17 juin 2009

Washington - Le groupe des huit grands pays industriels (G8) se réunira à L'Aquila (Italie) du 8 au 10 juillet. Cette 35e réunion annuelle se tiendra dans une période exceptionnelle de transition de l'économie mondiale.
« La force de la tempête économique diminue. On observe des signes encourageants de stabilisation dans de nombreux pays », a déclaré le ministre américain des finances, M. Timothy Geithner, le 13 juin, lors des travaux préparatoires des ministres des finances organisés en prévision de la réunion de L'Aquila. « L'amélioration de la situation est due au pouvoir de la coopération », a-t-il souligné.
À la Maison-Blanche le 15 juin, le président Obama a eu avec le premier ministre italien, M. Silvio Berlusconi, un entretien au cours duquel les deux hommes se sont penchés sur l'ordre du jour de cette réunion au sommet. Un domaine sur lequel les grandes puissances économiques se concentreront est l'établissement de règles communes en matière de transparence, des modalités d'emprunt et d'autres mesures susceptibles de mieux réglementer le système financier mondial.
En outre, M. Obama a déclaré que les chefs d'État et de gouvernement du G8 aborderaient la question de la sécurité alimentaire afin de déterminer comment leurs pays pourraient aider les États en proie à une très grande pauvreté. Pour sa part, M. Berlusconi a indiqué que la sécurité et l'aide alimentaires seraient examinées en détail, tout en faisant l'éloge des États-Unis pour le rôle de premier plan qu'ils jouaient en vue d'accroître l'aide alimentaire mondiale. De plus, a-t-il dit, les changements climatiques et la sécurité énergétique seront à l'ordre du jour de la réunion.
Cette année, le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, M. Pascal Lamy, a été invité à assister à la réunion du G8 en vue de favoriser la reprise des négociations commerciales dites de Doha qui sont dans l'impasse depuis plusieurs mois. Ces négociations portent sur l'élargissement des échanges commerciaux grâce à la réduction des obstacles au commerce et des subventions.
Historique
C'est la France qui a créé en 1975 le premier groupe des six grands pays industriels de l'hémisphère Nord (l'Allemagne de l'Ouest, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni) à la suite de la crise pétrolière de 1973 et de la récession mondiale qui s'en est suivie.
Le président de la République française, M. Valéry Giscard d'Estaing, a invité les dirigeants des cinq autres pays à participer à une réunion au château de Rambouillet. Lors de cette réunion, les chefs d'État et de gouvernement ont décidé de tenir une réunion annuelle et de l'organiser à tour de rôle dans leurs pays respectifs.
Le Canada s'est joint en 1976 à ce groupe qui est alors devenu le G7, et la Russie en est devenue membre en 1997, ce qui a porté le nombre des États participants à huit (G8). L'Union européenne y est également représentée.
Fonctionnement
Les ministres des États membres du G8 se réunissent à de multiples reprises au cours de l'année. Les ministres des finances ont quatre réunions annuelles, alors que les ministres des affaires étrangères et les ministres de l'environnement se réunissent moins fréquemment.
Il incombe au pays qui organise la réunion annuelle et qui la préside de préparer son ordre du jour en consultation avec les autres États membres et de fixer le nombre des réunions ministérielles.
Ces dernières années, certains États membres ont préconisé d'augmenter le nombre des participants, et six autres pays (l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Égypte, l'Inde et le Mexique) participent maintenant aux réunions du G8 sans en être membres. Cette année, l'Australie, la Corée du Sud, le Danemark, l'Espagne, l'Indonésie et les Pays-Bas se joindront à eux.
M. Berlusconi, qui assurera la présidence de la réunion de L'Aquila, a indiqué que des représentants d'un certain nombre d'organisations internationales, dont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, de l'Union africaine et de certains États africains y assisteraient également. « Nous allons aborder la question du développement du continent africain et celle de la sous-alimentation dans cette partie du monde », a-t-il dit.
Contrairement à la plupart des organisations internationales, telles que l'ONU et l'OTAN, le G8 n'a pas de personnel administratif, de siège social ni même d'adresse postale. Il demeure un groupe non structuré qui accorde une grande importance à la coopération et à la coordination.
La réunion au sommet de cette année va se tenir à une centaine de kilomètres de Rome, dans la petite ville de L'Aquila où un grave séisme a eu lieu en avril. Le gouvernement italien a décidé de l'organiser dans cette ville, au lieu de La Maddelena (Sardaigne) comme il était prévu à l'origine, afin d'en faire un symbole de la reconstruction de cette ville et de la région environnante des Abruzzes.