Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

05 mai 2009

L'économie devrait connaître une amélioration à la fin de 2009

Propos de M. Ben Bernanke devant une commission parlementaire

 
Ben Bernanke
Le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, devant une commission parlementaire le 5 mai.

Washington - S'il est probable que le taux de chômage va continuer d'augmenter au cours des prochains mois, certains signes indiquent un ralentissement de l'aggravation de la crise économique aux États-Unis, a déclaré le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, devant une commission parlementaire le 5 mai.

« Les dépenses de consommation, qui avaient diminué fortement pendant la seconde moitié de l'année dernière, ont augmenté pendant le premier trimestre de cette année, a-t-il dit. Au cours des mois à venir, le pouvoir d'achat des ménages sera accru grâce au programme de relance budgétaire, et on observe déjà une certaine amélioration de la confiance des consommateurs. »

  

Depuis le début de la récession en décembre 2007, le produit intérieur brut (PIB) a diminué de plus de 6 % en rythme annuel pendant le quatrième trimestre de 2008 et le premier trimestre de 2009.

« Parmi les conséquences immenses de ce ralentissement de l'activité économique, figure la perte de quelque 5 millions d'emplois au cours des quinze derniers mois », a-t-il indiqué. Les informations les plus récentes relatives au marché du travail laissent penser que les États-Unis peuvent s'attendre à la suppression de nombreux emplois et à une augmentation du chômage au cours des mois à venir.

La situation du marché du travail et la baisse des prix dans le secteur du logement ainsi que le resserrement du crédit à la consommation vont continuer à empêcher les consommateurs de dépenser plus tant que leurs difficultés ne s'atténueront pas.

Contrairement à l'amélioration de la situation sur le plan de la consommation, les indicateurs ayant trait aux investissements des entreprises demeurent peu favorables. Au cours du dernier trimestre de 2008 et du premier trimestre de cette année, les achats de biens d'équipement et de logiciel par les entreprises ont diminué de 30 % en rythme annuel. Les nouvelles commandes de biens d'équipement restent inférieures aux expéditions, ce qui laisse prévoir une nouvelle diminution à court terme des dépenses des entreprises consacrées à ces biens.

« La situation du secteur immobilier commercial est mauvaise », a-t-il dit. Depuis près d'un an, aucun crédit hypothécaire n'a été accordé à ce secteur.

Par ailleurs, a-t-il fait remarquer, il convient de tenir compte de l'activité économique à l'étranger pour avoir une idée du moment où l'économie américaine repartira. « La forte baisse des exportations américaines qui a commencé l'automne dernier a constitué un frein important pour la production américaine, et toute amélioration dans ce domaine serait utile. Quelques indicateurs laissent penser (…) que le ralentissement de l'activité économique à l'étranger pourrait s'atténuer. »

  

Les risques d'inflation sont faibles vu que les prix de l'énergie et d'autres produits essentiels ont commencé de diminuer rapidement au cours de la seconde moitié de 2008. « La faiblesse de la demande et la réduction des pressions en matière de coût ont continué de maintenir l'inflation à un faible niveau jusqu'ici. »

  

Les perspectives économiques

« Nous continuons de nous attendre à ce que l'activité économique atteigne son plus bas niveau, puis qu'elle reprenne plus tard cette année », a dit M. Bernanke.

Il est essentiel pour que cette reprise ait lieu que le marché immobilier commence de se stabiliser et que la forte liquidation des stocks qui a lieu actuellement ralentisse au cours des quelques prochains trimestres.

Les prévisions prennent pour hypothèse que la remise en état progressive du système financier se poursuivra. « Une nouvelle aggravation de la situation financière constituerait un frein important à la reprise de l'activité économique et pourrait paralyser le début de reprise actuel. »

  

La reprise n'aura lieu que progressivement. Il est probable que les entreprises feront preuve de prudence pour embaucher des salariés, ce qui veut dire que le taux de chômage pourrait rester élevé pendant un certain temps, même après le début de la croissance économique. En général, la création d'emplois suit la reprise économique, mais ne la précède pas.

On s'attend à ce que l'inflation reste faible dans ce genre de conditions.

« La reprise durable de l'activité économique dépendra surtout du rétablissement de la stabilité du système financier, a-t-il dit. Toutefois, les marchés financiers et les institutions financières se heurtent toujours à des contraintes considérables. La poursuite de la baisse des prix des avoirs, le resserrement du crédit et le grand degré d'aversion pour le risque continuent d'avoir des effets défavorables sur l'économie. »

  

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