28 mai 2009
Selon le représentant des É.-U. pour le commerce extérieur, il n'y a donc aucune raison d'en limiter l'exportation.

Washington - Le commerce, et tout particulièrement celui des produits agricoles, peut être « un moteur puissant de la relance de l'économie » aux États-Unis et dans le monde entier, a déclaré le représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, M. Ron Kirk.
Dans un discours prononcé le 22 mai à la Meat Export Federation (Fédération des exportateurs de viande) des États-Unis, dont le siège est à Washington, M. Kirk a évoqué l'innocuité des viandes américaines et récapitulé les récentes évolutions enregistrées sur les marchés mondiaux qui permettent désormais aux éleveurs et aux agriculteurs américains de contribuer plus facilement à nourrir des familles du monde entier.
En 2008, les exportations américaines de bœuf et produits dérivés ont atteint la valeur de 3,6 milliards de dollars, tandis que celles de viande porcine ont dépassé les 4,6 milliards de dollars. Ce commerce a toutefois été limité par des restrictions qui ne cadrent pas avec les données scientifiques.
Particulièrement préoccupant depuis plusieurs semaines est le déclenchement d'une épidémie de grippe H1N1, également connue sous le nom de grippe porcine, qui a poussé plus d'une dizaine de pays à imposer des restrictions aux importations de produits porcins, et ce malgré l'absence de tout fondement scientifique à ces interdictions.
« La priorité de mon service est de s'assurer que la viande américaine ne se retrouve pas exclue des marchés internationaux à cause de mythes dénués de toute justification scientifique », a dit M. Kirk. « Le porc américain est sain, et les marchés internationaux devraient rester ouverts aux produits porcins et aux animaux vivants venus des États-Unis. »
Le 2 mai, a précisé M. Kirk, l'Organisation mondiale du commerce, l'Organisation mondiale de la santé, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture ont publié conjointement un communiqué affirmant que les produits porcins traités conformément aux normes d'hygiène n'étaient pas une source d'infection au H1N1. M. Kirk a décrit ce document comme une déclaration très ferme confirmant l'innocuité de la viande porcine américaine et affirmant que toute restriction au commerce du porc américain et de ses produits dérivés à cause de la récente épidémie était sans fondement scientifique.
Le 27 avril dernier, le ministre américain de l'agriculture, M. Tom Vilsack, avait également abordé la question de la sécurité de la viande porcine américaine et des produits dérivés, disant : « Il n'existe pour le moment aucune preuve que des porcs ont été infectés par le virus. De toute façon, la science montre clairement que la consommation ou la manipulation de viande de porc conformément aux normes d'hygiène en vigueur ne présente aucun risque pour le consommateur. » Cette déclaration cadrait avec les conclusions du Centre d'épidémiologie des États-Unis.
L'ESB et les produits bovins
Un autre sujet d'inquiétude pour les producteurs américains de viande - et qui est également sans fondement scientifique - est la fermeture de marchés, particulièrement en Asie, aux produits bovins des États-Unis par crainte de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), également connue sous le nom de maladie de la vache folle.
Des fermetures et restrictions à répétition, suscitées par la découverte, en 2003, d'une vache testée positive pour la BSE et importée aux États-Unis du Canada, a nui aux exportations totales de viande bovine américaine qui, de 4 milliards de dollars en 2003, ont chuté à 808 millions en 2004.
« Toutefois, les mesures de respect de la réglementation améliorent les choses », a dit M. Kirk, précisant que les exportations avaient presque retrouvé, en 2008, leur niveau de 2003. Plus de 60 pays, dont les 27 membres de l'Union européenne, acceptent désormais tous les produits bovins américains qui correspondent aux normes imposés par l'OIE. Certaines questions n'ont cependant pas encore été réglées.
« Nos partenaires commerciaux sont encore trop nombreux - particulièrement le Japon, Taïwan, la Chine et Hongkong - à maintenir des restrictions injustifiées sur les importations de bœuf américain - ainsi d'ailleurs que sur la viande de porc, ce qui est le cas de Taïwan, notamment, qui n'a pas établi de niveau de tolérance à la ractopamine », a dit M. Kirk.
La ractopamine, ou hydrochlorure de ractopamine, est un additif utilisé dans l'alimentation animale, à des doses extrêmement faibles, pour améliorer la teneur en viande maigre des porcs destinés à la consommation humaine. Le terme de « tolérance » fait référence aux limites maximales de résidus (LMR) tolérés dans les produits destinés à la consommation humaine. Par exemple, aux États-Unis, la LMR de ractopamine tolérée dans le porc se situe entre 0,15 parts par million (ppm) dans le foie de porc à 0,05 ppm dans les tissus musculaires.
Les progrès réalisés dans d'autres domaines
Dans son discours du 22 mai, M. Kirk a également cité certains succès remportés, affirmant qu'une combinaison d'exigence du respect des règlements et de démarches diplomatiques avait contribué à ouvrir de nouveaux marchés et à conserver des marchés déjà existants. On peut notamment citer :
• Un accord passé le 26 mars avec le Chili visant à résoudre un problème de classification, et qui a entraîné une reprise immédiate des exportations de certains produits bovins. Les expéditions de bœuf américain vers le Chili étaient en effet gelées depuis septembre 2008.
• Le 13 mai, les États-Unis et la Commission européenne ont signé un mémorandum d'accord sur les hormones bovines, réglant en grande partie une dispute vieille de 20 ans et étendant l'accès au marché de l'Union européenne aux produits bovins de haute qualité non traités aux hormones de croissance.
M. Kirk a précisé que des négociations étaient en cours pour résoudre diverses questions contentieuses avec la Russie, un marché clé pour les exportateurs américains de viande. Les mesures sanitaires et phytosanitaires appliquées par la Russie ne sont pas fondées sur des normes internationales. Elles servent en fait à contrôler et restreindre le commerce, a expliqué M. Kirk.