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10 février 2009

Il faut dépenser dès maintenant ou subir une catastrophe plus tard, dit M. Obama

Le Sénat a voté en faveur du plan de relance.

 
Harry Reid le 10 février
Le chef de la majorité au Sénat, M. Harry Reid s'adresse à des journalistes suite au passage du plan de relance le 10 février.

Washington - Le Sénat des États-Unis a adopté, le 10 février, par 61 voix contre 37, sa propre version du plan de relance de l'économie, qui prévoit d'injecter plus de 800 milliards de dollars dans l'économie américaine au moyen tant de dépenses publiques que de réductions d'impôt.

Une commission parlementaire mixte doit maintenant mettre au point un texte de compromis entre la version adoptée par le Sénat et celle votée il y a quelques jours par la Chambre des représentants. Les parlementaires espèrent parvenir à un compromis rapidement de manière à pouvoir stimuler l'économie en consacrant des crédits budgétaires à l'amélioration de l'infrastructure, à des projets d'énergie renouvelable et à la santé.

Le texte de loi de la Chambre des représentants prévoit des crédits budgétaires plus élevés pour l'enseignement et pour l'aide fédérale aux États fédérés, alors que celui du Sénat comprend des réductions d'impôt plus importantes. Le montant des deux textes de loi est à peu près le même (celui du Sénat atteint 838 milliards de dollars et celui de la Chambre des représentants 819 milliards).

Selon un économiste de l'organisme Moody's Economy, M. Gus Faucher, il est probable que le texte définitif qui sera soumis au président Obama sera plus proche du texte de la Chambre des représentants que de celui du Sénat.

La Maison-Blanche espère que les parlementaires arriveront à un compromis à la fin de la semaine, avant le début des vacances parlementaires commençant le 16 février. Le président Barack Obama a incité le Congrès à agir rapidement et à oublier les partis pris afin d'éviter une récession aux proportions catastrophiques.

Lors de sa première conférence de presse le 9 février, il a déclaré en réponse à ceux qui critiquaient ce plan : « Ce plan n'est pas parfait, mais aucun plan ne l'est. Toutefois (…) faire peu ou ne rien faire du tout se traduira par des déficits encore plus importants, par la disparition d'un plus grand nombre d'emplois, par une perte encore plus grande de revenus et de confiance. »

Pour sa part, le président du cabinet d'experts-conseils financiers Market Outlook, M. David Cross, a indiqué : « La pression politique est actuellement suffisante (…) pour qu'un compromis voie le jour cette semaine. Si l'on attend trop longtemps, on perdra de l'élan et on risque de ne rien voir du tout. »

Toutefois, il est plus difficile de prédire les effets de la future loi. Vu la situation économique actuelle qui est sans précédent, les spécialistes estiment que ces effets pourraient se faire sentir au plus tôt dans trois mois ou seulement en 2010.

Le plan de relance des États-Unis n'est que l'un des nombreux plans préparés à travers le monde afin d'enrayer la forte baisse de la croissance économique mondiale. Selon le Fonds monétaire international, le taux de croissance qui a atteint 3,5 % en 2008 pourrait n'être que de 0,5 % en 2009.

À la fin de 2008, la Chine a annoncé un plan de relance de 585 milliards de dollars consacrés en grande partie au développement de l'infrastructure, notamment à la construction de logements sociaux, à la réalisation de projets d'électrification et d'alimentation en eau et à la fourniture de secours en cas de catastrophe.

De son côté, l'Allemagne a injecté plus de 104 milliards de dollars dans son économie en accordant plus d'importance aux allégements fiscaux qu'aux dépenses dans le domaine de l'infrastructure. Elle a également participé au plan de relance de l'Union européenne, dont le montant est de 259 milliards de dollars.

Malgré ces plans et d'autres initiatives, la plupart des pays attendent avec impatience l'adoption du plan de relance américain dans l'espoir qu'il aura des répercussions favorables sur leur économie.

« La reprise de l'activité économique aux États-Unis commencera avant celle des autres pays. Lorsqu'elle aura lieu, elle ressemblera à la locomotive qui tire le reste du train à sa suite », a indiqué un économiste de Moody's Economy, M. Tu Packard.

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