23 juillet 2009

Washington – Selon la représentante adjointe des États-Unis pour le commerce extérieur, Mme Florizelle Liser, le commerce est la clé de la croissance économique à long terme et du développement durable en Afrique.
Parce que le commerce est essentiel à l’avenir économique de l’Afrique subsaharienne et à l’amélioration des conditions de vie des Africains, le Huitième Forum annuel de l’AGOA, qui se tiendra à Nairobi (Kenya) du 4 au 6 août, est une occasion importante de cultiver des débouchés commerciaux, a déclaré Mme Liser lors de l’entretien qu’elle a accordé le 21 juillet à America.gov.
« Le commerce est indispensable au développement économique. À l’heure actuelle, l’Afrique représente environ 2% du commerce mondial, ce qui est difficile à croire lorsqu’on songe à toutes les ressources dont dispose ce continent : pétrole, diamants, or, sans oublier les produits agricoles tels que le café, le thé et le cacao (…) Toutefois, la puissance du commerce est telle que si les Africains parvenaient à augmenter leur part du commerce mondial de seulement 1 %, ils obtiendraient 70 milliards de revenus supplémentaires chaque année. » Or cette somme équivaut au triple du total de l’aide que l’Afrique reçoit de l’étranger.
En Asie et en Amérique latine, a indiqué Mme Liser, de nombreux pays n’ont pas « l’ombre des ressources naturelles de l’Afrique – prenez un pays comme la Corée du Sud, par exemple – et pourtant, ils jouent un rôle immense dans le commerce international. C’est pourquoi une initiative comme l’AGOA, qui vise à intensifier les relations économiques des États-Unis avec l’Afrique, est si importante.»
Les États-Unis, a-t-elle dit, doivent coopérer avec les pays de l’Afrique subsaharienne dans de nombreux domaines afin qu’ils puissent profiter au maximum des avantages non seulement de l’AGOA, mais aussi du commerce international, et exporter leurs produits vers les marchés naissants de la Chine, de l’Inde et du Brésil, entre autres.
Les Africains doivent en outre commercer davantage les uns avec les autres. « C’est en effet avec les autres pays africains qu’ils ont le moins d’échanges commerciaux. La situation est en train de s’améliorer. Nous constatons une augmentation des échanges entre pays africains, et la raison pour laquelle cela est important est qu’il est impossible d’être concurrentiel à l’échelle mondiale si on ne l’est pas à l’échelle régionale.»
Pour cette raison, les États-Unis encouragent vivement tous les pays africains à concevoir « une stratégie AGOA » fondée sur la promotion des exportations et la compétitivité. « Il suffit d’étudier vos produits et de déterminer dans quel secteur vous avez un avantage comparatif, a-t-elle expliqué. Ensuite, vous examinez quels sont les obstacles que rencontrent ces trois ou quatre produits ou secteurs et ce que vous devez faire, à l’échelle du pays, pour les rendre plus concurrentiels. »
Certains pays appliquent actuellement cette stratégie, et leurs ministres du commerce, des finances, des transports et de l’énergie, ainsi que des spécialistes des investissements, sont en train de se pencher sur la question. «Vous réunissez tous ces gens autour d’une table et (…) vous leur demandez de déterminer, étape par étape, ce qu’il faut faire pour promouvoir la compétitivité de trois ou quatre produits ou secteurs.»
Mme Liser a récemment eu l’occasion de discuter avec les Tanzaniens de la stratégie qu’ils sont en train d’élaborer. La Tanzanie produit du coton pour la marque Venus Williams de tenues de tennis. Ces vêtements sont également fabriqués dans une usine tanzanienne. « Je leur ai lancé un défi, a-t-elle dit. Vous avez seulement une usine. Vous avez tout ce coton. Vous avez des agriculteurs qui bénéficieraient beaucoup de la création de nouvelles usines qui, à leur tour, créeraient des emplois. Le problème est que, comme dans la plupart des pays qui bénéficient de l’AGOA, vous avez un énorme potentiel, mais vous manquez des investissements et de la concentration sur ce qu’il faut faire pour multiplier cela. » L’industrie du vêtement, a-t-elle souligné, est la « porte de l’industrialisation ».
L’Afrique fournit moins de 2% des importations américaines de vêtements. À titre de comparaison, le Bangladesh exporte aux États-Unis de trois à cinq fois plus de vêtements que tous les pays de l’Afrique subsaharienne réunis. « Cela montre qu’il existe un énorme potentiel en Afrique, mais qu’il n’est pas exploité. » En 2008, les importations africaines des États-Unis dans le cadre de l’AGOA ont atteint 66,3 milliards de dollars, le secteur non pétrolier ne représentant que 5,1 milliards de dollars de ce montant.
Un autre élément important est la nécessité d’augmenter les investissements tant nationaux qu’étrangers en Afrique subsaharienne. « Sans investissements, ces usines dont nous parlons ne pourront pas être construites. Il ne s’agit pas seulement d’investissements étrangers directs. Il faut également des investissements nationaux et publics dans l’infrastructure qui facilite le commerce.»
Consciente du fait qu’il existe une grande confusion, Mme Liser a déclaré qu’il était important de comprendre ce qu’était réellement l’AGOA. «L’AGOA est essentiellement un programme de traitement commercial préférentiel qui a ajouté près de 1.800 produits à une liste d’environ 4.600 articles bénéficiant d’une entrée en franchise de douane sur le marché des États-Unis dans le cadre du Système généralisé de préférences. En ajoutant ces 1.800 produits, l’AGOA vise à donner aux Africains un avantage comparatif sur le marché des États-Unis (…) L’AGOA est donc importante parce qu’elle est l’un des principaux moyens d’ajouter de la valeur aux produits agricoles et industriels de l’Afrique.»
Les gens pensent trop souvent que l’AGOA ne concerne que les textiles et les vêtements. « La première chose qu’il faut comprendre, c’est ce que fait la loi et qu’elle est efficace, a-t-elle dit. Nous ajoutons de plus en plus de produits non traditionnels. Cependant, l’Afrique démarre sur une base très petite. Même si on observe une certaine croissance, les pays africains sont encore loin de tirer parti de toutes leurs possibilités. »