01 mai 2009

Washington - Le gouvernement Obama s'emploiera à faire aboutir le cycle de négociations commerciales mondiales dites de Doha et à faire ratifier par le Congrès trois accords de libre-échange, a indiqué le nouveau représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, M. Ron Kirk, lors du premier grand discours qu'il a prononcé le 23 avril à l'université de Georgetown, à Washington.
« Il est temps de relancer le commerce mondial et de poser les fondements pour un système commercial encore plus robuste et plus ouvert dans les décennies à venir. En cette période d'incertitude économique, nous devrions faire tout notre possible pour mettre en place le système commercial mondial de demain. »
Le cycle de négociations de Doha qui a lieu sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a commencé en novembre 2001. Il a pour objet de réduire les obstacles au commerce et d'accroître les échanges commerciaux dans le monde. Depuis 2008, ces négociations sont dans une impasse en raison de divergences d'opinion sur de grands dossiers, dont l'agriculture, les droits de douane applicables aux produits industriels, les barrières non douanières et les services.
M. Kirk, qui a pris ses fonctions en mars, a indiqué que l'une de ses tâches prioritaires serait de veiller à ce que le cycle de Doha aboutisse de manière à favoriser fortement la croissance économique dans le monde. Il a cependant ajouté que les États-Unis auraient besoin d'avoir une meilleure idée de ce qu'ils pouvaient espérer retirer de ces négociations et de ce qu'on attendait qu'elles donnent en échange. « Pour notre pays, a-t-il dit, il s'agit que nos agriculteurs, nos éleveurs, nos industriels et nos fournisseurs de services aient un large accès aux marchés mondiaux. »
Si certains doutent des vertus du libre-échange, M. Kirk a déclaré que les États-Unis comptaient veiller à ce que les autres pays respectent leurs engagements. « Nous utiliserons tous les moyens dont nous disposons pour nous attaquer aux obstacles au commerce. Le renforcement de l'application des règles commerciales vise à ouvrir les marchés et non à les fermer. »
En 2008, les exportations commerciales des États-Unis ont représenté en 2008 un pourcentage record du produit intérieur brut (PIB) du pays, à savoir 13 %. Au cours des trois années précédant la crise économique actuelle, 47 % de la croissance du PIB américain ont été dus à l'augmentation des exportations, a dit M. Kirk.
Depuis le début de la crise actuelle, les exportations des États-Unis ont diminué de 16 %, tandis que le chômage a augmenté, a-t-il fait remarquer.
Les avantages du commerce sont durables et touchent tous les secteurs de l'économie américaine, a-t-il expliqué en donnant les exemples suivants :
- 1 emploi sur 6 dans le secteur industriel dépend des exportations ;
- 1 million d'emplois dépendent des exportations agricoles ;
- 8 emplois sur 10 sont dans le secteur des services, et l'accroissement des échanges commerciaux est susceptible de créer d'autres emplois dans ce secteur ;
- 97 % des entreprises exportatrices des États-Unis comptent moins de 500 salariés ;
- les emplois dans les entreprises exportatrices de biens ont une rémunération supérieure de 13 à 18 % à la moyenne nationale.
On peut à raison dire que le commerce extérieur crée non seulement des emplois, mais aussi les emplois mieux rémunérés que les Américains souhaitent et dont ils ont besoin à l'heure actuelle, a-t-il dit.
Quelques jours auparavant, M. Kirk avait déclaré lors d'une conférence de presse que le président Obama estimait qu'il était possible de renforcer l'Accord de libre-échange nord-américain sans devoir le renégocier avec le Canada et le Mexique, qui sont les plus grands partenaires commerciaux des États-Unis. Au cours de sa campagne électorale, M. Obama avait indiqué vouloir rendre plus strictes les normes de protection des travailleurs et de l'environnement prévues dans cet accord commercial.
Enfin, M. Kirk a précisé que le gouvernement Obama souhaitait que le Congrès ratifie les accords bilatéraux de libre-échange conclus avec la Colombie, le Panama et la Corée du Sud.