04 septembre 2009

Washington - Selon le ministre des finances des États-Unis, M. Timothy Geithner, la réunion des ministres des finances des membres du groupe des Vingt (G20) à Londres sera l'occasion d'évaluer les mesures qui donnent de bons résultats et ce qu'il convient encore de faire pour sortir l'économie mondiale de l'une des récessions les plus graves depuis des dizaines d'années.
« Si vous comparez la situation actuelle à ce qu'elle était en mars ou en avril, je pense qu'il est raisonnable de conclure que les mesures importantes que nous avons prises et que les autres États membres du G20 ont également prises (…) ont donné de très bons résultats », a dit M. Geithner lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 2 septembre à Washington. « On voit maintenant les premiers signes de croissance (…) dans notre pays et dans d'autres pays du monde entier. »
Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des membres du G20 assistent les 4 et 5 septembre à une réunion en vue de préparer la réunion au sommet du G20 qui doit avoir lieu à Pittsburgh (Pennsylvanie) les 24 et 25 septembre. Le G20 se compose des 19 puissances économiques mondiales et de l'Union européenne. Sa réunion à Pittsburgh fera suite à deux réunions qui ont eu lieu l'une à Washington en novembre 2008 et l'autre à Londres en avril dernier.
Parmi les participants à ces réunions figurent aussi le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), le président de la Banque mondiale et les présidents du comité des finances et du comité du développement du FMI.
Les États membres du G20 représentent quelque 90 % du produit national brut du monde et près de 80 % du commerce mondial et comptent environ les deux tiers de la population mondiale.
M. Geithner a souligné que l'on observait une amélioration importante de la confiance ainsi que de la stabilité des marchés financiers dans le monde, ce qui se traduisait par de faibles coûts d'emprunt.
« Nous allons, a-t-il dit, mettre l'accent sur les moyens de veiller à ce que tout le monde comprenne qu'il nous faut faire en sorte qu'il existe la base nécessaire à une reprise auto-entretenue suscitée par la demande du secteur privé et des ménages, ce qui va exiger plus de travail. »
En avril, les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales sont parvenus à un accord sur un ensemble de réformes financières internationales, et il incombe à chaque pays d'adopter les lois nécessaires pour la mise en œuvre de ces réformes.
À Pittsburgh, a précisé M. Geithner, « nous allons élaborer un ensemble de principes pour entamer les discussions ». Il ne s'agit pas de parvenir à un accord, mais de préparer un ensemble de principes relatifs à un nouvel accord international fondamental qui mettra en place, lorsque la crise sera finie, un cadre plus conservateur de limitations sur le coefficient emprunts/fonds propres pour les grands établissements financiers dont les activités sont d'ampleur internationale.
C'est là, selon lui, un élément essentiel pour rendre plus stable le système financier mondial et pour réduire le risque qu'une autre crise se produise et que de grands établissements financiers fassent faillite, ce qui pourrait compromettre la stabilité globale du système financier et ce qui serait inacceptable. Le système exigera à cet effet des normes générales, élaborées avec soin, portant sur la gestion des capitaux et des liquidités et applicables aux grands établissements financiers.
On s'attend à ce que la chancelière allemande, Mme Angela Merkel, et le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, exhortent leurs homologues au sein du G20 à limiter la taille des banques, à réglementer l'octroi de primes aux cadres supérieurs des établissements financiers et à rendre plus strictes les exigences en matière de fonds propres. De nombreux économistes et des dirigeants de divers pays ont exprimé leurs préoccupations au sujet du fait que l'absence d'une réglementation suffisante des banques et d'autres établissements financiers avait contribué à la récession actuelle.
M. Geithner a indiqué que les ministres des finances ne parleraient pas de chiffres pendant la réunion de Londres, mais de l'élaboration d'un ensemble de principes et d'un calendrier pour les futurs engagements relatifs à une réglementation.
« Je pense, a-t-il dit, que l'une des choses les plus importantes que nous ayons faites durant cette crise, c'est de réunir les grandes puissances économiques du monde, y compris les grands pays émergents tels que la Chine, l'Inde, et de faire en sorte que le monde s'engage à prendre des mesures très énergiques pour mettre un terme à cette crise. »
Le président Obama et son gouvernement envisagent d'exiger que les banques, en particulier celles qui sont jugées trop grandes pour faire faillite, aient des fonds propres importants, mais pour ce faire il est nécessaire de parvenir à un équilibre extraordinaire entre des dispositions réglementaires et des obligations contradictoires. « C'est là un élément essentiel (…) pour rendre le système financier plus stable à l'avenir et pour réduire les risques futurs, a dit M. Geithner. Il ne s'agit pas de quelque chose que nous pouvons faire en prenant notre temps. »
Par ailleurs, le ministre des finances des États-Unis a souligné le besoin d'une stratégie de sortie de la crise. Dès que la reprise aura bien lieu, les pays devront cesser d'appliquer les mesures extraordinaires qu'ils ont prises en vue de mettre fin à la crise, tels que le grand plan de relance mis en œuvre par le gouvernement américain et par la Réserve fédérale en vue de protéger et de renforcer l'économie du pays.
À cet effet, il faudra adopter, selon lui, une stratégie de coordination entre les pays afin de parvenir à un bon équilibre, ce qui sera difficile, entre la politique monétaire, la politique budgétaire et les mesures financières déjà prises.