04 mars 2009
Propos de MM. Bernanke et Geithner devant des commissions parlementaires

Washington - L'efficacité des mesures prises par la Réserve fédérale, par le ministère des finances et par d'autres organismes fédéraux en vue de rétablir la stabilité dans le secteur financier déterminera en grande partie la rapidité du redressement économique et son ampleur, a déclaré le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, le 3 mars devant la commission sénatoriale du budget.
« Il vaut mieux, a-t-il dit, agir activement à l'heure actuelle pour résoudre nos problèmes économiques. Sinon nous pourrions avoir une longue période de stagnation économique qui ne ferait que contribuer à une aggravation de la situation budgétaire et qui entraînerait également une réduction de la production, de l'emploi et des revenus pendant longtemps. »
À la suite des mesures récentes visant à stabiliser le secteur financier et à relancer l'activité économique, le gouvernement Obama a soumis au Congrès un projet de budget pour 2009 qui prévoit un déficit budgétaire d'environ 1,8 billion (1.800 milliards de dollars) de dollars cette année et de quelque 1 billion de dollars en 2010 et également en 2011. C'est la première fois depuis les années 1950 que ce déficit représentera 60 % du produit intérieur brut du pays, au lieu de 40 % l'année précédente.
« Notre économie et nos marchés financiers, a dit M. Bernanke, se heurtent à des problèmes extraordinaires, et si les responsables ne s'attaquaient pas en temps opportun à ces problèmes, il est probable que les conséquences seraient d'autant plus grandes. Toutes choses considérées, c'est là quelque chose que nous tous aurions préféré éviter. »
La contraction de l'activité économique aux États-Unis a été de 6,2 % pendant le dernier trimestre de 2008, et les économistes de la Réserve fédérale s'attendent à une nouvelle contraction pendant le premier semestre de l'année en cours. « Les indicateurs pour le court terme ne montrent guère d'amélioration », a-t-il fait remarquer.
En janvier, les entreprises américaines ont licencié quelque 600.000 salariés, ce qui représente le même nombre qu'en novembre et en décembre 2008. Il s'en est suivi une forte réduction du revenu et des dépenses des ménages.
« L'objectif du projet de budget n'est pas seulement de relancer l'économie, mais aussi de poser les fondements d'une reprise durable de grande ampleur. » Il est peu probable que la reprise sera durable si le secteur financier ne connaît pas un certain degré de stabilité. Il faut faire davantage même si on a fait des progrès dans ce domaine depuis l'automne, a souligné M. Bernanke.
Le 3 mars, le président Obama s'est entretenu à la Maison-Blanche avec le premier ministre britannique, M. Gordon Brown, de la crise économique mondiale et des mesures qui seront envisagées lors de la prochaine conférence du G20 à Londres, le 2 avril. M. Brown, qui présidera cette conférence, a déclaré qu'elle était essentielle à l'amélioration de la confiance dans le domaine économique à travers le monde. Le 4 mars, il doit prendre la parole devant le Congrès et inciter les États-Unis à ne pas s'orienter vers le protectionnisme face au ralentissement de l'activité économique mondiale.
M. Bernanke a indiqué que la production industrielle des États-Unis en janvier avait été la plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale. « Vu la faiblesse de la situation économique actuelle, de nombreuses entreprises ont, semble-t-il, réduit considérablement leurs projets d'investissement. En outre, les exportations, qui avaient heureusement compensé la faiblesse de la demande intérieure jusqu'au milieu de 2008, ont diminué fortement pendant les derniers mois de l'année, et les nouvelles actuelles laissent penser que la contraction de l'activité économique à l'étranger est générale. »
Les mesures prises par la Réserve fédérale, par d'autres organismes fédéraux et par des États étrangers ont contribué à l'amélioration de la situation sur certains marchés financiers, a-t-il dit. En particulier, le financement à court terme est devenu plus facile depuis la baisse de certains taux d'intérêt cet automne.
Le fait que de nombreuses entreprises ont réussi à réduire leurs stocks ces derniers mois constitue aussi une bonne nouvelle.
Pour sa part, le ministre des finances, M. Timothy Geithner, a déclaré devant la même commission parlementaire, le 3 mars, que le secteur financier contribuait à l'aggravation de la récession parce qu'il ne pouvait pas fournir le crédit nécessaire à la reprise.
« On peut constater dans tous les États-Unis, a-t-il dit, que des ménages ont des difficultés à obtenir le crédit dont ils ont besoin pour acquérir un logement ou une voiture et que les entreprises ont aussi des difficultés de trésorerie pour payer leurs salariés. »
Le gouvernement Obama a adopté plusieurs mesures simultanément, notamment un plan de relance qui prévoit un ensemble d'investissements précis et de réductions d'impôt destinés à remettre au travail les Américains et à accélérer la croissance économique.
Afin de favoriser le crédit à la consommation (automobiles, enseignement, cartes de crédit, etc.) et d'aider les petites et moyennes entreprises en cette période de resserrement du crédit, la Réserve fédérale a annoncé, le 3 mars, un programme d'un montant de 200 milliards de dollars.
En outre, le gouvernement Obama a lancé un programme destiné à faciliter l'accession à la propriété d'un logement ou le refinancement d'un prêt hypothécaire en encourageant une baisse des taux de crédit hypothécaire.