25 mars 2009
Transcription de sa déclaration liminaire
(Début de la transcription)
La Maison-Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Pour diffusion immédiate
Le mardi 24 mars 2009
Conférence de presse du président Barack Obama
Le président - Bonjour tout le monde. Je vous en prie, asseyez-vous.
Bonsoir. Avant de répondre aux questions des correspondants, je tiens à faire le point pour tous ceux qui nous regardent ce soir des mesures que nous sommes en train de prendre pour sortir cette économie de la récession et la replacer sur la voie de la relance et, au bout du compte, de la prospérité.
Il est important de se souvenir que cette crise ne s'est pas déclenchée en un jour, et qu'elle n'est pas le résultat d'une action ou d'une décision unique. Il a fallu de nombreuses années et de nombreux échecs pour nous mettre dans ce pétrin, et il faudra de nombreux mois et de multiples solutions pour nous en sortir. Il n'existe ni remède rapide, ni formule magique.
C'est pourquoi j'ai mis en place une stratégie globale visant à attaquer cette crise sur tous les fronts. C'est une stratégie qui vise à créer des emplois, à aider les propriétaires responsables, à relancer le crédit et à développer notre économie à long terme. Et nous commençons déjà à voir des signes de progrès.
La première mesure que nous avons prise a été de promulguer un plan de relance visant à stimuler la création d'emplois et à remettre de l'argent dans la poche des gens. Ce plan a déjà sauvé des emplois d'enseignants et de policiers. Il est en train de créer des emplois dans la réfection de routes et de ponts, et hier j'ai rencontré un homme dont l'entreprise est en train de rouvrir une usine dans la banlieue de Pittsburg. Il réembauche des travailleurs pour fabriquer des fenêtres qui comptent parmi les plus isolantes du monde. Ce plan offrira en outre une baisse d'impôts à 95 % des familles actives, baisse qui sera reflétée sur leur bulletin de paie dès le 1er avril.
La seconde mesure que nous avons prise a été de lancer un plan de stabilisation du marché de l'immobilier. Il s'agit également d'aider les propriétaires raisonnables à conserver leur bien. Ce plan est l'une des raisons pour lesquelles les taux d'intérêt sur les hypothèques sont tombés à un seuil quasi historique. Nous avons déjà constaté une reprise du financement de certaines hypothèques parce que les acheteurs ont profité de la faiblesse des taux. Et chaque Américain devrait savoir que jusqu'à 40 % de toutes les hypothèques peuvent désormais bénéficier d'une renégociation. Cela équivaut à une autre baisse d'impôt. Et pour la première fois depuis longtemps, nous commençons à déceler des signes de reprise des ventes et d'une stabilisation du prix de l'immobilier.
Le troisième volet de notre stratégie est la relance du crédit pour les familles et les entreprises. À cette fin, nous avons lancé un programme visant à soutenir le marché afin d'offrir des prêts plus abordables pour l'achat d'automobiles et le financement d'études, ainsi que pour les petites entreprises. Cela a déjà permis de débloquer plus de prêts au cours de la semaine passée que durant les quatre derniers mois. Hier, le ministre [des finances] Geithner a dévoilé un plan qui associera les ressources de l'État et les investissements privés pour racheter les avoirs qui empêchent les banques de prêter de l'argent. Dans les semaines à venir, nous allons continuer de faire tout ce qui est nécessaire pour nous assurer que les banques dont dépendent les Américains ont l'argent nécessaire pour prêter, même si la situation économique s'aggrave.
Enfin, le volet le plus critique de notre stratégie est de nous assurer de ne jamais plus retomber dans un cycle de surchauffe et de récession dans ce pays. Nous savons qu'une économie fondée sur la spéculation imprudente, le gonflement du prix de l'immobilier et l'utilisation effrénée des cartes de crédit ne peut créer de richesse durable. Elle ne crée qu'une illusion de prospérité, et cela nous a tous mis en danger.
Le budget que j'ai soumis au Congrès va bâtir notre relance économique sur une fondation plus solide afin d'éviter le retour du même genre de crise dans dix ou vingt ans. Nous voulons investir dans des sources renouvelables d'énergie qui déboucheront sur la création d'emplois et d'entreprises, et sur la réduction de notre dépendance vis-à-vis du pétrole étranger. Nous investissons dans nos écoles et nos enseignants afin que nos enfants acquièrent les compétences nécessaires pour concurrencer les autres travailleurs du monde. Nous investissons dans des réformes qui réduiront le prix des soins médicaux pour les familles, les entreprises et notre gouvernement. Enfin, dans ce budget, nous devons faire les choix nécessaires et difficiles pour réduire de moitié notre déficit d'ici à la fin de mon premier mandat - et cela même dans le contexte des estimations les plus pessimistes.
Au bout du compte, ce n'est pas avec un budget qui poursuivrait les politiques qui nous ont conduit à une prospérité étroite et à une dette massive que nous réduirons notre déficit à long terme. Il nous faut au contraire un budget qui débouche sur une vaste croissance économique en nous éloignant d'une ère d'emprunt et de dépense pour nous rapprocher d'une ère d'épargne et d'investissement.
C'est ce que feront les entreprises et les emplois dans le domaine de l'énergie propre dans tous les États-Unis. C'est ce qu'une main-d'œuvre très spécialisée peut faire dans tout le pays. C'est ce qu'un système de santé efficace qui limite les coûts et les programmes sociaux comme Medicare et Medicaid peut faire. Et c'est pourquoi ce budget est indissociable de la relance - il crée la fondation d'une prospérité fiable et durable.
Il reste encore du chemin à parcourir vers la prospérité, et nous ne manquerons pas de buter sur des obstacles et de subir des revers. Mais nous devons nous souvenir que nous pouvons y arriver si nous parcourons ce chemin ensemble - comme un peuple uni. Vous le savez, la semaine dernière, il y a eu beaucoup de colère et d'accusations, et c'est en grande partie compréhensible. Moi aussi, je suis en colère contre ces primes qui ont été versées à certains des individus qui ont entraîné la perte du système financier - en partie parce que c'est un autre symptôme de la culture qui nous nous a amenés où nous en sommes.
Mais l'une des leçons les plus importantes à tirer de cette crise est que notre économie ne fonctionne que si nous reconnaissons que nous sommes tous dans le même bateau - que nous avons tous des responsabilités les uns envers les autres et envers notre pays. Les banquiers et les cadres de Wall Street doivent comprendre que leur enrichissement personnel sur le dos du contribuable est inacceptable ; que les jours des récompenses grandioses et de la spéculation effrénée qui nous menace tous sont révolus.
Dans le même temps, nous autres devons comprendre que nous ne pouvons pas nous permettre de diaboliser chaque investisseur ou chaque homme d'affaires qui cherche à faire des bénéfices. Cette motivation est toujours ce qui a alimenté notre prospérité, et c'est ce qui, en fin de compte, pousse ces banques à prêter et notre économie à reprendre.
Nous nous remettrons de cette récession, mais il faudra du temps et de la patience, et ne pas perdre de vue le fait que lorsque nous travaillons tous la main dans la main, lorsque chacun de nous regarde au-delà de ses propres intérêts à court terme pour tenir compte de ses obligations vis-à-vis des autres, c'est alors que nous réussissons et que nous prospérons. Et c'est ce dont nous avons besoin en ce moment. Alors tournons-nous vers l'avenir avec un sentiment renouvelé de résolution, de détermination et, par-dessus tout, de confiance dans la venue de jours meilleurs.
(Fin de la transcription)