20 mars 2009
L'acquisition en masse de titres dépasse de loin les initiatives précédentes.

Washington - Avec son taux d'intérêt directeur aux alentours de zéro, la Réserve fédérale - la banque centrale des États-Unis - a eu recours à des mesures inhabituelles pour tenter de relancer l'économie par l'injection de plus d'un billion (mille milliards) de dollars dans le système financier en souffrance.
La banque centrale a annoncé le 18 mars qu'elle s'apprêtait à acquérir des obligations adossées à l'immobilier à hauteur de 750 milliards de dollars et des bons du Trésor d'une valeur de 300 milliards de dollars pour réduire le coût des prêts à l'immobilier de même que les taux d'intérêt à long terme.
La Réserve utilise normalement son taux d'intérêt directeur - le taux sur les fonds fédéraux - pour réguler l'offre des fonds disponibles à l'économie. Cependant, ayant réduit ce taux à virtuellement zéro, elle n'avait aucune autre option à part celle d'adopter des mesures exceptionnelles pour relancer le marché du crédit et alléger l'impact de la récession.
Tout au long de 2008, la banque centrale a mis en œuvre une politique inhabituelle pour répondre à la crise financière internationale et à la récession que celle-ci avait engendrée. Depuis septembre de l'an dernier, les programmes de prêt de la « Fed » ont doublé son bilan, passant de 900 milliards à 1,8 billion de dollars. Mais l'étendue et la taille de sa toute dernière intervention sur le marché dépassent de très loin toute mesure adoptée à ce jour. Les initiatives que la banque a annoncées le 18 mars porteront à 3 billions de dollars le total de ses achats. Et elle imprimera de l'argent supplémentaire pour le faire.
Dans un communiqué, la Réserve fédérale a indiqué que l'économie des États-Unis continuerait à se contracter et a qualifié de « médiocres » les perspectives à court terme.
Le communiqué précise que la banque centrale gardera le taux d'intérêt sur les fonds fédéraux entre zéro et 0,25, ajoutant qu'il demeura vraisemblablement à ce niveau pour « une période prolongée ».
Après l'annonce de cette décision, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles a enregistré une hausse de 91 points et les taux de rendement sur les bons à long terme du Trésor ont marqué une baisse significative. Selon les analystes du marché, les taux d'intérêt des prêts à l'immobilier devraient bientôt baisser.
Bien que les mesures adoptées par la banque centrale puissent alléger et abréger la récession, elles comportent, de l'avis des analystes, certains risques. La valeur du dollar américain a enregistré une baisse sévère, les marchés s'attendant à être inondés de nouvelles quantités de cette monnaie. Le dollar était pourtant en hausse au cours des dernières semaines par rapport aux autres devises principales alors que les investisseurs internationaux trouvaient séduisante la sécurité relative des obligations en dollars tels les bons du Trésor. Un autre risque, mais moins immédiat en l'occurrence, est lié à la capacité de la Réserve fédérale de retirer cet argent supplémentaire du système financier une fois que l'économie serait relancée. Si la banque centrale ne vend pas judicieusement ces massives obligations, elle pourrait provoquer une inflation galopante.