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10 mars 2009

Les pays en développement se heurtent à une pénurie croissante de capitaux

Les prévisions de la Banque mondiale

 
Robert Zoellick en février
Le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick lors d'une conférence économique en 2009.

Washington - Quelques semaines avant la réunion du groupe des Vingt (G20) à Londres, la Banque mondiale a rendu publiques des prévisions indiquant que les pays en développement qui n'avaient pas accès à des sources suffisantes de crédit allaient connaître une pénurie de capitaux de l'ordre de 270 milliards de dollars à 700 milliards cette année.

Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des États membres du G20 doivent se réunir les 14 et 15 mars à Londres, trois semaines avant la réunion, également à Londres, des chefs d'État et de gouvernement de ces mêmes États, qui portera sur la direction à prendre pour faire face à la récession économique mondiale qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Le président Obama assistera à la réunion du 2 avril avant de se rendre à Strasbourg (France) et à Kehl (Allemagne) pour assister les 3 et 4 avril à la célébration du soixantième anniversaire de la création de l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord (OTAN).

« Les institutions financières internationales ne peuvent pas couvrir la pénurie de capitaux - qui comprend la dette publique et privée et les déficits commerciaux - pour 129 pays » en développement, a indiqué la Banque mondiale le 8 mars à Washington.

« Il nous faut », a souligné son président, M. Robert Zoellick, « faire face en temps réel à une crise croissante qui frappe les habitants des pays en développement. Nous devons faire des investissements dans la protection sociale, dans l'infrastructure et dans les petites et moyennes entreprises afin de créer des emplois et d'éviter des troubles sociaux et politiques. »

Les économistes de la Banque mondiale ont fait remarquer qu'il était probable que l'ensemble de l'économie mondiale subisse une contraction cette année pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon les prévisions de la Banque mondiale, la production industrielle dans le monde pourrait être au milieu de 2009 de 15 % inférieure à celle de 2008. Le commerce mondial semble devoir enregistrer en 2009 sa plus forte baisse depuis quatre-vingts ans, notamment en Extrême-Orient.

Les pays en développement perdent leur accès au crédit ; seulement un quart d'entre eux ont les moyens de financer des mesures destinées à amortir le ralentissement de l'activité économique, notamment en créant des emplois et en mettant en place des filets de protection sociale.

« La crise financière aura des implications de longue durée pour les pays en développement. Les émissions de titres de créance par les pays à revenu élevé vont augmenter considérablement, évinçant de nombreux emprunteurs des pays en développement, qu'il s'agisse du secteur public ou du secteur privé. »

Lors de la conférence sur le développement qui s'est tenue à Londres le 9 mars, le directeur général de la Banque mondiale, M. Ngozi Okonjo-Iweala, a déclaré : « Depuis que cette crise a commencé, les habitants des pays en développement, en particulier de ceux situés en Afrique, ne sont que de simples spectateurs qui n'ont pas d'autre choix que d'en subir les conséquences. »

Selon la Banque mondiale, 94 des 116 pays en développement connaissent un ralentissement de leur activité économique et 43 d'entre eux comptent un grand nombre de pauvres.

« Jusqu'ici, les secteurs les plus touchés sont ceux qui étaient les plus dynamiques, en général les entreprises à vocation exportatrice situées dans les villes, le secteur du bâtiment, le secteur minier et le secteur industriel. »

Les pays en développement sont frappés de plein fouet par la chute rapide des cours d'un grand nombre de produits de base, par la diminution de la croissance du commerce mondial, par la disparition du crédit et des moyens de financement du commerce.

L'économiste en chef de la Banque mondiale, M. Justin Yifu Lin, estime que les pays industriels devraient consacrer une partie de leur plan de relance aux pays en développement. « Il est clair, a-t-il dit, que les pays riches qui sont à l'épicentre de la crise doivent injecter dans leur économie des fonds d'origine budgétaire, mais les investissements dans l'infrastructure des pays en développement qui sont susceptibles de supprimer les obstacles à la croissance et de rétablir rapidement la demande peuvent avoir beaucoup plus d'effets et devraient être un élément essentiel de la reprise de l'activité économique. »

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