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11 février 2009

La révision du plan de sauvetage des banques américaines

Les nouvelles mesures cherchent à assurer une plus grande transparence et la participation du secteur privé.

 
Timothy Geithner
Le ministre des finances, M. Timothy Geithner présente le plan de sauvetage des banques révisé.

Washington - Le gouvernement et la banque centrale des États-Unis s'apprêtent à s'attaquer à la crise financière sur de multiples fronts dans l'espoir que les mesures prises pour faire face aux faiblesses les plus graves permettront que le système financier fonctionne de nouveau comme il faut.

Le ministre des finances, M. Timothy Geithner, a annoncé le 10 février les nouvelles modifications apportées au plan de sauvetage des banques adopté en octobre 2008. Le gouvernement Bush a dépensé les premiers 350 milliards de dollars des 700 milliards prévus par ce plan et laissé au gouvernement Obama le soin de dépenser les 350 milliards restants.

Le président Obama, qui a décrit le système bancaire américain comme étant « au bord de l'effondrement », a mis en question la manière dont ces crédits budgétaires avaient été affectés. « Nous n'avons pas obtenu des résultats aussi bons qu'ils auraient dû l'être », a-t-il dit à la presse le 9 février.

Il a indiqué que le nouveau plan intitulé Plan de stabilisation financière et le plan de relance économique sur le point d'être adopté au Congrès constituaient deux volets complémentaires de l'action de son gouvernement visant à relancer l'économie et à créer des emplois.

Pour sa part, M. Geithner a déclaré que les éléments essentiels du système financier américain avaient été endommagés et que de ce fait ce système entravait la reprise au lieu de la susciter. « Il s'agit là, a-t-il dit, d'une dynamique dangereuse, et il nous faut y mettre fin. »

Le nouveau plan proposé par le ministre des finances prévoit trois grandes mesures indépendantes les unes des autres : l'injection de capitaux dans les banques, la création d'un fonds d'investissement semi-public chargé d'acquérir les créances douteuses des banques et de les gérer et le soutien au crédit à la consommation et aux entreprises. Ces mesures visent à relancer dans toute l'économie le crédit, qui est très réduit à l'heure actuelle.

Dans le cadre de la première mesure, l'État accordera des capitaux aux banques qu'il estimera, après un examen rigoureux, être suffisamment en bonne position pour pouvoir consentir des prêts même si l'économie devait s'aggraver. La participation à cet examen sera obligatoire pour les banques dont les avoirs sont supérieurs à 100 milliards de dollars.

L'État achètera des titres préférentiels pouvant être transformés en actions ordinaires et imposera des conditions strictes aux banques, notamment l'obligation de révéler la proportion de leurs créances douteuses. Cette mesure vise à encourager les banques à accroître leurs opérations de crédit et de « remplacer l'aide publique par des capitaux privés dès que possible », a précisé M. Geithner.

La deuxième mesure, qui est aussi destinée à attirer les investisseurs du secteur privé, prévoit la création d'un fonds d'investissement semi-public dont la dotation pourrait atteindre 1 billion (mille milliards) de dollars et qui sera chargé de s'attaquer à la question des crédits hypothécaires difficiles à évaluer et des titres adossés à un crédit hypothécaire. Ces créances douteuses plombent fortement le bilan des banques et les empêchent d'accorder des prêts. Le ministère des finances espère qu'en retirant ces créances du bilan des banques, le nouveau fonds d'investissement libérera des capitaux que celles-ci pourront alors prêter. Selon M. Geithner, en facilitant l'injection de capitaux privés et la participation de gestionnaires du secteur privé, ce fonds devrait offrir un mécanisme d'évaluation de la valeur marchande de ces créances. Il reste cependant à mettre au point les détails de ce programme.

Pour ce qui est de la troisième mesure, le ministère des finances se joindra à la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) en vue de quintupler le montant (200 milliards de dollars à l'heure actuelle) du programme de crédit à la consommation et aux petites entreprises que celle-ci a élaboré depuis novembre 2008.

M. Geithner a indiqué que dans les semaines à venir le gouvernement devait aussi lancer un programme destiné à aider les propriétaires d'un logement en proie à des difficultés de paiement de leurs mensualités et à éviter les saisies immobilières.

L'application du premier plan de sauvetage conçu par le ministre des finances du président Bush, M. Henry Paulson, a été très controversée. La manière ponctuelle dont le gouvernement Bush a affecté les crédits budgétaires prévus à cet effet a fait l'objet de critiques de la part de certains parlementaires et de certains spécialistes du secteur qui estiment qu'elle a contribué à accroître l'incertitude.

Certains parlementaires et certains groupes du secteur privé soutiennent que la première phase du plan de sauvetage a manqué de transparence et d'une surveillance adéquate, que les banques ont mis de côté l'argent donné par l'État fédéral et que le gouvernement a trop payé pour certains avoirs bancaires. En outre, les nombreux cas où des cadres de direction des banques qui ont reçu une aide de l'État ont continué de faire des dépenses extravagantes et de recevoir une rémunération excessive ont causé la colère des contribuables. Avant d'annoncer son nouveau plan le 10 février, le ministère des finances a indiqué qu'il imposerait des limites à la rémunération des cadres de direction des banques recevant une aide importante de l'État. En outre, le gouvernement s'est engagé à surveiller de près comment les banques dépensaient l'aide reçue et à restreindre leur possibilité d'utiliser cette aide à des fins autres que l'octroi de crédits.

Selon de hauts responsables, l'objectif de ces nouvelles mesures est de faire en sorte que le nouveau plan de sauvetage soit plus cohérent et plus exhaustif de manière à rétablir la confiance des marchés financiers.

M. Geithner a indiqué qu'il se rendait compte que ce plan représentait un montant très important de deniers publics, mais que si l'on ne faisait rien ou pas assez on exposerait les États-Unis à des risques bien plus graves.

« Ce plan est onéreux, a-t-il dit, mais nous savons que le coût de l'effondrement complet de notre système financier aurait des conséquences incalculables pour les familles, pour les entreprises et pour notre pays. »

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