Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

15 septembre 2009

M. Obama réclame une nouvelle réglementation du régime financier américain

 
Le président Obama le 14 septembre 2009
Le président Obama a évoqué sa vision d'un nouveau régime de réglementation financière à New York le 14 septembre 2009.

Washington - Le président Obama a demandé aux établissements de Wall Street, le 14 septembre, d'aider la Maison-Blanche et le Congrès à créer un nouveau régime de réglementation financière à même d'empêcher une rechute de la crise actuelle, la pire depuis la dépression économique des années 1930.

Lors de son discours prononcé à New York, M. Obama a souligné que, bien que l'économie américaine donne des signes de stabilisation et semble revenir à la normale grâce notamment aux interventions du gouvernement fédéral sur les marchés, « le retour à la normale ne doit pas inciter à la désinvolture ».

« C'est pourquoi il nous faut un code de la route vigoureux pour nous prémunir contre le genre de risques systémiques que nous avons vus », a-t-il déclaré aux hauts dirigeants de la finance, auxquels il a souligné le danger de revenir aux affaires comme d'habitude sans considérer les conséquences d'une insuffisante réglementation du marché et sans surveillance adéquate de la part du gouvernement fédéral.

Il tenait ces propos au premier anniversaire de la plus grande faillite de l'histoire des États-Unis, celle de la banque d'investissement Lehman Brothers. Son dépôt de bilan a déclenché une série de fusions ordonnées destinées à prévenir une cascade de faillites et l'effondrement possible du système financier américain.

« Nous ne reviendrons pas à l'époque des comportements inconsidérés et des excès incontrôlés qui sont au cœur de cette crise, quand trop de gens n'étaient motivés que par le goût des marchés vite expédiés et des primes juteuses », a-t-il insisté. « Les dirigeants de Wall Street ne peuvent pas se remettre à prendre des risques sans réfléchir aux conséquences et en comptant de nouveau sur les contribuables américains pour freiner leur chute. »

Des propositions de loi visant à renforcer la sécurité du régime financier des États-Unis sont actuellement à l'étude au Congrès et M. Obama souhaiterait que cette législation soit rapidement adoptée. Le Congrès et le gouvernement fédéral, a-t-il dit, ont la responsabilité d'adopter et d'appliquer des règlements et des lois destinés à protéger les consommateurs de produits financiers, les contribuables et l'économie nationale, sans pour autant étouffer l'innovation et l'esprit d'entreprise.

La réforme de la réglementation financière internationale constituera le thème essentiel de la réunion au sommet du groupe des Vingt pays avancés et des grandes économies émergentes (le G20) qui se tiendra à Pittsburgh les 24 et 25 septembre. M. Obama a voulu rassurer les dirigeants de ces pays sur le fait que les États-Unis cherchent à prévenir les comportements excessifs et la fragilisation du secteur financier. « Les États-Unis sont au premier plan de mesures coordonnées visant à promouvoir la relance et à restaurer la prospérité aussi bien des principales économies mondiales que des économies à forte croissance. »

Plusieurs dirigeants européens ont indiqué souhaiter la mise en place d'une réglementation financière beaucoup plus stricte, exigeant par exemple que les banques commerciales maintiennent des réserves plus importantes et que l'on limite les primes versées aux dirigeants de la finance de manière à prévenir la prise de risques inconsidérés.

« Ce travail se poursuivra la semaine prochaine à Pittsburgh lorsque j'accueillerai le G20, qui s'est avéré être un forum efficace de coordination entre les principaux pays développés et émergents et qui, selon moi, est appelé à jouer un rôle accru à l'avenir », a déclaré M. Obama.

Par ailleurs, le président a réclamé la création aux États-Unis d'une agence de protection financière des consommateurs qui serait chargée de contrôler les prêts immobiliers, les crédits à la consommation et d'autres produits financiers ayant de fortes répercussions sur les consommateurs. Il souhaite également charger la Réserve fédérale, qui est la banque centrale des États-Unis, de surveiller les activités des institutions financières les plus importantes et les plus interdépendantes, qui posent les plus grands risques systémiques à l'économie américaine.

« Nous allons créer un Conseil de tutelle qui réunira les responsables de la réglementation des divers secteurs d'activité financière aux fins du partage de l'information, de l'identification des lacunes en matière de réglementation et de l'examen des dossiers qui échappent à un classement aisé », a indiqué M. Obama. « Nous exigerons des établissements financiers qu'ils répondent à des critères plus rigoureux en matière de capitaux et de liquidités et qu'ils imposent de plus fortes contraintes à leur comportement risqué. »

En outre, le président a proposé la création d'une autorité permettant au gouvernement fédéral d'administrer le dépôt de bilan de grandes institutions financières jugées « trop importantes pour faire faillite ». Cette proposition, a-t-il fait observer, ne vise pas les banques commerciales, qui possèdent déjà un organisme fédéral de gestion, mais plutôt des établissements tels que Lehman Brothers et le géant de l'assurance American International Group (AIG) et d'autres grandes institutions qui ne tombent pas actuellement sous la tutelle d'une agence fédérale.

Selon M. Obama, le Congrès doit combler les lacunes réglementaires qui permettent à des instruments financiers tels que les fonds de placement spéculatif d'échapper totalement au régime de réglementation. « Nous avons assisté au développement d'instruments financiers, tels que les instruments dérivés et les contrats d'échange sur défaillance, sans que personne en examine les risques ou en réglemente les acteurs », a-t-il déclaré.

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