31 août 2009
Cet organisme lie étroitement la réussite économique à une bonne gouvernance.

Washington - Lorsque la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, a déclaré considérer, au cours de son récent voyage en Afrique, l'absence de bonne gouvernance comme un des grands obstacles au développement, elle a également estimé que les accords conclus avec la Société du compte du millénaire des États-Unis (Millennium Challenge Corporation ou MCC) constituaient un bon moyen d'encourager le développement aussi bien en Afrique qu'en Amérique latine, en Asie et en Europe.
Pendant sa dernière étape en Afrique subsaharienne, elle a dit au Cap-Vert qu'elle était heureuse de constater que le gouvernement de ce pays s'employait à assurer une plus grande responsabilisation et à accroître la transparence. Les progrès réalisés par le Cap-Vert dans le domaine économique, a-t-elle indiqué, sont dus en partie à une bonne application de l'accord conclu avec la MCC.
Créée par une loi en 2004, la Société du compte du millénaire est un organisme autonome de développement qui a pour vocation de lutter contre la pauvreté dans le monde en finançant des projets d'infrastructure dans le cadre d'accords d'une durée de cinq ans. Elle ne peut conclure de tels accords qu'avec les pays en développement qui s'orientent vers un régime démocratique et vers l'économie de marché et qui ont pris des mesures pour lutter contre la corruption et pour garantir les libertés publiques et l'État de droit.
En mars 2006, la MCC a conclu avec l'Arménie un accord (235 millions de dollars) destiné à moderniser son secteur agricole. Cet accord prévoit l'apport d'une assistance technique et d'une aide financière aux agriculteurs et aux entreprises agro-alimentaires, ainsi que la remise en état du réseau routier, la création de nouvelles routes et la mise en place de réseaux d'irrigation.
En Amérique centrale, la MCC a conclu en 2006 un accord (461 millions de dollars) avec le Salvador, qui constitue un modèle de démocratisation dans cette partie du monde. Cet accord a permis de financer la construction d'une route (Northern Transnational Highway), de venir en aide à 3.000 agriculteurs et de fournir 430 bourses d'études dans des écoles techniques et professionnelles. En outre, il sert actuellement à financer la mise en place de lignes électriques longues de 1.500 kilomètres, ainsi que de 450 panneaux solaires dans des zones rurales.
Mme Clinton, qui a assisté le 31 mai, à San Salvador, à la signature de l'accord portant sur le projet d'électrification, a déclaré à cette occasion : « Il s'agit d'un exemple de ce que nous espérons réaliser au Salvador et dans d'autres pays, à savoir des relations de partenariat entre les États-Unis tant avec les pouvoirs publics qu'avec les entreprises. »
Pour les pays qui ne remplissent pas encore les conditions fixées par la MCC en matière de démocratisation et d'économie de marché, cet organisme a prévu des programmes portant sur la bonne gouvernance, notamment sur la société civile, l'appareil judiciaire et la lutte contre la corruption.
Depuis 2005, la MCC a conclu de tels accords, d'une valeur de 117 millions de dollars, en vue de lutter contre la corruption et de renforcer les institutions publiques en Albanie, au Malawi, en Moldavie, au Paraguay et aux Philippines.
Dans le cas du Kirghizistan, l'accord (16 millions de dollars) est destiné à aider le gouvernement à lutter contre la corruption, à améliorer le respect de la loi et à renforcer le rôle de la société civile.
L'Indonésie a également conclu avec la MCC un accord de ce genre (55 millions de dollars), pour une durée de deux ans, qui vise notamment à réduire la corruption au sein de la fonction publique grâce à la formation de juges et du personnel judiciaire et à lutter contre le blanchiment de capitaux grâce à l'amélioration du fonctionnement du centre d'analyse financière du pays.
Quant au Libéria, qui se remet de longues années de guerre civile, il ne remplit pas encore les conditions nécessaires pour être un partenaire à part entière de la MCC, mais il bénéficie d'un programme d'aide destiné à améliorer ses institutions publiques.
Certains estiment que les conditions de la MCC en matière de bonne gouvernance sont trop strictes et qu'elles ralentissent l'octroi d'une aide. La présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson Sirleaf, qui est la première Africaine à occuper les fonctions de chef d'État, ne partage pas cet avis. Récemment elle a déclaré : « La MCC contribue à transformer les pays en développement. Les gouvernements responsables désireux d'adopter des réformes tiennent compte des critères de la MCC, ce qui a accéléré le rythme des réformes tout en donnant aux gouvernements le pouvoir de prendre des décisions au sujet de leur propre voie de développement et de la direction de leur avenir. »