01 juin 2009
La Banque d'import-export des États-Unis offre divers services.
Washington - Il y a plus de deux ans, la société Thar Technologies a trouvé en Turquie un acquéreur pour ses procédés de fabrication de solvants organiques. Toutefois, avant qu'elle ait eu le temps de célébrer ce nouveau débouché, l'acquéreur a annoncé qu'il ne pouvait obtenir les fonds nécessaires en raison du resserrement du crédit.
Thar Technologies s'est alors adressée au PNC Global Trade Group, qui a accordé, de concert avec la Banque d'import-export (Ex-Im Bank) des États-Unis, un prêt de 5 millions de dollars à l'acquéreur turc.
L'Ex-Im Bank facilite l'exportation de produits américains dans les pays émergents et en développement où le crédit est rare ou trop onéreux. Elle offre une assurance en matière de crédit à l'exportation, des garanties de prêt et d'autres services.
Sa mission a pris une nouvelle importance du fait de la rareté actuelle du crédit dans le monde entier. Les banques du secteur privé ont en effet réduit leurs lignes de crédit et leurs autres services dans ce domaine qui sont destinés aux entreprises.
S'il existe encore des possibilités de crédit, il est plus difficile d'obtenir un financement en raison des coûts élevés, d'un examen plus strict des dossiers et de la concurrence entre les entreprises en quête d'un tel financement. La hausse des coûts du crédit et des garanties de crédit fait que de nombreuses petites et moyennes entreprises ne peuvent pas se permettre d'en obtenir. Dans certains cas en Argentine, au Bangladesh, en Chine, au Pakistan et en Turquie, entre autres, le coût d'une lettre de crédit, qui est la forme la plus courante de financement des transactions commerciales, a doublé, voire triplé, indique la Chambre de commerce internationale dans son rapport de novembre 2008.
Ce sont principalement les entreprises de certains pays asiatiques et de presque tous les pays africains qui sont le plus touchées.
Les petites et moyennes entreprises américaines sont aussi privées de moyens de financement, a souligné le président de World Trade Consult LLC, M. John Koch. Son établissement, dont le siège est à Memphis (Tennessee), offre aux petites et moyennes entreprises une assurance contre les risques commerciaux, qui est de plus en plus recherchée depuis le début de 2008, ce qui lui a permis de tripler son chiffre d'affaires.
Les activités de l'Ex-Im Bank ont augmenté de 90 % dans le cadre de son programme de fonds de roulement et de près de 130 % dans le cadre de son programme d'assurance des risques commerciaux. En outre, le nombre de transactions de petites entreprises qu'elle a facilitées s'est accru de 110 % pendant les douze derniers mois. Parmi ses bénéficiaires en 2008, figure la société Combustion Associates de Corona (Californie) dont la vente au Bénin de huit petites centrales a pu avoir lieu grâce à sa garantie d'une lettre de crédit.
Face à l'accroissement de la demande, l'Ex-Im Bank a allégé certaines règles, accéléré l'étude des dossiers et commencé à prêter de l'argent directement à des entreprises étrangères qui achètent des produits américains. Par exemple, elle a prêté en 2008 environ 12 millions de dollars pour faciliter la vente d'hélicoptères au Brésil.
M. Koch a déclaré à America.gov que de nombreux exportateurs qui s'adressaient d'habitude à des banques et autres établissements financiers du secteur privé avaient découvert qu'ils pouvaient obtenir un soutien de l'Ex-Im Bank.
Toutefois, cette banque n'a pas suffisamment de ressources pour satisfaire toutes les demandes, a indiqué un de ses vice-présidents, M. Robert Morin, lors de son assemblée annuelle le 16 avril.
Les exportateurs peuvent aussi s'adresser à l'Administration des petites entreprises et à une multitude d'organismes de l'État fédéral et des États fédérés. Au moins 27 de ces derniers ont des programmes destinés à aider les exportateurs à trouver un financement dans ce domaine.
En revanche, les importateurs américains sont dans une situation moins enviable. Ils ne peuvent pas compter sur un vaste réseau de soutien comme les exportateurs. En septembre 2008, après avoir observé la baisse de ses livraisons en provenance de l'étranger, la société United Parcel Service (UPS), qui est l'entreprise de livraison de colis la plus importante du monde, a offert aux petits importateurs américains la possibilité d'utiliser les produits importés transportés par ses services comme garantie de prêt, ce qui réduit la nécessité d'obtenir une lettre de crédit.
En dépit de ces problèmes de financement, certaines entreprises américaines songent à l'avenir avec optimisme. La présidente d'une association regroupant des entreprises dirigées par des femmes, Mme Linda Denny, a déclaré à America.gov que les membres de son association se préparaient à tirer parti des occasions qui se présenteraient lors de la reprise de l'économie en obtenant à l'avance les moyens de financement nécessaires.