Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

09 septembre 2009

G20 : les ministres des finances préconisent de maintenir les plans de relance pour le moment

 
M. Timothy Geithner
Le ministre des finances des États-Unis, M. Timothy Geithner.

Washington - Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des grandes puissances économiques sont convenus que tant qu'il n'y aurait pas une reprise économique durable suscitée par le secteur privé, il convenait de maintenir les plans de relance mis en place depuis le début de l'année.

« Le système financier montre des signes de remise en état. La croissance est maintenant repartie », a déclaré le ministre des finances des États-Unis, M. Timothy Geithner, le 5 septembre lors de la réunion des ministres des finances du G20 à Londres. Cette réunion était en partie destinée à évaluer l'état actuel de l'économie mondiale et à déterminer son évolution future, en prévision de la réunion au sommet du groupe des Vingt (G20), qui doit se tenir les 24 et 25 septembre à Pittsburgh.

Les ministres ont fixé l'ordre du jour de la réunion de Pittsburgh et envisagé les nouvelles mesures qu'il faudra peut-être adopter de pair avec les plans de relance, dont le montant total est estimé à 5 billions (5.000 milliards) de dollars, que plusieurs États ont mis en place pour mettre fin à la récession mondiale la plus forte depuis la dépression des années 1930.

« Il nous faut fournir un soutien soutenu en vue de favoriser la croissance et la remise en état du système financier tant que des bases solides de redressement ne seront pas en place », a dit M. Geithner.

Pour sa part, le président Obama a déclaré dans un communiqué que la Maison-Blanche a diffusé le 8 septembre : « Les mesures que nous avons prises pour relancer la croissance sont aussi coordonnées avec celles de nos partenaires du monde entier. La production industrielle dans tous les États membres du G20 soit s'est stabilisée soit est en voie d'augmentation. Les échanges commerciaux internationaux s'accroissent. »

« Les tensions sur les marchés financiers ont diminué fortement, et nos établissements financiers lèvent les capitaux dont ils ont besoin », a-t-il également indiqué en ajoutant cependant qu'il convenait que les dirigeants des grandes puissances économiques aient recours à une réglementation et à une surveillance efficaces pour limiter l'ampleur des cycles d'accélération et de ralentissement de la croissance économique.

Le taux de chômage est à un niveau inacceptable

M. Geithner a déclaré à ses homologues que le taux de chômage dans divers pays avait atteint un niveau inacceptable (il était de 9,7 % aux États-Unis au mois d'août) et que la demande du secteur privé et des ménages nécessaire pour relancer l'activité économique n'était pas encore suffisante.

« Les erreurs classiques en matière d'économie politique pendant une crise, a-t-il dit, consistent pour les gouvernements à avoir tendance à agir trop tard avec une force insuffisante, puis à freiner trop tôt. Nous n'allons pas répéter de telles erreurs. »

Il faudra cependant mettre fin aux plans de relance dès que la situation le permettra, a-t-il indiqué. « Il s'ensuit que nos stratégies devront évoluer dès que nous passerons du stade de la réaction à la crise à celui de la reprise, du stade du sauvetage de l'économie à celui de la remise en état et de la reconstruction des fondements de la croissance future. »

En outre, il est essentiel, selon M. Geithner, de commencer à établir un système financier international plus sûr. À cette fin, il importe d'adopter une réglementation plus stricte de la prise de risques et de mettre en place une surveillance générale des grands établissements financiers et des produits financiers à risque tels que les dérivés. Il faut aussi réformer les marchés des valeurs mobilières et adopter des mesures pour le cas où des établissements financiers feront faillite.

Il s'agit d'adopter des réformes susceptibles de permettre au système financier de mieux résister aux « futures tempêtes ».

Des conditions plus strictes en matière de fonds propres

M. Geithner a indiqué que les ministres des finances étaient convenus d'élaborer d'ici à la fin de l'année prochaine des conditions plus strictes pour les banques en matière de fonds propres de manière à atténuer les futures flambées du crédit et du prix des éléments d'actif, ce qui avait contribué directement à la crise économique mondiale actuelle. Ces conditions devraient surtout s'appliquer pour les activités financières qui présentent le plus de risque.

En outre, il devrait y avoir des normes plus strictes applicables aux établissements financiers qui présentent le risque le plus élevé de crise systémique. Une mesure que les participants à la réunion au sommet du G20 devront mettre au point a trait à la question de la rémunération et des primes accordées aux cadres supérieurs des banques du secteur privé. De nombreux pays considèrent cette rémunération comme excessive.

Selon le directeur général du Fonds monétaire international, M. Dominique Strauss-Kahn, les participants à la réunion de Londres ont été largement d'accord sur ce qu'il convenait de faire, mais il faut maintenant élaborer des mesures spécifiques.

Il a déclaré à la presse à l'issue de la réunion : « On observe la troisième vague de la crise, à savoir la hausse du taux de chômage. Les deux premières vagues étaient la crise financière et la crise économique mondiale qui y a fait suite. Imaginez le travailleur allemand ou français qui va perdre son emploi dans les mois à venir. Pour ce travailleur, la crise n'a pas disparu ; elle se poursuit encore. »

Créé en 1999, le G20 comprend l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Turquie et l'Union européenne. La réunion au sommet de Pittsburgh fera suite à deux réunions qui ont eu lieu l'une à Washington en novembre 2008 et l'autre à Londres en avril dernier.

Parmi les participants à ces réunions figurent aussi le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), le président de la Banque mondiale et les présidents du comité des finances et du comité du développement du FMI.

Les États membres du G20 représentent quelque 90 % du produit national brut du monde et près de 80 % du commerce mondial et comptent environ les deux tiers de la population mondiale.

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