22 juillet 2009

Washington – Les États-Unis ont actuellement quatre centres régionaux d’information sur le commerce en Afrique subsaharienne. Ces centres ont pour objet d’aider, de renforcer et d’accroître les échanges commerciaux entre les États-Unis et les pays africains, aussi bien dans le cadre de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) qu’en dehors de cette loi.
Ces centres, qui sont ouverts au Ghana, au Sénégal, au Botswana et au Kénya, offrent des informations et des conseils pratiques en vue d’accroître les échanges bilatéraux entre les États-Unis et l’Afrique.
M. Nathan Van Dusen est économiste à la société Carana que l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a chargée de gérer les centres régionaux d’information sur le commerce pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe. Dans un entretien accordé à America.gov, il a décrit le rôle clé que jouent ces centres en assistant les entreprises et les organismes publics à tirer parti des possibilités de commerce avec les États-Unis. Il a reconnu que près de 80 % des échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique dans le cadre de l’AGOA se faisaient dans le secteur pétrolier, mais il a souligné que les centres d’information sur le commerce cherchaient à élargir l’éventail des exportations africaines vers les États-Unis dans des secteurs non traditionnels.
Ces centres d’information, a-t-il dit, s’emploient à accroître les exportations des textiles et des vêtements, notamment de blouses de travail pour les hôpitaux. Par exemple, le magasin américain de mode GAP achète une grande partie de ses vêtements en Afrique australe, la chaîne de pharmacies CVS y fait faire les uniformes de ses employés et la chaîne de grands magasins Wal-Mart se procure des T-shirts et autres vêtements à des prix abordables en Afrique de l’Ouest et en Afrique australe.
« Il y a beaucoup de sociétés américaines qui ont des relations d’affaires dans cette partie de l’Afrique et qui s’y intéressent de plus en plus, notamment du fait que les risques politiques dans certains pays de l’Afrique de l’Est sont devenus un problème pour certains fabricants, mais aussi en raison des incertitudes relatives au marché du travail en Chine » où le coût de la main-d’œuvre pourrait bien augmenter, a-t-il expliqué,
Les centres régionaux d’information sur le commerce envoient aussi des représentants d’entreprises africaines à la foire annuelle de spécialités alimentaires qui se tient en juin à New York. « L’industrie des spécialités alimentaires a atteint un chiffre d’affaires de 80 milliards de dollars aux États-Unis l’an dernier ; avant que les centres d’information sur le commerce ne commencent à envoyer des représentants africains à cette foire, on ne pouvait pas trouver des aliments et des produits africains dans les supermarchés spécialisés. A l’heure actuelle, ces produits sont plus courants. »
Les centres collaborent actuellement avec une société américaine qui établit « des coins de spécialités alimentaires » (françaises, espagnoles, allemandes, etc.) dans les supermarchés américains. Cette société a maintenant lancé « un coin de spécialités africaines » que la chaîne Food Emporium de New York a été la première à adopter et que l’on trouve maintenant dans plus de 7.000 autres supermarchés. Parmi les spécialités africaines offertes, figurent « divers produits de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique australe et de l’Afrique de l’Est. On trouve des sauces, des confitures, des épices et des farines. La société qui les importe a pris des risques pour tenter d’ajouter un nouveau thème sur le marché des spécialités alimentaires aux États-Unis, et il semble que son initiative a du succès. »
Par ailleurs, les centres régionaux d’information sur le commerce font aussi beaucoup d’efforts pour élargir la gamme des produits d’artisanat, comme les parures perlées, les paniers rwandais et les bogolans qui sont des tissus traditionnels du Mali et qui sont maintenant en vente aux États-Unis dans les magasins de cadeaux Hallmark. Des représentants de la société Hallmark se sont rendus dans des centres d’information sur le commerce pour demander quels étaient les produits qu’ils pouvaient facilement stocker et vendre dans leurs magasins.
Bien que les préférences tarifaires accordées par l’AGOA aient conduit certaines entreprises américaines à investir en Afrique, elles ne suffisent pas à elles seules à donner un coup de pouce au commerce entre les États-Unis et l’Afrique, a-t-il souligné.
« Quand nous nous entretenons avec des exportateurs africains et avec ceux qui souhaitent le devenir et que nous parlons avec des importateurs et des investisseurs américains de produits à acheter ou d’usines à établir en Afrique, ils nous posent tous des questions sur les préférences tarifaires bien sûr, mais ils veulent aussi savoir quels sont les mesures d’incitation offertes pour les investissements, le niveau d’instruction et les frais de transport. Les centres sur le commerce non seulement aident les entreprises à tirer parti des préférences tarifaires, mais ils leur fournissent aussi des informations sur d’autres domaines. »
D’autres facteurs, tels les frais de transport, la période de temps nécessaire avant l’arrivée des produits sur le marché, la productivité de la main d’œuvre et le respect de la primauté du droit sont également importants pour les investisseurs et les fabricants. « Les préférences tarifaires (comme celles offertes par l’AGOA) représentent peut-être 10 à 20 % des facteurs dont une entreprise tient compte avant de décider d’investir, mais il y en a beaucoup d’autres qui sont fonction de leurs besoins », a dit M. Van Dusen.
Les centres régionaux d’information sur le commerce aident aussi les sociétés à s’acquitter des nombreuses formalités qui vont de pair avec les préférences tarifaires, a-t-il expliqué. Pour importer des marchandises aux États-Unis dans le cadre de l’AGOA, il y a certaines formalités que l’on doit remplir, dont la certification du pays d’origine et les formulaires pour les services de douane américains.