11 juin 2009
Nouveau rapport de la Chambre de commerce des États-Unis
Washington - L'Afrique se heurte à la concurrence d'autres parties du monde pour l'obtention de capitaux américains aux fins d'investissement, mais de nombreuses sociétés américaines considèrent ce continent comme un marché que l'on ne peut pas laisser de côté.
Ce sont là deux des grands points qui ressortent d'un récent rapport (A Conversation Behind Closed Doors : Inside the Boardroom. How Corporate America Really Views Africa) de la Chambre de commerce des États-Unis sur la façon dont les sociétés américaines considèrent l'Afrique.
Les auteurs de ce rapport ont effectué un sondage auprès de dirigeants de 30 grandes sociétés de divers secteurs tels que l'aérospatiale, le secteur médical, les médias et les transports, en leur garantissant l'anonymat. La Chambre de commerce des États-Unis est la plus grande association professionnelle du monde ; elle représente plus de 3 millions d'entreprises (petites, moyennes et grandes) de toutes les branches d'activité et de toutes les régions des États-Unis, ainsi que 112 chambres de commerce américaines situées dans 99 pays.
La concurrence entre les pays étrangers pour obtenir des investissements directs américains est forte, souligne le rapport. « Des pays de tous les continents présentent leurs avantages, adaptent leurs offres aux besoins des sociétés américaines, réclament à cor et à cri une attention et investissent dans leur propre territoire pour attirer des investissements supplémentaires. En conséquence, les sociétés américaines ne manquent pas de choix pour investir et considèrent rarement les pays africains. »
En effet, les médias américains ne font souvent état que des troubles qui se produisent dans le continent africain. En outre, « l'Afrique ne joue pas un rôle assez actif pour attirer les investissements ; la voix des quelques pays qui font des efforts à cet effet est perdue au milieu des bruits environnants à caractère négatif. »
Les auteurs du rapport soulignent cependant que certains pays africains font des efforts particuliers pour aider les pays étrangers qui investissent en Afrique. Ils font l'éloge en particulier du gouvernement nigérian qui a des rapports réguliers avec les dirigeants de sociétés étrangères pour les aider à remplir les formalités lourdes et souvent inutiles exigées par les pouvoirs publics au niveau local.
« Les sociétés américaines ont besoin d'être fortement attirées par l'Afrique dans un domaine donné pour que leurs investissements vaillent la peine. Ce peut être la possibilité d'un marché dynamique ou l'idée qu'il existe un avantage à se placer de bonne heure sur les marchés africains. Le sondage montre que peu de ces éléments existent ou qu'ils ne sont pas suffisamment forts pour attirer ces sociétés dans un avenir proche. »
Accentuer les éléments positifs et supprimer les éléments négatifs
Les résultats de cette étude ont permis de définir plusieurs grands facteurs qui influencent et attirent les investissements directs à l'étranger :
• un État de droit doté d'un appareil judiciaire indépendant qui puisse régler tous les litiges d'une manière impartiale,
• un climat favorable aux investissements créé par la réduction des obstacles au commerce et par l'encouragement de la libre circulation des personnes et des biens,
• la possibilité que les avantages soient supérieurs aux risques pris par les investisseurs,
• enfin, un cadre économique favorable, une bonne infrastructure en matière de transports et de télécommunications, une main-d'œuvre compétente ou susceptible d'être formée, ainsi que des pratiques équitables en matière de commerce, d'investissement et d'emploi.
Les entraves aux investissements cités dans le rapport comprennent la perception que de nombreux pays africains sont en proie à des difficultés, telles qu'un climat peu propice aux investissements et la corruption, et qu'ils n'ont pas apparemment la volonté politique d'y mettre fin. En outre, « les dirigeants d'entreprise ne sont pas convaincus que le fait de ne pas investir dans des pays africains constituent un inconvénient en matière de concurrence » et ils hésitent donc à y investir.
Le rapport de la Chambre de commerce des États-Unis se fonde sur les résultats d'un sondage effectué auprès du secteur privé et constitue le premier de deux destinés à porter sur le climat en Afrique sous l'angle des investissements. Le second se fondera sur les résultats d'un sondage effectué auprès du secteur public et sera réalisé au cours des prochains mois.
L'Afrique, dont les habitants parlent un millier de langues, compte 14 % de la population mondiale, 53 pays, couvre 20 % de la superficie terrestre et possède quelque 30 % des réserves de minerais du monde. Malgré cela, les investissements des entreprises américaines en Afrique subsaharienne représentent un tout petit pourcentage de l'ensemble de leurs investissements dans le monde, indique un rapport que le Service de recherche du Congrès a soumis aux parlementaires en 2008.
À la fin de 2006, toujours selon ce rapport, les investissements américains en Afrique subsaharienne s'élevaient à 13,75 milliards de dollars, soit moins de 1 % de l'ensemble des investissements américains à l'étranger. Les investissements américains vont surtout dans le secteur des richesses naturelles. Leur pourcentage est de 47 % (à l'exclusion de l'Égypte) dans les secteurs minier et pétrolier, de 13 % dans le secteur industriel, de 22 % dans des sociétés de portefeuille et de 5 % dans le commerce en gros.