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30 juin 2009

Les nouvelles technologies et l'économie africaine

 
Une Kéyane parle au téléphone tandis qu'elle vend des pastèques
Une vendeuse de pastèques au Kénya parle sur son téléphone mobile. Les téléphones mobiles sont de plus en plus utilisés en Afrique.

Washington - Les Africains de tout le continent entreprennent rapidement d'allier les techniques de pointe à leurs coutumes locales pour y renforcer l'infrastructure et l'économie, convaincus qu'à l'aide des technologies de l'information et de la communication (TIC), telles que les téléphones portables et l'Internet, il leur est de plus en plus facile et meilleur marché de gérer leurs affaires et de faire du commerce, a indiqué Mme Sala Patterson, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Mme Patterson et des représentants de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), de la Banque africaine de développement et de l'association Africare ont participé à une table ronde avec deux parlementaires américains, MM. Donald Payne et Charles Rangel, et avec l'ambassadeur de la Commission européenne, M. John Bruton, le 18 juin, dans les locaux du Congrès. Cette table ronde a porté sur une étude intitulée Perspectives économiques en Afrique.

En Afrique, où les réseaux de télécommunications sont encore peu importants, les choses commencent à changer, a dit M. Payne. Les nouvelles TIC, telles que les messages texto, jouent maintenant un rôle plus grand que les vieux réseaux de télécommunications qui se heurtent à des obstacles d'ordre géographique et politique.

Elles permettent aux Africains d'avoir accès à des informations relatives à la santé et à l'agriculture et à des services comme les services bancaires électroniques et à entrer en relation plus efficacement avec le reste du monde.

Des sociétés européennes telles que Vodafone (Royaume-Uni) ainsi que Vivendi et Orange (France) consacrent une grande attention au marché africain, où déjà 40 % des Africains possèdent un téléphone portable. Ce pourcentage atteint cependant près de 100 % en Europe, a indiqué une économiste de l'OCDE, Mme Laura Recuero-Virto. Les sociétés Nokia, Intel et Microsoft investissent aussi dans le secteur des TIC en Afrique.

Selon une directrice de recherche de la Banque africaine de développement, Mme Leonce Ndikumana, le taux de croissance économique de l'Afrique ne devrait être que de 3 % en 2009, contre 6 % l'année précédente. Un rapport cité dans l'étude sur les perspectives économiques en Afrique montre que l'usage croissant des TIC dans ce continent contribue à soutenir certaines parties de l'économie africaine en cette période de troubles économiques.

Par exemple, les téléphones portables au Niger, l'un des pays africains les plus pauvres, servent de plus en plus à la commercialisation des produits agricoles. Les agriculteurs peuvent envoyer des messages texto et se brancher sur l'Internet pour entrer en communication avec les marchés environnants et trouver le meilleur prix pour leurs produits, ce qui a contribué à réduire les prix et à permettre aux agriculteurs de transporter leurs produits là où ils sont le plus nécessaires et là où c'est le plus rentable.

Les services bancaires électroniques permettent aussi aux communes africaines de faire face à la récession et de diminuer les frais de virement de fonds. Alors qu'un virement de 1.000 shillings (environ 13 dollars) par l'intermédiaire de la société Western Union coûte au Kénya 500 shillings, il n'est que de 30 à 75 shillings (moins de 1 dollar) avec M-Pesa, le nouveau service de virement entre téléphones portables. Les frais réduits de virement exigés par M-Pesa font que ce service a attiré 5 millions d'usagers depuis deux ans. M-Pesa cherche à étendre ses activités en Afrique de l'Est et en Afghanistan.

L'Afrique se heurte encore à des problèmes en ce qui concerne l'accès à l'Internet et l'infrastructure technique. Selon les participants à la table ronde, moins de 7 % des Africains ont accès à l'Internet, et cet accès est peu commode et cher. Par ailleurs, l'absence de concurrence entre les fournisseurs a entraîné des coûts exorbitants.

Toutefois, a indiqué Mme Patterson, les réseaux à haut débit devraient devenir plus courants en Afrique au fur et à mesure que l'infrastructure s'étendra. On espère qu'un réseau de câbles à fibre optique pourra relier toutes les grandes zones métropolitaines de l'Afrique en 2012.

À cet effet, la participation des pouvoirs publics sera extrêmement importante si l'on veut que les consommateurs puissent bénéficier de la baisse de prix et que les TIC soient intégrées dans le développement général de l'infrastructure.

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