Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

02 octobre 2009

Hillary Clinton : les É.-U. prêts à stimuler les échanges commerciaux avec l'Afrique

La bonne gouvernance est cependant la condition d'une telle expansion.

 
Mme Clinton et son homologue kényan, M. Wetangula au Forum de l'AGOA en 2009
Mme Clinton et le ministre des affaires étrangères du Kénya, M. Wetangula arrivent au 8e Forum de l'Agoa à Nairobi.

Washington - Le gouvernement Obama a la ferme intention d'aider l'Afrique à élargir ses relations commerciales avec les États-Unis, « mais assurons-nous que les gouvernements africains sont à la hauteur de leurs peuples », a déclaré la secrétaire d'État américaine, Mme Hillary Clinton, lors d'un discours prononcé le 1er octobre à la septième édition biennale du Sommet américano-africain des entreprises.

L'Afrique a un potentiel immense, dont la réalisation dépendra, sur le plan des relations commerciales avec les États-Unis, d'une gestion avisée des affaires publiques, a-t-elle dit : « Je demeure convaincue qu'aucun continent ne détient autant de possibilités de croissance que l'Afrique. Mais cela ne veut pas dire qu'on peut se contenter d'attendre simplement qu'elles se concrétisent. Nous devons y travailler ensemble. »

« Nous souhaitons qu'à la fin du gouvernement Obama, nous puissions dire : "Nous avons apporté quelque chose à l'Afrique, nous pouvons en voir les résultats". La raison en est non seulement que c'est un objectif judicieux et bien calculé, mais aussi que cela correspond à un sentiment très personnel du président Obama. Il se considère comme un fils de l'Afrique en raison de sa filiation paternelle. Nous discutons ensemble, lui et moi, des changements positifs que nous désirons voir s'y produire, des changements dont nous sommes tous certains qu'ils peuvent s'y produire, vu l'intelligence, les principes de travail et les capacités extraordinaires de ses habitants. Alors, assurons-nous que les gouvernements africains sont à la hauteur de leurs peuples. »

La secrétaire d'État a évoqué sa tournée du mois d'août dans sept États africains et souligné l'importance de premier plan que le gouvernement Obama et le peuple des États-Unis attachent à l'Afrique. « Il s'agit d'un engagement de très haut niveau, de tout notre gouvernement, car nous partons du principe que du point de vue de notre propre progrès et de notre prospérité, l'avenir de l'Afrique compte. Le gouvernement Obama a des stratégies pour y stimuler le développement économique et y créer le climat susceptible d'améliorer les conditions de vie des populations, ce qui représente, à nos yeux, la véritable mesure de la réussite. »

« Nous voulons nous débarrasser des stéréotypes qui décrivent l'Afrique comme une terre de pauvreté, de maladie, de conflit et de pas grand-chose de plus, a poursuivi Mme Clinton. Nous continuerons à poser les fondements d'un nouveau type de relations avec l'Afrique, établies sur la base de responsabilités partagées et de progrès communs, de partenariats qui donnent des résultats mesurables et durables. »

La secrétaire d'État a déclaré à son auditoire composé de chefs d'entreprise, d'investisseurs, de hauts fonctionnaires et de diplomates tant américains qu'africains qu'il était « temps de changer de langage » au sujet de l'Afrique.

Pendant trop longtemps, a-t-elle fait observer, « on a regardé l'Afrique comme un objet de charité et non comme un continent capable de devenir l'un des moteurs de l'économie mondiale du XXIe siècle. Aujourd'hui, il est temps de changer de langage. Il est temps de comprendre que le renforcement de la politique commerciale permettra aux entreprises africaines de conquérir plus efficacement des marchés existants et d'en créer de nouveaux. »

Les pays d'Afrique peuvent notamment, grâce à la technologie et aux innovations, brûler certaines des premières étapes du développement et s'intégrer rapidement dans l'économie mondiale, a-t-elle dit.

Elle a ajouté que la croissance et la prospérité futures de l'Afrique dépendraient beaucoup de la réforme de son secteur agricole, et que les investissements sociaux, favorables notamment aux femmes, permettraient à ce continent de s'orienter vers l'avenir durable souhaité par chacun.

« Nous avons un ordre du jour ambitieux et une perspective des plus positives, a-t-elle dit, mais « rien de tout cela ne pourra arriver en l'absence d'une direction africaine avisée et d'une bonne gestion alliant transparence et responsabilité, en l'absence d'acception de la primauté du droit, en l'absence d'une saine administration de l'environnement et des ressources, en l'absence de respect des droits de l'homme, et si on ne met pas fin à la corruption, ce cancer qui ronge l'esprit d'entreprise et les espoirs de millions de personnes. »

Les États-Unis sont résolus à aider l'Afrique à relever tous ces défis, et Mme Clinton a évoqué des cas d'évolution positive, par exemple au Rwanda dont le niveau de développement économique « est directement attribuable à la politique avisée que le gouvernement y a mise en place ».

Durant sa tournée en Afrique au mois d'août, Mme Clinton s'est rendue successivement au Kénya, en Afrique du Sud, en Angola, en République démocratique du Congo, au Nigéria, au Libéria et au Cap-Vert. Dans chacun de ces pays, elle a observé des exemples d'activités qui rapportent maintenant des dividendes, allant de l'agriculture à la santé publique en passant par les transactions commerciales.

« Ainsi, à travers l'Afrique, nous savons qu'il existe des possibilités à saisir et nous savons qu'il y a des gens qui travailleront avec acharnement, mais notre rôle à nous consiste à contribuer à mettre en place des conditions favorables. »

À cet égard, les États-Unis privilégient cinq grands domaines d'activité : d'abord, l'expansion du commerce interafricain et en particulier interrégional grâce à une plus grande ouverture des marchés ; en deuxième lieu, le développement de l'agriculture, de l'infrastructure, de l'aviation et d'autres secteurs clés ; troisièmement, le renforcement de la sécurité énergétique ; en quatrième lieu, la multiplication des partenariats entre les secteurs public et privé ; enfin, la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance, de la transparence, de la responsabilité et du respect de l'État de droit.

Plusieurs chefs d'État africains étaient présents au Sommet américano-africain des entreprises, qui s'est tenu à Washington du 29 septembre au 1er octobre sous le parrainage du Corporate Council on Africa. Cette série de réunions - une bonne cinquantaine dans diverses branches d'activité et auxquelles plus de 1.500 personnes ont participé - a permis d'illustrer les nombreuses possibilités de commerce et d'investissement qui se sont développées récemment en Afrique. Le sommet précédent avait eu lieu en 2007 au Cap (Afrique du Sud).

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