le secteur privé, l'Afrique est la « nouvelle frontière naturelle » pour les investisseurs, et le partage du risque lié à l'investissement permet de créer des situations « gagnant - gagnant » pour les partenariats qu'ils forment avec les bailleurs de fonds sur le continent.
Selon le Fonds monétaire international, la croissance économique de l'Afrique devrait être de 3,4 % en 2009, chiffre plus élevé que celui de nombreuses autres régions du monde plus durement touchées par la crise financière mondiale. Mme Jensen a déclaré à America.gov qu'elle entendait dire dans certaines entreprises américaines qu'établir un partenariat avec un donateur en Afrique était « plus intéressant maintenant qu'avant la crise » du fait de la baisse considérable de la demande des consommateurs en Europe et aux États-Unis et du désir d'entreprises visionnaires de « prendre pied en Afrique » avec des investissements à long terme.
Selon les communiqués de presse, ce sommet commercial, qui se réunit tous les deux ans, rassemblera des chefs de gouvernement africains, dont 10 chefs d'État, et des représentants américains du secteur privé qui souhaitent commencer à investir ou investir davantage sur le continent africain. Le sommet se tiendra du 29 septembre au 1er octobre et est coparrainé par la MCC et le Corporate Council on America, qui représente les intérêts du secteur privé.
Pour de nombreux investisseurs américains, l'Afrique est un territoire inconnu, commente Mme Jensen. Les pays qui participent déjà aux programmes de la MCC sont des « partenaires d'investissement idéaux » parce que pour y participer, ils doivent satisfaire à un certain nombre de normes en matière de gouvernance juste, d'investissement dans leurs ressources humaines et de réformes économiques.
« Nous avons constaté que les investissements étrangers directs dans les pays MCC sont sensiblement plus importants que dans les autres pays en développement » précise Mme Jensen. « Pour le secteur privé, les pays MCC… sont une porte d'entrée qui leur permet de prendre la température de l'eau alors même qu'ils essaient de formuler leur stratégie pour l'Afrique. »
Dans son discours du 11 juillet au Ghana, le président Obama soulignait que la bonne gouvernance était la clé du développement économique africain et il encourageait les partenariats du secteur privé à faire avancer le continent vers une plus grande autonomie et une plus grande prospérité (voir transcription).
Il évoquait également la question de la prise en charge du pays qui est une des caractéristiques spécifiques des accords ou des conventions de la MCC. « Lorsqu'un gouvernement est jugé apte à passer une convention, il est chargé de préparer une proposition et de mettre en œuvre l'investissement et il est responsable des résultats des projets », explique Mme Jensen.
Outre qu'ils donnent aux pays la latitude de réévaluer leurs projets selon qu'ils atteignent ou non leurs objectifs, les projets de la MCC sont attrayants pour les investisseurs car ils jouissent d'un financement prévisible de cinq ans et ils sont liés directement au pays lui-même plutôt qu'à un donateur.
« C'est un exercice permanent de renforcement des capacités de nos partenaires de la MCC qui mettent en œuvre ces projets et, pour le secteur privé, il crée de meilleurs partenaires… plus en mesure d'attirer des investissements dans le long terme », ajoute encore Mme Jensen.
La MCC tente de diversifier les exportations africaines à destination des États-Unis, qui, à l'heure actuelle, consistent avant tout en produits pétroliers. Mme Jensen rappelle qu'en Tanzanie, la MCC utilise une partie d'une convention de 700 millions de dollars pour jeter les bases d'un partenariat public-privé dans le domaine de l'hydroélectricité. La MCC a également aidé la Standard Bank à s'associer avec Alliance for a Green Revolution pour mettre un total de 110 millions de dollars de prêts à la disposition de petits exploitants et de petites entreprises agricoles au Ghana, au Mozambique, en Tanzanie et en Ouganda, pays qui jusqu'alors étaient considérés comme trop à risque pour les prêteurs.
Les occasions de croissance ne manquent pas, déclare Mme Jensen ; en Afrique, les problèmes tiennent au fait que les pays doivent moderniser leurs infrastructures.
Par exemple, précise-t-elle, les coûts de fabrication sont sensiblement plus élevés en Afrique qu'en Asie parce qu'il faut plus de temps pour faire entrer un produit sur le continent ou l'en faire sortir. Les problèmes d'infrastructure expliquent aussi certaines entraves à la circulation des marchandises entre les pays africains eux-mêmes. « Il faut quelquefois trois jours pour aller d'un bout du pays à l'autre alors qu'il en faut moins d'un pour aller en Europe ».
Mme Jensen ajoute que son organisation veut profiter du sommet pour sensibiliser le secteur privé américain aux programmes de la MCC et « au fait que nous aidons nos pays à élaborer des projets qui impliquent le secteur privé ».
Il ne faut pas oublier non plus que de nouveaux marchés vont s'ouvrir. « Nous avons probablement une bonne moitié des 6,4 milliards de dollars d'engagements dans 18 pays qui va être décaissée pour des marchés faisant l'objet d'appel d'offres au cours des 18 à 24 mois qui viennent » précise Mme Jensen qui ajoute encore : « À terme, nous envisageons une plus grande participation du secteur privé dans les projets MCC et nous sommes un partenaire naturel pour le secteur privé africain. »