Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

03 septembre 2009

Les pays africains qui ont entrepris des réformes économiques continuent d'en récolter les fruits

 
Mme Hillary Clinton
Mme Clinton a prôné l'adoption de réformes économiques dans son discours au Huitième Forum de l'AGOA à Nairobi (Kénya) le 6 août.

Washington - Bien que les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne aient fortement diminué lors des premiers mois de 2009 par rapport à la même période en 2008, et ce en grande partie à cause de la crise économique mondiale, de nombreux pays subsahariens continuent de récolter les fruits des réformes qu'ils ont entreprises dans les domaines économique, politique et social au cours des dix dernières années.

Haute responsable de l'Administration du commerce international, qui relève du ministère du commerce, Mme Holly Vineyard a donné un aperçu de la situation économique des pays subsahariens le 24 juin devant deux sous-commissions de la Chambre des représentants.

Les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, a-t-elle indiqué, ont diminué de 52 % pendant les quatre premiers mois de 2009 par rapport à la même période en 2008. Cette forte baisse est supérieure à celle (28 %) de l'ensemble des échanges commerciaux des États-Unis pendant la même période.

« Les exportations des États-Unis (en Afrique subsaharienne) de janvier à avril 2009 ont diminué de 6 % pour passer à 5 milliards de dollars, a-t-elle dit. Cette diminution a touché divers secteurs dont les véhicules et les pièces détachées, le pétrole raffiné, le blé et autres céréales et a été supérieure à l'augmentation des exportations d'aéronefs, de biens d'équipement, de machines électriques, de matériel médical et de maïs. » Elle a cependant été bien moindre que la baisse de 23 % de l'ensemble des exportations américaines dans le monde.

Plusieurs pays africains connaissent encore un taux de croissance réduit, ce qui peut expliquer pourquoi les exportations des États-Unis en Afrique subsaharienne n'ont pas aussi fortement diminué que dans d'autres parties du monde.

« La plus grande partie de la diminution des échanges commerciaux américains de janvier à avril 2009 est due à la baisse de 60 % des importations dont la valeur est passée à 11,8 milliards de dollars, et cette baisse est en grande partie due à la chute de 64 % des importations de pétrole brut dont tant le prix que la quantité ont diminué. » Les importations en provenance de la plupart des pays subsahariens producteurs de pétrole ont aussi diminué, a-t-elle précisé en ajoutant que la diminution des importations américaines de pétrole brut ne se limitait pas à l'Afrique et qu'elle était semblable à celle des importations en provenance de pratiquement tous les grands pays producteurs de pétrole.

Quelque 88 % des échanges entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne portent sur les hydrocarbures, mais les États-Unis cherchent, dans le cadre de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, à les diversifier et à les accroître. Ce fut là un des grands thèmes du Huitième Forum de l'AGOA qui s'est tenu à Nairobi (Kénya) du 4 au 6 août. L'AGOA, a dit Mme Vineyard, constitue « la pierre angulaire » des relations commerciales américano-africaines.

Par ailleurs, elle a déclaré que de nombreux pays subsahariens continuaient de récolter les fruits des réformes judicieuses qu'ils avaient entreprises au cours des dix dernières années. « Du fait du nombre croissant de régimes représentatifs et du redressement qui a suivi la fin de plusieurs conflits de longue durée, la plupart des pays subsahariens sont prêts à connaître une croissance économique plus robuste et une amélioration du niveau de vie de leur population dans les années à venir. Un grand nombre d'entre eux deviennent, ou peuvent devenir, des marchés importants pour les entreprises américaines. Si à l'heure actuelle la situation économique mondiale a certainement un effet négatif sur l'économie des pays africains, un nombre important d'entre eux continuent d'avoir un taux de croissance positif (bien que réduit), alors que ce n'est pas le cas dans d'autres parties du monde. »

L'Afrique subsaharienne a récemment connu une croissance économique soutenue, et ses pays sont de plus en plus considérés comme un ensemble de marchés émergents. Même avec l'aggravation de la situation économique mondiale, c'est la première fois depuis quarante-cinq ans, en 2008, que la croissance de l'Afrique subsaharienne en 2008 a été supérieure à 5 % pendant cinq années consécutives.

Citant un rapport de la Banque mondiale, Mme Vineyard a indiqué que la croissance en Afrique en 2008 avait touché de nombreux secteurs et qu'elle avait eu lieu dans des pays aussi bien exportateurs qu'importateurs de pétrole. Selon le Fonds monétaire international, a-t-elle ajouté, de nombreux pays subsahariens ont connu une croissance économique soutenue après avoir adopté une politique macro-économique vigoureuse alliée au rôle actif de l'État.

Toutefois, au fur et à mesure que l'économie mondiale s'est aggravée à la fin de 2008 et en 2009, la croissance économique de l'Afrique subsaharienne s'est ralentie. « Les effets de la récession mondiale sur de nombreux pays africains ont été plus indirects que dans d'autres parties du monde », à l'exception de l'Afrique du Sud qui est plus intégrée dans le système financier mondial.

Les obstacles aux échanges

À propos des obstacles auxquels se heurtent les entreprises désireuses de s'implanter en Afrique, Mme Vineyard a déclaré que de nombreux pays africains devaient s'attaquer à un certain nombre d'entre eux avant de faciliter l'accroissement des investissements étrangers sur leur territoire.

Elle a fait état d'un rapport de la Banque mondiale (Doing Business 2009), qui classe les pays en fonction de la facilité d'y faire des affaires. Le rapport de 2009 souligne que de nombreux pays africains ont fait des progrès dans ce domaine. Vingt-huit pays subsahariens ont fait 58 réformes en 2008, plus que pendant toute autre année depuis la publication de ce rapport annuel en 2003. Trois des 10 pays qui ont adopté les réformes les plus importantes en 2008 sont africains (le Botswana, le Burkina Faso et le Sénégal). Ces réformes ont porté, dans les pays africains, sur l'allégement des formalités de création d'une entreprise, sur l'enregistrement de biens fonciers, sur l'obtention du crédit, sur le commerce transfrontalier, etc.

Toutefois, le classement de ce rapport montre que l'Afrique subsaharienne a encore fort à faire : sur les 181 pays qui font l'objet de ce classement, 40 pays subsahariens se placent parmi les 81 pays en queue du classement et 24 d'entre eux parmi les 31 derniers.

Les auteurs du rapport soulignent qu'il reste aux pays africains à faire des progrès en vue d'alléger ou de supprimer la réglementation ou les formalités administratives excessives qui sont plus lourdes que dans toute autre partie du monde. En faisant les réformes nécessaires et en accroissant les investissements nationaux, ces pays pourront aussi devenir plus attrayants pour les investisseurs étrangers.

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