Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

21 juillet 2009

La MCC utilise l’AGOA pour stimuler le commerce et les investissements

Les initiatives de l’AGOA et de la Société du compte du millénaire se complètent.

 
Une agricultrice béninoise
Les produits agricoles béninois sont exportés plus facilement grâce à la modernisation du port principal qu'appuie actuellement la MCC.

Washington – La loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et la Société du compte du millénaire (Millenium Challenge Corporation ou MCC) sont les pierres angulaires de la politique de développement en Afrique du gouvernement Obama parce qu’elles se complètent et qu’elles peuvent encourager le commerce et les investissements dans tout le continent.

La directrice des initiatives du secteur privé de la MCC, Mme Jeri Jensen, et le vice-président adjoint pour les programmes en Afrique de cet organisme, M. Jonathan Bloom, ont souligné l’importance de l’AGOA et de la MCC lors de l’entretien qu’ils ont accordé à America.gov, quelque temps avant le Huitième Forum de l’AGOA, qui se tiendra du 4 au 6 août à Nairobi (Kénya).

La MCC est un organisme d’aide à l’étranger du gouvernement des États-Unis dont la mission est de faciliter la lutte contre la pauvreté dans le monde. Créée par le Congrès en janvier 2004, elle est en train de changer les points de vue quant aux meilleurs moyens de fournir l’aide américaine à l’étranger en se fondant sur l’importance d’une bonne politique, de la responsabilité des pays eux-mêmes et des résultats obtenus.

Mme Jensen a indiqué que les tarifs préférentiels accordés à certains produits africains par l’AGOA ne constituaient qu’un seul aspect de la décision d’une entreprise d’investir en Afrique. Pour que le statut préférentiel soit efficace, a-t-elle dit, « il faut qu’il aille de pair avec l’infrastructure dont l’entreprise a besoin afin de réduire ses coûts, d’accroître sa compétitivité et de faire parvenir ses produits sur les marchés. La plupart des pays qui peuvent prétendre à l’aide de la MCC ont choisi d’investir dans leur infrastructure, et cela va dans le même sens que les objectifs de l’AGOA qui cherche à accroître la capacité concurrentielle de l’Afrique dans le monde ».

A l’heure actuelle, 11 des 18 pays qui ont signé des accords avec la MCC sont africains, et 4,5 des 6,3 milliards de dollars investis par la MCC le sont en Afrique, a souligné Mme Jensen. D’une durée de cinq ans, ces accords d’aide portent sur le financement de programmes visant à réduire la pauvreté et à stimuler la croissance économique. La MCC octroie également une aide financière moins importante dans le cadre de son programme de seuil. A ce jour, elle a fourni 440 millions de dollars d’aide dans le cadre de son programme de seuil en matière de réduction de la pauvreté en Afrique et dans d’autres pays du monde.

Le port de Praïa est un lien important pour le commerce entre l'Afrique occidentale et les États-Unis
Le port à Praïa (Cap-Vert) subit également une transformation salutaire grâce aux efforts de la MCC et l'AGOA.

« Ces programmes ont trait à l’agro-alimentaire et à l’infrastructure. Il n’y a aucun autre programme actuellement qui, à ma connaissance, allie ces deux secteurs », a dit Mme Jensen. L’augmentation du produit intérieur brut qui découle des projets liés à l’agriculture entraîne une réduction de la pauvreté qui est deux fois supérieure à celle des autres catégories de projet.

Mme Jensen estime qu’environ 70 % du portefeuille de la MCC ont trait à des projets agricoles et qu’un grand nombre de projets d’infrastructure que finance la MCC servent d’une façon ou d’une autre à renforcer l’agriculture.

Pour sa part, M. Bloom a souligné que la MCC n’avait qu’un seul objectif : réduire la pauvreté au moyen de la croissance économique. « Il y a beaucoup d’autres raisons valables pour fournir l’aide américaine à l’étranger, mais nous, nous ne faisons que ça, a-t-il dit. C’est assez simple à expliquer mais plutôt difficile à accomplir. Nos efforts visent à susciter la croissance économique dans des pays pauvres pour la population pauvre, ce qui sera avantageux pour ces pays et éventuellement pour les États-Unis. »

M. Bloom a indiqué que la MCC se fondait sur trois grands principes. En premier lieu, elle travaille seulement dans les pays qui ont adopté des mesures solides à l’appui d’un régime politique libre et d’un bon régime économique et qui investissent dans le domaine social. Deuxièmement, une fois que la MCC décide de venir en aide à un pays, celui-ci établit et gère le programme qui a été initié par l’accord d’aide. Troisièmement, parce qu’il est important d’arriver à des résultats, la MCC évalue la situation avant le début du programme et à sa conclusion pour créer « un climat de discipline qui invite les gens à investir ».

La MCC est souvent le donateur le plus important dans un pays donné ; elle accorde une aide financière qui peut atteindre 700 millions de dollars sur une période de cinq ans. Si une entreprise souhaite profiter des dispositions de la MCC ou de l’AGOA, elle peut être certaine que les fonds seront disponibles dans le pays pour cette période de cinq ans, a souligné Mme Jensen.

Pour illustrer ce point, M. Bloom a donné en exemple le Ghana et la visite du président Obama dans ce pays les 10 et 11 juillet. M. Obama, a dit M. Bloom, a déclaré que le Ghana avait adopté de nombreuses mesures difficiles pour promouvoir la bonne gouvernance, ce qui lui avait permis de prétendre à l’aide de la MCC dès le début. « Le Ghana a créé un climat politique et économique solide pour encourager les investissements du secteur privé. L’aide financière de la MCC au Ghana se chiffre à 547 millions de dollars ; signé en août 2006, l’accord d’aide était à l’époque le plus important que la MCC ait jamais conclu. Il comprend un ensemble complet d’investissements visant à accroître la valeur de la chaîne de production agricole et notamment ses capacités commerciales de même que des mesures d’incitation pour les investisseurs privés. »

En outre, a indiqué M. Bloom, la MCC finance des projets d’amélioration de l’infrastructure nécessaire au transport des marchandises, tels que la construction en Tanzanie de routes qui vont jusqu’à la frontière kényane et la modernisation de ports importants au Bénin et au Cap-Vert. Au Mali, a-t-il ajouté, la MCC finance également la modernisation de l’aéroport qui constitue un lien essentiel avec le reste du monde pour ce pays qui n’a pas d’accès à la mer.

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