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12 février 2009

La conférence de presse du président Barack Obama sur l'économie

Déclaration liminaire

 

On trouvera ci-après le texte de la déclaration liminaire faite par le président des États-Unis, M. Barack Obama, lors de sa première conférence de presse tenue le 9 février 2009 à la Maison-Blanche.

(Début du texte)

La Maison-Blanche
Bureau du Secrétaire de presse
(diffusion immédiate)
Le 9 février 2009

Le Président : Mesdames, messieurs, bonsoir. Veuillez vous asseoir.

Avant de répondre à vos questions ce soir, je voudrais dire quelques mots sur la situation de l'économie et expliquer pourquoi je pense que nous devons mettre en œuvre ce plan de relance dans les plus brefs délais.

Aujourd'hui, je me suis rendu à Elkhart, dans l'Indiana. Elkhart est une ville qui a perdu plus d'emplois plus rapidement qu'aucune autre aux États-Unis. En un an, le taux de chômage est passé de 4,7 % à 15,3 %. Les sociétés et entreprises qui ont soutenu cette ville pendant des années perdent des emplois à un rythme alarmant et ceux qui perdent leur emploi n'ont aucune idée de ce qu'ils peuvent faire ou à qui ils peuvent s'adresser. Ils ne peuvent pas payer leurs factures et ils ont cessé de dépenser leur argent. Et, parce qu'ils ont cessé de dépenser, plus de sociétés et d'entreprises sont obligées de mettre plus d'employés au chômage. En fait, les stations de télévision locale ont commencé à diffuser des annonces indiquant aux gens où ils peuvent trouver des banques alimentaires alors même que ces dernières n'ont pas assez de provisions pour satisfaire la demande.

En ce moment même, on assiste à des situations semblables partout dans notre pays. Lundi dernier, plus d'un millier d'hommes et de femmes ont fait la queue pour remplir 35 postes de pompier à Miami. Le mois dernier, notre économie a perdu plus de 598.000 emplois, soit presque l'équivalent de tous les emplois du Maine. Et si quelqu'un ici ne croit pas que nous sommes dans une vraie crise, qu'il parle à un des millions d'Américains dont la vie est sens dessus dessous parce qu'ils ne savent pas d'où va venir leur prochain salaire.

Et c'est pourquoi l'élément le plus important de ce Plan de redressement économique et de réinvestissement, c'est qu'il va permettre de préserver ou de créer jusqu'à 4 millions d'emplois - et c'est ce dont les États-Unis ont besoin maintenant.

Certes, nous ne pouvons pas compter uniquement sur le gouvernement pour créer des emplois ou promouvoir la croissance économique. Tel est, tel doit être le rôle du secteur privé. Mais aujourd'hui, le secteur privé est tellement affaibli par la récession que seul le gouvernement fédéral dispose des ressources suffisantes pour ranimer notre économie. Seul le gouvernement peut briser le cercle vicieux où, ayant perdu leur emploi, les gens sont contraints à comprimer leurs dépenses, ce qui entraîne des suppressions de poste supplémentaires. Et briser ce cercle vicieux est exactement ce pourquoi le plan actuellement devant le Congrès a été conçu.

Une fois approuvé, ce plan garantira que les Américains qui ont perdu leur emploi pour des raisons indépendantes de leur volonté reçoivent des allocations de chômage plus importantes et conservent leur assurance maladie. Nous accorderons un crédit d'impôt de 2.500 dollars à ceux qui peinent à payer leurs frais d'études supérieures et un dégrèvement fiscal de 1.000 dollars aux familles de travailleurs et de la classe moyenne. Ces mesures mettront de l'argent dans les poches des Américains les plus susceptible de le dépenser et cela contribuera à briser le cycle vicieux et à relancer notre économie.

Mais comme nous l'avons appris à nos dépens au cours des huit dernières années, les seuls allégements fiscaux ne peuvent pas résoudre tous nos problèmes économiques, surtout lorsqu'ils profitent aux quelques Américains les plus riches. Nous avons essayé cette stratégie à de nombreuses reprises et elle n'a servi qu'à nous mener à la crise que nous connaissons aujourd'hui.

C'est pourquoi nous avons élaboré ensemble un plan qui combine des centaines de milliards de dollars d'allégements fiscaux et d'investissements directs dans des secteurs tels que les soins médicaux, l'énergie, l'éducation et l'infrastructure - investissements qui sauveront des emplois, en créeront de nouveaux et aideront notre économie à croître de nouveau, aujourd'hui et demain.

Plus de 90 % des emplois créés par ce plan seront dans le secteur privé. Ce ne seront pas des emplois artificiels mais des emplois qui permettront de réaliser les travaux dont l'Amérique a désespérément besoin, des travaux de reconstruction de nos routes et de nos ponts qui tombent en ruine, de réparation de barrages et de digues très mal en point pour que nous n'ayons pas à faire face à des inondations telles que celles causées par Katrina ; des emplois dans la construction d'éoliennes et de panneaux solaires et de voitures économiques qui nous permettront de moins dépendre du pétrole importé ; des emplois dans la modernisation de notre coûteux système de santé afin d'économiser des milliards de dollars et de sauver un nombre incalculable de vies.

Ce seront des emplois qui créeront les salles de classe, les bibliothèques et les laboratoires du XXIe siècle pour des millions d'écoliers partout dans le pays, ainsi que des emplois de pompiers, d'enseignants et d'agents de police qui disparaîtront si nous n'accordons pas une aide aux États.

Après des semaines de débats et de discussions, le plan qui va sortir du Congrès devra être assez ambitieux et assez imaginatif pour être à la mesure des défis auxquels nous devons faire face. C'est un plan qui a déjà le soutien des entreprises de pratiquement tous les secteurs de l'économie américaine et qu'approuvent également la Chambre de commerce des États-Unis et la fédération syndicale AFL-CIO. Il contient des propositions, des idées et des compromis tant des démocrates que des républicains. Il est aussi d'une transparence et d'un niveau de responsabilisation sans précédent afin que tous les Américains puissent se mettre en ligne et voir où et comment nous dépensons leur argent. Ce qu'il ne contient pas, en revanche, c'est le moindre projet personnel, la moindre affectation spéciale, et les projets que les membres des deux partis trouvaient inacceptables en ont été éliminés.

Il est certain que, malgré tout cela, ce plan n'est pas parfait. Aucun plan ne l'est. Je ne peux pas vous assurer que tout marchera exactement comme nous l'espérons mais je puis vous donner ma certitude que toute inaction de notre part ne mènera qu'à une aggravation de la crise et des souffrances qu'éprouvent des millions d'Américains. Mon gouvernement a hérité d'un déficit de plus d'un billion (mille milliards) de dollars mais, parce qu'elle a aussi hérité de la crise économique la plus grave depuis la grande dépression, toute inaction ou toute action timorée de notre part se traduirait par des déficits encore plus lourds, des pertes d'emplois encore plus importantes, des pertes de revenu encore plus sévères et une perte de confiance encore plus profonde. Et ces déficits transformeraient la crise en une catastrophe. Et je refuse que cela arrive. Tant que durera mon mandat, je ferai tout ce qu'il faudra pour remettre notre économie sur la bonne voie et remettre ce pays au travail.

Je veux remercier les membres du Congrès qui ont tant travaillé à faire avancer ce plan. Mais je veux aussi leur demander instamment d'agir sans retard et, dans les semaines qui viennent, de résoudre leurs différences et d'approuver ce plan.

Nous sommes à un moment unique où les citoyens de notre pays et de tous les pays du monde ont les yeux fixés sur nous et attendent que nous montrions l'exemple. C'est une responsabilité que notre génération n'a pas recherchée mais c'est une responsabilité que nous devons accepter pour l'avenir, pour nos enfants et nos petits-enfants. Les démocraties les plus fortes s'épanouissent à la faveur de débats fréquents et animés mais elles se maintiennent lorsque leurs membres de tous les milieux et de toutes les convictions trouvent le moyen de surmonter leurs divergences de moindre importance pour se mettre au service d'une plus grande cause.

Voilà l'épreuve à laquelle l'Amérique doit faire face en cet hiver lourd de privations. Notre devoir nous commande, en tant que dirigeants et citoyens, de rester au service de cette cause au cours des semaines et des mois à venir. Après une journée d'entretiens et d'échanges avec des hommes et des femmes fondamentalement vertueux et attachés à leur pays, j'ai la certitude absolue que nous pouvons le faire. Mais nous allons devoir travailler ensemble. C'est ce que j'ai l'intention de promouvoir dans les jours et les semaines qui viennent.

(Fin du texte)

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