Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

01 octobre 2009

Les dirigeants africains doivent créer un climat propice aux affaires

Le président tanzanien, M. Jakaya Kikwete, s'entretient de commerce américano-africain.

 
Jakayo Kikwete
Le président tanzanien, M. Jakayo Kikwete, vu ici le 24 septembre 2009 devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Washington - C'est aux dirigeants africains « qu'incombe la responsabilité de créer un climat propice aux affaires » sur leur continent, a déclaré le président tanzanien, M. Jakaya Kikwete, le 28 septembre, lors d'un déjeuner organisé en son honneur à Washington à la veille du Septième Sommet américano-africain des entreprises, qui s'y tient du 29 septembre au 1er octobre sous les auspices de l'association Corporate Council on Africa (CCA).

Le secteur privé est la locomotive de la croissance économique et du développement en Afrique, a dit M. Kikwete, invitant son auditoire « à se tourner vers l'avenir », c'est-à-dire vers la dynamique de prospérité qui naîtra grâce, entre autres, à des relations de commerce et d'affaires plus étroites avec les États-Unis. C'est aussi le moment, a-t-il ajouté, pour les entreprises américaines de saisir les possibilités d'affaires qui se présenteront sur le continent. Mais il a ajouté qu'il serait le premier à reconnaître « qu'il ne sera pas facile de persuader les sceptiques » à investir avec enthousiasme en Afrique à l'heure où le monde commence à peine de sortir de la crise financière internationale.

Les chefs d'État africains doivent créer « le climat adéquat » pour encourager les chefs d'entreprise étrangers à faire des affaires avec l'Afrique. « Il est de notre devoir d'offrir une image de marque de notre continent en général et de chacun de nos pays. Notre engagement en faveur de la bonne gouvernance, de la paix et de la sécurité, de la primauté du droit comme du respect des contrats et du monde des affaires en général ne doit jamais être remis en question. »

M. Kikwete a aussi parlé de l'accord signé entre son pays et la Société du compte du millénaire (MCC) ; dans le cadre de ce « pacte », comme sont appelés les accords de la MCC, cette dernière octroie à la Tanzanie un don sur cinq ans qui s'élève à 698 millions de dollars. Le président tanzanien a ajouté que son seul regret était qu'il n'y avait pas davantage d'entreprises américaines qui cherchaient à tirer parti de toutes les possibilités d'affaires qui seraient créées par ce « pacte ».

M. Kikwete a énoncé les meilleurs secteurs clés pour les investissements en Afrique : l'infrastructure, dont les défaillances étouffent le développement économique dans toute la région ; l'agriculture et l'agroalimentaire ; la mise en valeur des ressources naturelles ; le tourisme ; et les services financiers, dont l'expansion au niveau des banques et d'autres établissements susciterait une croissance économique durable.

Les médias ne se montrent guère favorables à l'Afrique alors que ce continent cherche à prouver qu'il constitue une base propice aux investissements et aux affaires, a dit le président tanzanien. « Je ne puis m'empêcher de m'étonner quand je lis ce que les médias écrivent parfois à notre sujet. » Donnant un exemple à son auditoire composé de cadres, de chefs d'entreprise, de représentants du gouvernement des États-Unis, d'Africains et d'africanistes, M. Kikwete a parlé de la Chine qui, selon les médias, serait en train de « dévorer » l'Afrique. « Nous nous sommes rendu compte que c'est précisément ce genre de couverture médiatique subjective et sélective des événements en Afrique qui fait que de nombreuses entreprises occidentales décident de rester à l'écart », dit-il. « Croyez-moi, les possibilités d'investir et de faire des affaires en Afrique subsaharienne sont ouvertes à tous », aux compagnies chinoises comme à toutes les autres.

Le commerce régional se développe de plus en plus entre les pays d'Afrique subsaharienne, alors qu'augmentent aussi les relations commerciales de ce continent avec l'Amérique latine et l'Asie. « L'Afrique du Sud, le Kénya et l'Inde sont des sources importantes d'investissements en Tanzanie, et bien que les activités d'investissements et de commerce entre l'Amérique latine et l'Afrique s'effectuent encore au ralenti, la volonté politique de les accroître est indéniable, » a précisé M. Kikwete.

Le président tanzanien a aussi souligné la tendance qui se dessine parmi les membres de la diaspora africaine « qui, au lieu simplement de faire des envois d'argent à leurs familles, commencent à investir directement en Afrique et à mobiliser des investissements en faveur du continent » ; cela prouve, a ajouté M. Kikwete, que « les choses ne vont pas aussi mal que les médias le disent ».

L'Afrique, dit-il, est « le dernier Eldorado pour le monde des affaires », et ceux qui ne craignent pas de faire des investissements stratégiques peuvent récolter des dividendes de taille. Certains fonds investis dans le secteur des télécommunications en Afrique ont bénéficié d'un rendement annuel supérieur à 35 %.

M. Kikwete a remercié les invités de leur promotion des relations commerciales entre les États-Unis et l'Afrique, notamment les compagnies qui ont déjà ouvert des succursales sur le continent. « C'est votre succès qui fera la publicité du continent bien plus que les discours d'hommes politiques comme moi », a-t-il dit, appelant toutes les entreprises « qui ont réussi en Afrique d'en parler de bouche à oreille ».

Rappelant aussi qu'entre 2006 et 2008, le taux de croissance annuelle avait été de 7,1 % dans son pays, M. Kikwete a exprimé l'espoir que, grâce à des échanges commerciaux et des investissements accrus, la Tanzanie et le reste de la sous-région sortiraient de la crise financière et connaîtraient de nouveau des taux de croissance record.

Plusieurs chefs d'État africains et plus de 1.500 délégués ont participé au sommet de la CCA qui visait à présenter les toutes dernières possibilités de commerce et d'investissements en Afrique au cours de plus de 50 sessions ciblant spécifiquement divers secteurs industriels. Le sommet précédent de la CCA s'était tenu en 2007 au Cap (Afrique du Sud).

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