25 août 2009

Washington - Alors que les États-Unis connaissent la pire crise économique depuis la dépression des années 1930, le président Obama a décidé de renommer, pour un second mandat, M. Ben Bernanke au poste de président du conseil d'administration de la Réserve fédérale (banque centrale) des États-Unis.
Lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 25 août en compagnie de M. Bernanke dans l'île de Martha's Vineyard, où il est en villégiature, M. Obama a déclaré : « Ben s'est attaqué au système financier qui était sur le point de s'effondrer avec calme et pondération, agissant avec audace et créativité, ce qui a permis de freiner la chute libre de notre économie. » La nouvelle nomination de M. Bernanke devra être entérinée par le Sénat pour qu'il puisse poursuivre ses fonctions.
Par ailleurs, le président a dit : « Les mesures que nous avons prises en vue de stabiliser notre système financier, de restaurer notre marché du crédit, de restructurer notre industrie automobile et d'adopter un plan de relance ont été toutes des mesures dictées par la nécessité et non pas choisies. »
Il a indiqué à la presse que l'économie américaine était loin d'être complètement rétablie, mais il s'est engagé à œuvrer en faveur de la réduction du chômage et à aider les entreprises à obtenir les capitaux dont elles avaient besoin pour procéder à une expansion de leurs activités dès le début de la reprise.
La reconduction des fonctions de M. Bernanke a rassuré les places boursières et les banques centrales étrangères sur le fait que les États-Unis vont poursuivre la voie fixée par M. Obama et par la Réserve fédérale pour redynamiser le secteur financier et pour appliquer une politique monétaire qui mette fin à la chute rapide de l'économie. M. Bernanke a joué un rôle de premier plan en ce qui concerne la reprise de l'activité économique, en stabilisant les grandes banques du pays, souvent à l'aide de méthodes originales, en rétablissant le crédit, qui est essentiel à la croissance des entreprises, et en déployant des efforts destinés à réduire les dettes et les créances douteuses détenues par des banques, sans mettre un frein à l'octroi de prêts dans tout le pays.
M. Bernanke a exprimé sa reconnaissance à M. Obama d'avoir suffisamment confiance dans son jugement pour le reconduire dans ses fonctions et d'être en faveur d'une Réserve fédérale forte et indépendante. « Tout comme les autres institutions économiques, la Réserve fédérale s'est heurtée aux événements sans précédent de ces dernières années, a-t-il dit. Nous avons fait preuve d'audace ou de réserve selon les circonstances, mais notre objectif demeure constant : rendre plus stable le secteur financier et économique de sorte que les possibilités puissent de nouveau être nombreuses et que les Américains soient récompensés pour leur dur labeur et leur créativité. »
Il s'est engagé à œuvrer de concert avec le président et le Congrès, si le Sénat entérinait sa nouvelle nomination, pour remettre en état l'économie américaine et « pour fournir la base solide nécessaire à la croissance et à la prospérité dans un climat caractérisé par la stabilité des prix ».
C'est le président George W. Bush qui a nommé pour la première fois M. Bernanke à la tête de la Réserve fédérale. Celui-ci est entré en fonction le 1er février 2006 et a ainsi succédé à M. Alan Greenspan qui avait occupé ce poste pendant dix-huit ans.
Lors du discours qu'il a prononcé récemment à l'occasion d'un symposium économique à Kansas City, M. Bernanke a dit : « Une des leçons très claires de l'année écoulée - qui ne constitue pas une surprise, bien entendu, pour ceux qui connaissent l'histoire économique, mais qu'il est cependant bon de faire remarquer - c'est qu'une crise financière de grande ampleur peut avoir des effets immenses sur les plans tant humain qu'économique. Une deuxième leçon - également connue des historiens de l'économie - c'est que les troubles financiers ne tiennent pas compte des frontières. La crise est mondiale, et aucun grand pays n'y a échappé. »
Une des mesures prises par la Réserve fédérale a été de mettre en place des mécanismes particuliers d'octroi de prêts dans le but de rétablir le fonctionnement normal des marchés financiers essentiels, a-t-il indiqué. Afin d'alléger les pressions s'exerçant sur le dollar et d'éviter l'étranglement du crédit, la Réserve fédérale et les banques centrales de douze grands pays ont créé des lignes de crédit à l'intention des banques du secteur privé.
Ces mesures et les décisions prises par les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des États membres du G7 ont permis de stabiliser le système financier mondial en prévenant la faillite de grands établissements financiers, en offrant des capitaux, en assurant les dépôts bancaires à concurrence d'un certain montant et en fournissant d'autres garanties pour rétablir la confiance des déposants des banques.
« Cette action internationale vigoureuse et sans précédent s'est révélée largement efficace. Elle a surtout empêché l'effondrement du système financier mondial, ce qui semblait bien trop possible aux ministres des finances et aux gouverneurs des banques centrales réunis à Washington », a dit M. Bernanke.
« Le monde a été en proie à la plus grave crise financière depuis la dépression des années 1930. Cette crise a déclenché dans le monde entier une récession profonde, dont nous commençons seulement maintenant à sortir », a-t-il ajouté.