27 juillet 2009
Les conditions économiques mondiales y seront à l’ordre du jour.

Washington - Le 23 juillet, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, et l’ambassadeur du Kénya auprès des États-Unis, M. Peter N.R.O. Ogego, ont officiellement annoncé que le Huitième Forum sur le commerce et la coopération entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne se tiendrait du 4 au 6 août à Nairobi (Kénya). Ils ont souligné que celui-ci ne saurait avoir lieu à un moment plus opportun en raison de la crise économique mondiale.
Ce forum, préconisé par la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), est souvent tout simplement appelé Forum de l’AGOA, du sigle anglais de celle-ci.
« En cette période de crise économique », a dit M. Carson, « il est important que les États-Unis et l’Afrique œuvrent de concert en tant que partenaires commerciaux importants pour protéger la croissance économique et les progrès déjà réalisés, et pour réduire les conséquences négatives des fluctuations du marché. » M. Carson a souligné que les États-Unis travaillaient étroitement avec des membres de la société civile et du secteur privé, qui tiendront leurs propres réunions au Forum de l’AGOA « dans le but de nous assurer que nous avons l’attention de toutes les parties qui sont engagées en Afrique et souhaitent élargir le commerce et les possibilités sur le continent ».
S’exprimant devant des membres de la presse étrangère à Washington, MM. Carson et Ogego ont été rejoints par la représentante adjointe des États-Unis pour le commerce extérieur, Mme Florizelle Liser, par le vice-ministre adjoint de l’agriculture chargé des exploitations et des services agricoles à l’étranger, M. Burnham « Bud » Philbrook, et par la vice-ministre adjointe du commerce chargée des affaires de l’Afrique, du Proche-Orient et de l’Asie du sud, Mme Holly Vineyard.
M. Carson a indiqué que le forum de l’AGOA était la seule rencontre annuelle au niveau ministériel entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, et représentait donc l’occasion pour les deux parties de poursuivre leur dialogue sur les questions qui contribuent au développement et à la croissance à long terme du continent africain, notamment la bonne gouvernance et une politique économique rationnelle.
M. Carson a précisé que le forum commencerait le 4 août par des réunions entre délégués de la société civile et du secteur privé qui seront suivies d’une conférence ministérielle le 5 et 6 août. Ancien ambassadeur auprès du Kénya, du Zimbabwe et de l’Ouganda, M. Carson a fait l’éloge du Kénya « pour le travail superbe » qu’il a accompli au niveau de l’organisation de ce forum. Il a également félicité les autres pays africains de leurs contributions à cet effort.
Les diverses réunions du forum porteront sur un vaste éventail de dossiers, a dit M. Carson, entre autres : les moyens de faire face à la crise économique internationale et les stratégies de développement des entreprises en Afrique ; la bonne gouvernance et ses liens avec le développement commercial et économique ; et l’importance des efforts visant à promouvoir une meilleure intégration commerciale entre les régions du continent.
M. Ogego a dit aux journalistes que le Kénya se réjouissait à la perspective d’accueillir le Huitième Forum de l’AGOA et attendait avec impatience les entretiens sur l’importance du développement commercial dans toute la région.
MM. Carson et Ogego ont ensuite évoqué la signification qu’a eue l’AGOA pour toutes les parties concernées depuis sa promulgation en 2000.
« Du point de vue des États-Unis, a dit M. Carson, l’AGOA a permis d’accroître les possibilités d’échanges commerciaux directs en ouvrant le marché américain à de nombreuses importations africaines en franchise de droits et elle a servi de forum pour des entretiens de haut niveau entre des membres du cabinet américain (…) et leurs homologues africains. » L’AGOA a également encouragé les contacts entre le secteur privé et des groupes de la société civile en Afrique comme aux États-Unis, et elle a été « une locomotive merveilleuse pour toutes sortes de relations qui sont essentielles à la promotion du commerce et des investissements ».
Décrivant le point de vue africain sur l’AGOA, M. Ogego a dit que celle-ci « avait ouvert les portes des marchés des États-Unis (…) aux produits africains. Nous exportons vers ce marché, par exemple, des carottes et du maïs jeunes, ce qui apporte des bénéfices directs à nos agriculteurs. Cela permet aussi de créer des emplois (…) notamment dans les zones de transit de ces exportations », de meilleurs revenus et une base pour des échanges entre les deux marchés.
M. Philbrook a indiqué qu’entre 2001 et 2008, les importations de produits agricoles en provenance des pays participant à l’AGOA avaient augmenté de 63 %. Mme Liser a noté que l’AGOA avait contribué à promouvoir le développement des petites entreprises à la fois aux États-Unis et dans toute l’Afrique subsaharienne ; l’AGOA a aussi permis aux Africains « d’ajouter de la valeur » à leurs produits en les transformant davantage, accroissant ainsi les revenus qu’ils rapportent à la vente et à l’exportation.
Mme Liser a indiqué que ce forum était également important parce qu’il permettait un dialogue à haut niveau sur les moyens d’accroître le commerce, ainsi que le flux des investissements, entre les États-Unis et l’Afrique.
« L’occasion d’un dialogue que nous offre le Forum de l’AGOA est plus importante que jamais parce que l’Afrique, comme le reste du monde, doit faire face à une crise économique qui nous touche tous. Le commerce international est en baisse et les échanges entre les États-Unis et l’Afrique souffrent aussi de cette situation. Le total des importations dans le cadre de l’AGOA au cours des cinq premiers mois de cette année s’est chiffré à environ 10,8 milliards de dollars, mais cela représente une baisse de 61 % par rapport à la même période en 2008 », a souligné Mme Liser. « Alors le thème du Forum de cette année « Réaliser tout le potentiel de l’AGOA par l’accroissement du commerce et des investissements » revêt une urgence particulière. »
M. Philbrook a déclaré que le ministère américain de l’agriculture (USDA) allait jouer un rôle important à ce forum. « L’agriculture représente un tiers du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’Afrique subsaharienne, et ce secteur emploie deux tiers des travailleurs de la région. » En outre, a-t-il dit, les pays subsahariens jouent un rôle vital dans les questions de sécurité alimentaire. M. Philbrook a ajouté que l’USDA aidait les pays africains à rendre leurs produits vivriers frais destinés à l’exportation conformes aux normes internationales.
Mme Vineyard, du ministère du commerce, a indiqué que le Huitième Forum de l’AGOA serait le premier à se tenir en Afrique de l’Est. L’intention de l’AGOA, a-t-elle souligné, est de promouvoir des liens économiques et commerciaux plus étroits entre l’Afrique subsaharienne et les États-Unis. Mme Vineyard a ajouté que son ministère coparrainerait avec le Mozambique un atelier sur le rôle important de la propriété intellectuelle dans la promotion de la compétitivité économique, de la croissance des importations et de l’innovation en Afrique.
M. Carson a souligné que le gouvernement des États-Unis était fier de l’assistance qu’il offrait à l’Afrique subsaharienne. L’année dernière, les États-Unis ont fourni quelque 7,5 milliards de dollars d’aide aux 48 pays de l’Afrique subsaharienne.
« Nous avons joué un rôle (…) en partenariat avec de nombreux pays africains pour contribuer à leur développement. Je tiens à réfuter l’idée préconçue selon laquelle l’Afrique se trouve aujourd’hui dans une situation moins avantageuse qu’il y a 20 ou 30 ans », a dit M. Carson. « Le niveau de l’engagement du continent avec la communauté internationale, le niveau d’éducation, le niveau des normes professionnelles et le niveau de croissance reflètent les progrès accomplis. D’aucuns diront que les choses n’évoluent pas aussi rapidement que nous le voudrions tous, que nous soyons Africains ou Américains. Mais en fait, il y a eu des progrès considérables, comment le prouvent de nombreux indicateurs économiques. »