31 mars 2009
Le vice-président Biden communique la stratégie de redressement de la Maison-Blanche à des dirigeants des Amériques.

Washington - Les États-Unis souhaitent inaugurer une nouvelle ère de relations avec leurs voisins des Amériques, à commencer par une stratégie commune face à la crise financière internationale, a dit le vice-président Joe Biden.
« Nous souhaitons sincèrement collaborer. Nous souhaitons sincèrement engager des consultations. Nous souhaitons sincèrement savoir ce que les autres pensent », a affirmé M. Biden aux dirigeants rassemblés le 28 mars à Vina del Mar, au Chili, pour la Conférence sur la gouvernance progressiste. « Nous ne cherchons pas à être la locomotive qui résoudra les problèmes ; nous cherchons simplement à nous joindre à vous pour travailler ensemble à la solution des problèmes. »
Cette réunion a eu lieu à la veille du sommet du G20 qui se tiendra à Londres les 2 et 3 avril, et où le président Obama se joindra à d'autres chefs d'État pour discuter des mesures immédiates à adopter pour relancer l'économie mondiale, confrontée aux défis les plus graves depuis la grande crise des années 1930.
« C'est seulement en œuvrant de concert que nos pays pourront surmonter les difficultés auxquelles nous avons à faire face », a indiqué M. Biden dans un article d'opinion publié le 27 mars dans plusieurs grands quotidiens de l'Amérique latine. « Aujourd'hui, nous ne sommes pas seulement quelques pays indépendants qui se trouvent par hasard du même côté du globe. Dans notre monde contemporain imbriqué, nous sommes tous voisins, confrontés à de nombreuses préoccupations communes. »
S'exprimant devant les personnalités réunies à conférence, M. Biden a présenté les initiatives lancées par le gouvernement Obama en vue de relever les défis économiques nationaux dont il a hérité à son entrée en fonction. Étant donné que jusqu'à 25 % du produit intérieur brut mondial provient des États-Unis, M. Biden a souligné que la reprise économique de ce pays contribuerait de manière significative à l'amélioration de la situation aux Amériques, de même qu'à la solution de la crise économique mondiale.
M. Biden a convenu avec les dirigeants de l'Amérique latine et de l'Europe réunis au Chili de la nécessité d'établir « un nouveau code de la route » pour réduire les risques pesant sur le système financier, mais il a mis en garde contre un excès de ces réglementations qui pourrait porter tort aux marchés sains et ralentir la relance.
« À mon avis, il ne s'agit pas d'un choix entre marchés et gouvernements. Un libre marché doit toujours pouvoir fonctionner », a affirmé M. Biden.
Aux États-Unis, une gouvernance progressiste en temps de crise économique signifie qu'un plan de relance à hauteur de 787 milliards de dollars a été récemment adopté, a souligné M. Biden qui a été chargé de superviser cette initiative. Celle-ci, dit-il, pourrait créer ou préserver 3,5 millions d'emplois au cours des 18 mois prochains grâce à des investissements gouvernementaux ciblés. Un grand nombre de ces investissements contribueront à atteindre d'autres objectifs du gouvernement en mettant au point des sources d'énergie de substitution, en améliorant l'infrastructure du pays et en préparant la voie à une réforme fondamentale du secteur de la santé publique.
Parallèlement au plan de relance économique, le gouvernement Obama a entamé une opération de secours du système financier visant à redémarrer le flux des crédits, rétablir la confiance dans les banques en injectant des capitaux et en les aidant à débarrasser leurs bilans d'actifs toxiques, et à introduire de nouvelles réglementations pour contrôler les investissements spéculatifs qui ont contribué à la crise actuelle.
Des mesures supplémentaires pour remédier à la situation des hypothèques, de même que la proposition d'un budget de 3,7 billions (mille milliards) de dollars, sont les autres aspects du plan du gouvernement Obama, a indiqué M. Biden. Le but essentiel de ce plan est d'établir la voie qui mènera à un avenir économique plus durable.
« La solidarité n'est pas une option », a précisé M. Biden. « Il n'est pas seulement question d'avoir un dispositif social pour les personnes en difficulté ; nous voulons établir les fondements d'une nouvelle économie pour que la prospérité puisse être partagée à grande échelle. »
Le voyage de M. Biden a compris une étape au Costa Rica où il s'est entretenu avec le président Oscar Arias et plusieurs dirigeants d'Amérique latine à l'approche de la participation du président Obama au sommet des Amériques qui se tiendra du 17 au 19 avril à Port of Spain, capitale de Trinité-et-Tobago.