25 février 2009
Son discours télévisé à la nation

Washington - Le président Obama a fait part aux Américains de ses plans visant à stabiliser et à redynamiser l'économie des États-Unis que diverses forces, notamment l'effondrement du marché immobilier et du marché boursier et le resserrement du crédit, ont affaiblie.
Lors du discours qu'il a prononcé le 24 février devant les deux chambres du Congrès et qui a été télévisé dans tout le pays, il a énoncé les grandes lignes de son programme économique portant sur la création d'emplois, le desserrement du crédit, les investissements dans le secteur des énergies renouvelables, l'assurance maladie pour tous les Américains, l'éducation et le début du retrait progressif des forces américaines de l'Irak.
« Nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les États-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant. L'ampleur de cette crise ne va pas déterminer le destin de notre pays », a-t-il dit.
Le président a déclaré que les effets de la récession étaient bien réels, mais que celle-ci n'avait pas commencé avec l'effondrement du marché immobilier ou la forte chute du marché boursier et qu'elle tenait aussi au fait que le pays avait connu une période où l'on attachait « plus de prix aux avantages à court terme qu'à la prospérité de longue durée ».
En outre, a-t-il dit, « nous savons depuis des décennies que notre survie dépend de la découverte de nouvelles sources d'énergie, et pourtant nous importons plus de pétrole à l'heure actuelle que jamais auparavant. »
L'accroissement annuel des frais médicaux porte atteinte à l'épargne, alors que Washington remet à plus tard les réformes, a-t-il fait remarquer. De plus, « nos écoliers entreront plus tard en concurrence avec d'autres pour obtenir des emplois dans une économie mondiale pour lesquels un trop grand nombre de nos écoles ne les préparent pas ».
M. Obama a incité les parlementaires à s'employer à revitaliser l'économie du pays et à commencer à poser les nouveaux fondements d'une prospérité durable.
Son discours fait suite à l'adoption par le Congrès d'un plan de relance de 787 milliards de dollars destinés à remettre en état l'infrastructure du pays, à stabiliser le secteur bancaire, à réduire les saisies immobilières et à sauvegarder ou créer 3,5 millions d'emplois. De leur côté, le ministère des finances et la Réserve fédérale ont pris des mesures visant à aider les institutions financières à se débarrasser des créances douteuses qui ont contribué à entraver l'octroi de crédits aux entreprises et aux ménages.
Le plan de relance comprend aussi des crédits d'impôt en matière d'éducation et une réduction d'impôt qui prendra effet le 1er avril pour 95 % des ménages dont les membres travaillent, a indiqué le président.
Quelques heures plus tôt ce jour-là, le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, a déclaré à une commission sénatoriale que l'économie américaine était en proie à une grave récession, mais, grâce à l'action vigoureuse du gouvernement et du Congrès et aux mesures prises par la banque centrale (la Réserve fédérale) du pays, il était possible de prévoir le début de la reprise de l'économie pour l'année prochaine.
« Si les mesures prises par le gouvernement, par le Congrès et par la Réserve fédérale réussissent à rétablir dans une certaine mesure la stabilité financière, et uniquement si c'est le cas à mon avis, il existe une chance raisonnable que la récession actuelle prenne fin en 2009 et que 2010 soit l'année de la reprise », a-t-il dit.
En faisant part de son programme économique, M. Obama a donné l'assurance aux parlementaires et à ses concitoyens que l'emploi des crédits fédéraux dans le cadre du plan de relance serait suivi de près. Il a chargé le vice-président Biden de s'occuper de cette surveillance avec un inspecteur général en vue d'éviter tout gaspillage et toute fraude.
« Donc le plan de relance que nous avons adopté est le premier pas vers la reprise de notre économie, a-t-il dit. Mais ce n'est que le premier pas. Parce que même si nous gérons ce plan parfaitement, il n'y aura pas de réelle relance si nous n'éliminons pas la crise du crédit qui a gravement affaibli notre système financier. »
Le président a aussi annoncé la création d'un fonds destiné à offrir des prêts pour l'achat d'une automobile, pour le financement d'études universitaires et pour les besoins des petites entreprises. En outre, un plan de redressement du secteur immobilier va permettre de diminuer le nombre des saisies immobilières, de réduire le montant des mensualités des crédits hypothécaires et de faciliter le refinancement de ces crédits.
M. Obama s'est engagé à ce que son gouvernement fasse tout son possible pour garantir que le secteur bancaire ait la confiance et les fonds nécessaires pour consentir des prêts aux ménages et aux entreprises. Il a ajouté que la manière dont les établissements financiers dépenseraient et prêteraient les fonds fournis ferait l'objet d'une surveillance étroite.
« Le plan de relance et le plan de stabilité financière, a-t-il dit, sont les premières mesures que nous prenons pour relancer notre économie à court terme. Toutefois, la seule façon de rétablir totalement la force économique de notre pays est de faire des investissements de longue durée qui entraîneront la création d'emplois et d'entreprises et une nouvelle capacité d'entrer en concurrence avec le reste du monde. »
Le plan de relance prévoit de doubler la production d'énergies renouvelables au cours des trois prochaines années, de faire des investissements très importants dans le domaine de la recherche fondamentale, d'installer des milliers de kilomètres de lignes électriques supplémentaires dans tout le pays et d'inciter les constructeurs d'automobiles et de camions à produire des véhicules qui consomment moins de carburant.
Par ailleurs, M. Obama a indiqué qu'il annoncerait dans quelques jours un plan sur le retrait progressif des forces américaines de l'Irak, ce qui devrait permettre de faire des économies susceptibles de servir à accélérer la reprise de l'économie.