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08 octobre 2009

L'élan favorable au changement en Afrique sera bénéfique à son développement

« L'Afrique par-delà la crise financière mondiale » a été l'un des thèmes du récent Sommet américano-africain des entreprises.

 

Washington - L'Afrique est un continent en pleine évolution, dynamisé par un élan en faveur des réformes économiques et du développement dont la réalité ne fait aucun doute dans de nombreux pays, a affirmé l'investisseur chevronné, M. Thomas Gibian.

S'exprimant lors du Septième Sommet américano-africain des entreprises à Washington, le 30 septembre, M. Gibian a dit qu'en cette période de changements, il était plus important de se tourner vers l'avenir du continent et de prendre les devants que de se pencher sur les situations passées. « Je pense que le défi principal, pour ceux d'entre nous qui font des affaires avec l'Afrique et pour tous ceux bien sûr qui s'intéressent à qui se passe en Afrique, est simplement le fait que le continent est en train de changer plus rapidement que nous ne nous en rendons compte. »

M. Gibian, qui est directeur général de la société de gestion de fonds d'investissement « Emerging Capital Partners » et a une grande expérience du monde des affaires en Asie et en Afrique, a présidé, dans le cadre de ce sommet, une conférence sur le thème « l'Afrique, par-delà la crise financière mondiale ». Y participaient le président de la Bourse des valeurs de Johannesbourg, M. Russell Loubser, le sous-secrétaire d'État pour les affaires économiques, énergétiques et agricoles, M. Robert Hormats, et M. Saki Macozoma, président de Stanlib, une société importante de placement qui cible particulièrement l'Afrique.

M. Gibian a fait remarquer que les marchés émergents évoluent très rapidement et le défi principal pour tous les investisseurs, qu'ils soient locaux ou internationaux, était d'anticiper où et quand ces changements se feraient pour pouvoir agir en conséquence. Avant 1990, les biens privés n'existaient pas en Chine. « Il n'y avait ni investissement étrangers, ni droits à des biens privés ; il n'y avait ni cabinets d'avocats pour fournir du conseil juridique ni tribunaux de justice civile pour soumettre des documents juridiques, » a expliqué M. Gibian. Mais depuis le début des années 1990, tous les mécanismes nécessaires au fonctionnement du secteur privé, en tant que locomotive de la croissance économique, ont été créés. Ces mêmes tendances ont vu le jour en Inde vers 1999 et l'an 2000, mettant fin à l'ère du socialisme et permettant au secteur privé de lancer la croissance, a-t-il ajouté.

« Nous pouvons voir aujourd'hui le rôle important que joue le secteur privé non seulement dans la réussite des économies mais aussi de toute la société civile dans les pays émergents », a souligné M. Gibian. Les réformes dans les secteurs des banques, de l'assurance, des prestations de retraite et des marchés financiers, que l'on observe actuellement en Afrique, s'effectuent dans un nombre de pays assez important pour changer le climat des affaires sur tout le continent. Le domaine des télécommunications est le meilleur exemple de cet élan en faveur du changement, a indiqué M. Gibian. « Aujourd'hui, à bord de vols à destination de nombreux pays africains, vous voyez la moitié des passagers qui, avant même d'atterrir, s'emparent de leurs deux téléphones portables pour télécharger leur courriel avant de quitter l'aéroport. »

Deux secteurs en particulier joueront un rôle clé dans la croissance économique de l'Afrique : les télécommunications, dont l'expansion est déjà bien entamée sur le continent, et les services financiers qui bénéficieront des réformes bancaires. Selon M. Gibian, l'élément principal qui changera la donne en Afrique sera l'avènement de connexions Internet à haute vitesse à des prix abordables sur les deux côtes du continent, un changement qui se produit déjà. La société SEACOM a récemment mis en service un câble à fibre optique sous-marin au large de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe pour les relier à l'Europe et à l'Inde.

« La liquidité est l'oxygène dont a besoin l'économie », a dit M. Gibian, mais la liquidité exige comme condition préalable la bonne gouvernance. Dans le cadre de la réforme des gouvernements africains, l'objectif n'est pas de parvenir à une gouvernance parfaite mais plutôt de pouvoir constater que la gouvernance s'améliore constamment. « Cela suscitera les investissements étrangers et fournira l'oxygène nécessaire à l'économie. »

« Nous sommes à un stade en Afrique qui, à mon avis, annonce un bon avenir pour le continent », a indiqué M. Gibian tout en mettant l'accent sur l'importance de la transparence. « Observer attentivement l'évolution des marchés émergents alors qu'ils entament des réformes et permettent aux entreprises de se développer encourage la transparence », a souligné M. Gibian. Et d'ajouter que la transparence dans le monde des affaires s'étend de là à la scène politique.

Le président de la Bourse des valeurs de Johannesbourg, M. Loubser, a déclaré aux participants que les marchés financiers et boursiers devaient être en mesure de fonctionner de manière efficace dans n'importe quelles conditions, même quand celles-ci sont difficiles. Il a souligné que les investisseurs ont besoin d'être certains que les marchés financiers fonctionnent bien avec des liquidités adéquates, que ce soit en Afrique ou n'importe où dans le monde.

Le sous-secrétaire d'État, M. Hormats, a indiqué que les investisseurs souhaitent la transparence et la fiabilité, et ils s'attendent « à pouvoir retirer les gains qu'ils font sans craindre des changements arbitraires des réglementations ou l'ingérence constante et arbitraire des gouvernements » ; ils veulent des marchés transparents pour que chacun sache ce qui s'y passe et qui offrent un climat équitable.

La politique économique et les instances de réglementation de l'économie sont des facteurs très importants pour les investisseurs étrangers, a dit M. Hormats, qui a fait l'éloge de l'Afrique du Sud et d'autres pays pour les progrès accomplis à ce niveau. Il a ajouté que les réformes du secteur agricole et l'accès au crédit jouaient aussi un rôle clé dans le développement économique.

M. Macozoma, de la firme sud-africaine Stanlib, a mis l'accent sur l'importance de l'éducation et d'une population active compétente.

Le Septième Sommet américano-africain des entreprises, qui s'est tenu pendant trois jours à Washington sous les auspices du Corporate Council on Africa (CCA), a réuni quatre chefs d'État africains et environ 1.500 investisseurs, cadres, chefs d'entreprises et représentants gouvernementaux qui ont pris part à plus de 50 sessions portant sur des aspects spécifiques des relations d'affaires entre les États-Unis et l'Afrique. Le précédent sommet de la CCA s'était tenu en 2007 au Cap, en Afrique du sud.

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