Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

07 octobre 2009

Les États-Unis ont aidé l'Afrique à traverser la crise financière mondiale

Un haut responsable du ministère des finances rappelle le « soutien vigoureux » des États-Unis

 
Des habitants de Khayelitsha (Afrique du Sud).
Un homme s'asseoit à côté d'une cabane dans un quartier pauvre de Khayelitsha (Afrique du Sud).

Washington - Le gouvernement Obama a conscience des effets de la crise financière sur l'Afrique subsaharienne et y « répond par un soutien vigoureux », a déclaré Neal Wolin, vice-ministre des finances des États-Unis. Selon lui, l'Afrique amorce peut-être un tournant qui va lui permettre de s'attaquer aux défis du XXIe siècle.

Dans un discours prononcé le 30 septembre à l'occasion de la 7e biennale du Sommet américano-africain des entreprises, M. Wolin a indiqué que le gouvernement Obama « a conscience de la gravité de la crise pour les économies africaines » et a « répondu en offrant un soutien vigoureux dans le cadre des institutions financières internationales et de son assistance bilatérale, afin de permettre à l'Afrique de faire face à l'impact impact immédiat de la crise ».

« En collaboration avec les partenaires du développement, les gouvernements africains ont pris, eux aussi, des mesures immédiates pour limiter l'impact de la crise, en assouplissant leurs politiques monétaire et fiscale dans la toute la mesure du possible, afin de stimuler la croissance », a précisé M. Wolin.

Ces mesures, confortées par la reprise au niveau mondial, se traduiront vraisemblablement par une reprise de la croissance économique en Afrique, a indiqué M. Wolin. Il a précisé que le Fonds monétaire International prévoit une croissance soutenue du produit intérieur brut de l'Afrique subsaharienne en 2010, avec un taux de croissance réel de 4,1 %.

Il a signalé qu'une reprise du développement des flux de capitaux privés est prévue à partir de l'année prochaine, après le repli constaté depuis 2006. Pour M. Wolin, le sommet, organisé par le Corporate Council on Africa (CCA), s'est réuni à un moment critique pour l'avenir de l'Afrique et du monde : « La crise financière a prouvé une nouvelle fois, s'il en était besoin, que les nations du monde sont liées de manière inextricables : le Nord avec le Sud, et les nations développées avec les nations en développement. Les pays africains étaient conscients de cette réalité bien avant la crise mondiale ! »

M. Wolin a ensuite rappelé que l'évolution mondiale de l'offre et de la demande avait provoqué une hausse ahurissante des prix des denrées alimentaires et des combustibles en 2008, avant que la crise ne vienne aggraver ces chocs économiques, avec un impact particulièrement violent sur les pays en développement : « Les taux de croissance des pays développés se sont effondrés et la demande de produits africains exportés a chuté, tout comme le niveau des investissements étrangers directs et des transferts d'argent des résidents à l'étranger. »

Cette année, a-t-il précisé, il est prévu que les flux de capitaux à destination de la région seront inférieurs de moitié à leur niveau de 2007. Le ralentissement a été particulièrement marqué dans les principales économies de la région - Afrique du Sud, Nigeria et Angola - sans épargner les économies moins importantes du continent. Les exportations de l'Afrique subsaharienne devraient toutefois augmenter de 13 % en valeur en 2010, le repli de 38 % constaté cette année faisant suite à six années de croissance à deux chiffres. « La reprise est donc en vue » a indiqué M. Wolin.

Prenant de la hauteur par rapport à la crise, il a considéré qu'il appartenait aux économies africaines de mieux se positionner en formant des partenariats avec des économies développées et des partenaires économiques solides, afin de produire une croissance vigoureuse et durable au cours des années à venir. Il a salué les pays africains qui cherchaient à rendre leur environnement plus favorable aux investissements et à renforcer leurs secteurs financiers.

« Certains des exemples les plus impressionnants de progrès dans ce domaine proviennent de pays dévastés par des conflits il n'y a pas si longtemps » a-t-il déclaré, en citant notamment le Rwanda. Déchiré par un génocide en 1994, ce pays a été désigné comme le réformateur le plus actif dans le monde par le rapport Doing Business 2010 de la Banque mondiale. Ce rapport analyse la réglementation des activités commerciales et les facilités offertes aux entreprises dans 131 pays. « Le Rwanda a pris des mesures concrètes pour réaliser une réforme des processus de création des entreprises, d'enregistrement de la propriété, de protection des investisseurs, de commerce international et d'accès au crédit », indique le rapport.

Ces changements, dans un contexte de politique économique prudente et d'émancipation des femmes, « ont eu un profond impact » à indiqué M. Wolin, avant de préciser que la croissance du PIB du Rwanda, supérieure à 7 % en moyenne sur la période 1997-2007, s'était maintenue à un niveau élevé au cours des trois dernières années, malgré la détérioration de l'environnement financier mondial.

M. Wolin a également cité le Libéria et les réformes mises en œuvre par la présidente, Mme Ellen Johnson Sirleaf. Ces réformes ont facilité la création d'entreprises, leur enregistrement et le commerce international. Ces résultats sont « encourageants », a estimé M. Wolin, même si d'autres réformes restent nécessaires, notamment la révision du code des investissements, du code de commerce et du droit foncier.

M. Wolin a également salué « les réalisations audacieuses » du nouveau gouverneur de la banque centrale du Nigéria, M. Sanusi Lamido Sanusi, qui a mis en œuvre plusieurs réformes dans le pays, donnant ainsi un autre « modèle africain de transformation dans un pays dont l'histoire était marquée par la corruption et les conflits internes ».

M. Wolin a toutefois averti que si des progrès ont été accomplis, « il faut se garder de surestimer les avancées du continent dans son ensemble en matière d'amélioration du climat des investissements et de renforcement du secteur financier ». De nombreux pays, tels que le Zimbabwé, « continuent de mettre des obstacles sur le chemin des investisseurs ».

M. Wolin considère toutefois que le futur de l'Afrique reste « très prometteur », sous réserve que d'autres pays calquent leur action sur les efforts déployés par le Rwanda, le Libéria et le Nigéria.

Il a précisé que l'Afrique devrait développer ses infrastructures et son agriculture pour assurer son développement économique, en rappelant que « les États-Unis sont prêts à déployer des ressources et une assistance substantielles, si l'Afrique fait preuve de volonté ».

L'électricité est l'une des infrastructures clés, a-t-il précisé. « L'Afrique a le plus faible accès à l'électricité de toutes les régions du monde », les entreprises citant le coût élevé et le manque de fiabilité de l'approvisionnement comme l'un des obstacles aux investissements.

« Traiter le problème de l'accès à l'électricité est essentiel non seulement pour les entreprises, mais aussi pour des raisons humanitaires. L'électricité est nécessaire pour faire fonctionner les puits qui fournissent l'eau potable. Sa disponibilité joue également sur la santé dans les zones rurales », les centres médicaux ne pouvant fonctionner après le coucher du soleil si l'électricité n'est pas présente. Tout en convenant qu'il ne serait pas facile de régler cette question, M. Wolin a indiqué qu'il était essentiel et possible de progresser dans le cadre de partenariats innovants.

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