10 août 2009

Washington - La réussite de l’Afrique du Sud sur les plans financier et économique lui donne la responsabilité et la possibilité d’aider ses voisins à s’orienter sur la voie du développement, a dit la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, lors du discours qu’elle a prononcé le 7 août à Johannesburg (Afrique du Sud).
« Il n’est pas facile, a-t-elle dit, de trouver des pays dont la politique financière et économique a été aussi judicieuse que celle de l’Afrique du Sud. » Ce pays est dans une situation exceptionnelle pour poursuivre « sa trajectoire économique et pour stimuler la croissance économique dans l’ensemble du continent africain ».
L’histoire africaine montre que pendant la période coloniale et post-coloniale les ressources de l’Afrique « sont trop souvent allées à quelques-uns et non pas à la majorité de la population. Malgré ses richesses, c’est ce continent qui compte les personnes les plus pauvres du monde. »
Il convient maintenant que la prospérité et les possibilités économiques en Afrique soient plus générales et qu’elles ne soient pas entravées par une mauvaise gouvernance, par des dirigeants médiocres et par des mesures qui manquent de vision tant dans le secteur public que le secteur privé.
La réussite économique actuelle et future de l’Afrique « dépend dans une grande mesure de la réussite économique de l’Afrique du Sud. Pour vous tous qui jouez un rôle primordial dans l’économie de votre pays, c’est là une responsabilité comme une possibilité ».
La politique économique du pays lui a donné un bon crédit, un faible endettement et des banques solvables qui sont bien réglementées. « Franchement, nous pourrions nous inspirer de votre exemple », a-t-elle dit au sujet de la crise économique mondiale due à la faillite de banques des États-Unis et d’autres pays.
Pour ce qui est des facteurs de la réussite de l’Afrique du Sud, la secrétaire d’État a cité la réconciliation politique, l’adoption d’une Constitution moderne et progressiste après la fin de l’apartheid dans les années 1990, la diversification de l’économie et l’adaptation de nouvelles technologies. En outre, l’Afrique du Sud facilite la participation de la population féminine à la vie politique et économique.
Elle s’est déclarée heureuse de la nomination par le président Jacob Zuma de Mme Gill Marcus au poste de gouverneur de la Banque centrale de l’Afrique du Sud ainsi que des nombreux exemples de femmes chefs d’entreprise dans le pays.
Toutefois, a-t-elle dit, l’Afrique du Sud a des possibilités économiques bien plus importantes et « elle ne peut pas exister comme une île relativement prospère au milieu d’un océan où les possibilités sont inexploitées ».
Les États-Unis sont prêts à œuvrer de concert avec l’Afrique du Sud en vue d’accroître les échanges commerciaux et l’intégration régionale, de mettre au point de nouvelles technologies et de créer un climat plus propice aux entreprises au moyen d’une bonne gouvernance et de l’autonomisation des femmes sur le plan économique.
L’augmentation de la productivité du secteur agricole dans l’ensemble de l’Afrique, où les femmes représentent 70 % des agriculteurs, serait extrêmement avantageuse. Une augmentation de 1 % équivaudrait à un accroissement des revenus supérieur au montant de tous les programmes actuels d’aide à l’Afrique.
En septembre, les États-Unis et l’Afrique du Sud entameront des négociations en vue d’établir un conseil économique bilatéral destiné à favoriser les relations économiques entre les deux pays.
Le gouvernement Obama tient aussi à apporter un soutien aux plans du président Zuma relatifs au développement des zones rurales et à la mise en place d’une infrastructure.
La pauvreté des ruraux a des effets sur les agglomérations urbaines, car ceux qui vont dans les villes à la recherche d’un travail n’en trouvent guère s’ils n’ont pas la formation et l’expérience nécessaires pour les emplois offerts.
Par ailleurs, Mme Clinton a indiqué qu’elle avait été ravie de rendre visite à l’ancien président de l’Afrique du Sud, M. Nelson Mandela. Il importe, a-t-elle dit, que l’on poursuive l’œuvre de sa vie pour ce qui est de l’entretien d’un dialogue et de la recherche de solutions aux problèmes dans une multitude de domaines.