11 mai 2009
Le rapport sur les résultats du bilan de santé des grandes banques américaines

Washington - Selon le gouvernement des États-Unis, les grandes banques américaines sont suffisamment fortes pour survivre à la récession même si celle-ci s'aggrave.
Cette conclusion issue du rapport rendu public le 7 mai « devrait grandement réconforter les actionnaires et le public. Presque toutes les banques qui ont fait l'objet d'une évaluation ont suffisamment de fonds propres pour absorber la forte augmentation des pertes envisagée dans le cadre du scénario hypothétique le moins bon », a déclaré le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke.
Il faisait ainsi état des tests de résistance (« stress test ») destinés à examiner comment les 19 grandes banques américaines résisteraient au cas où la conjoncture économique se détériorerait gravement. Ces 19 banques représentent les deux tiers des avoirs du secteur bancaire américain et environ la moitié des prêts accordés par ce secteur.
Selon le nouveau rapport, 10 des 19 banques ont besoin de 75 milliards de dollars de manière à disposer des moyens financiers nécessaires pour satisfaire les exigences de l'État fédéral en ce qui concerne l'accroissement des réserves qui leur permettraient de résister à une éventuelle aggravation de la récession. Les autres 9 banques ont suffisamment de fonds propres pour continuer de fonctionner même si le scénario hypothétique envisagé par les pouvoirs publics se réalisait. Ce scénario prévoit un taux de chômage de 10,3 % et une baisse des prix de l'immobilier de plus de 22 %. À l'heure actuelle, le taux de chômage est inférieur à 9 %.
« Nous sommes heureux de ces résultats. Ce rapport montre que les banques américaines sont bien capitalisées et bien gérées », a déclaré le vice-président de l'association des grands établissements financiers des États-Unis (Financial Services Roundtable), M. Scott Talbott.
Soixante-quinze milliards de dollars, a-t-il dit, ne constituent pas pour les 10 banques en cause un montant énorme à lever. Neuf d'entre elles peuvent le faire par elles-mêmes en convertissant des titres préférentiels en actions ordinaires ou en vendant des avoirs. Seule la GMAC, la société financière liée à General Motors, semble avoir besoin d'une nouvelle aide financière de l'État fédéral.
Pour sa part, le ministre des finances, M. Timothy Geithner, a déclaré : « Le test de résistance permettra de remplacer l'incertitude entourant notre secteur bancaire par un degré sans précédent de transparence et de clarté. Grâce à une meilleure diffusion des renseignements, les capitaux du secteur privé sont plus susceptibles de circuler dans le système financier. » Quant aux banques qui n'ont pas fait l'objet d'un tel test, elles doivent aussi remplir les mêmes conditions de solvabilité que les 19 grandes banques, a-t-il fait remarquer.
Alors que les médias annonçaient l'évaluation assez optimiste de la situation des 19 grandes banques, le cours des actions des banques, et également de la plupart des sociétés figurant dans les grands indices boursiers américains, a fortement augmenté. La société Bank of America, qui est, selon le test de résistance, la banque ayant le plus besoin de lever des capitaux (33,9 milliards de dollars), et la société Citigroup, qui a aussi besoin de mobiliser 5,5 milliards de dollars, ont vu le cours de leurs actions fortement augmenter sur diverses places boursières peu de temps après la diffusion des résultats de cet examen.
Les pouvoirs publics, a dit le président du Conseil d'administration de la Réserve fédérale, sont prêts à fournir les capitaux supplémentaires qui sont nécessaires pour permettre au secteur bancaire de se rétablir. À la fin de l'année dernière, ils ont affecté plus de 700 milliards de dollars au renflouage de nombreuses banques, mais ils n'ont pas décaissé l'ensemble de ce montant. Selon M. Talbott, il est peu probable que le gouvernement Obama ait à demander au Congrès de voter des crédits supplémentaires pour venir en aide aux banques en difficulté.
Le ministre des finances a diffusé un communiqué visant à inspirer la confiance. « Les Américains, a-t-il dit, doivent savoir que les pouvoirs publics soutiennent le secteur bancaire et que leurs dépôts bancaires sont garantis. » Par ailleurs, M. Geithner a exhorté les grandes banques à s'employer avec énergie à regagner la confiance du public. Il a incité les banques à consentir de nouveaux prêts aux ménages solvables ainsi qu'aux petites entreprises solvables qui sont essentielles pour la reprise économique et à montrer qu'elles prennent des mesures pour modifier la rémunération de leurs cadres de direction et pour éviter de prendre des risques démesurés.
M. Stuart Mackintosh, qui est à la tête du groupe de 30 économistes chargés d'élaborer des propositions de réforme en matière de réglementation, s'est déclaré d'avis que le rapport relatif aux tests de résistance contribuait à rétablir la confiance dans le secteur bancaire, ce qui était essentiel pour la reprise économique. « Il est évident que les mesures prises par la banque centrale et par les pouvoirs publics pour stabiliser l'économie comporte des éléments de calcul politique et économique. Tout compte fait, il s'est agi d'un exercice utile pour inspirer la confiance. »
M. Mackintosh a cependant fait preuve de prudence au sujet de la conjoncture économique dans l'immédiat. « Personne, a-t-il dit, ne connaît l'ampleur réelle des pertes du secteur bancaire. »
Selon la Réserve fédérale, l'économie américaine devrait sortir de la récession et reprendre sa croissance vers la fin de cette année.
On trouvera ici le lien d'Internet au rapport (en anglais) sur le bilan de santé des banques américaines (PDF, 330 K).