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06 août 2009

Mme Clinton déclare que les États-Unis croient au potentiel de l'Afrique

 
Hillary Clinton à Nairobi le 5 août 2009
La secrétaire d'État, Mme Clinton, lors de sa conférence de presse au huitième Forum AGOA à Nairobi (Kénya) le 5 août 2009.

Nairobi (Kénya) -s « Nous croyons au potentiel de l'Afrique. Nous attachons beaucoup d'importance à l'avenir de l'Afrique. Nous serons les partenaires des Africains », a déclaré le 5 août la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton. Prenant la parole lors de la session ministérielle d’ouverture du huitième Forum sur la coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne (Forum de l’AGOA), elle a dit que les États-Unis et l'Afrique « aspiraient ensemble à une croissance économique et à une prospérité plus grandes dans l'ensemble du continent ».

Lors de la première étape d'un voyage qui la conduira dans sept pays, elle a expliqué que sa tournée témoignait de « l'importance que le président Obama [dont le père est né au Kenya] et moi-même accordons au renforcement des échanges commerciaux non seulement entre l'Afrique et les États-Unis, mais également à l'intérieur même de l'Afrique ».

Elle a rappelé le discours que M. Obama avait prononcé au Ghana en juin et dans lequel il avait évoqué une responsabilité commune. Cette responsabilité, a-t-elle dit, s'accompagne de «  possibilités communes » et conduit à se demander comment les États-Unis et l'Afrique peuvent unir leurs efforts pour contribuer à réaliser le potentiel des 800 millions d'habitants de l'Afrique.

Les Africains doivent saisir les possibilités qui s'offrent malgré les « stéréotypes et les clichés ayant trait à la pauvreté, aux maladies et aux conflits », a-t-elle souligné. « Le continent dispose d’un énorme potentiel pour progresser (…) L'Afrique est capable de réaliser et réalise actuellement des progrès économiques » et « regorge de possibilités », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que « l'économie de nombreux pays avait ralenti ou stagnait sous le poids de la récession mondiale ».

Elle a également rappelé qu'il existait encore des pays africains où certains travailleurs « gagnent moins d'un dollar par jour, où des mères et des pères meurent de maladies qui auraient pu être évitées, où l'apprentissage des enfants se fait trop souvent par les armes plutôt que par les livres et où des femmes et des filles sont maltraitées, voire violées dans le cadre de tactiques guerrières et où l’appât du gain et la corruption sont les principales monnaies d’échange. »

Ce qu’il faut également dire, a-t-elle souligné, c’est que « de nombreuses régions d’Afrique s'emploient à répondre aux défis du XXIe siècle et ont adopté une stratégie qui fera de l'Afrique un centre régional et mondial de progrès et de prospérité ».

Mme Clinton s'est déclarée heureuse de pouvoir observer des signes de progrès au cours de sa tournée, qui la conduira après le Kénya en Afrique du Sud, en Angola, en République démocratique du Congo, au Nigéria, au Liberia et au Cap-Vert.

« Il se passe tant de choses qui méritent d’être signalées et mises en valeur », a-t-elle dit. Elle a cité l’exemple du Rwanda, pays qui, avec l'une des croissances économiques les plus rapides d'Afrique et des indicateurs de santé en voie d’amélioration, réalisait des progrès « stupéfiants », après avoir été en 1994 le théâtre d'un génocide qui a fait plus de 800.000 victimes.

Par ailleurs, « des innovations transforment déjà la vie des habitants et alimentent la croissance économique », a-t-elle indiqué. « En Afrique de l'Est comme en Afrique de l'Ouest, des agriculteurs peuvent appuyer sur une touche de leur téléphone portable pour consulter les cours de plusieurs dizaines de produits agricoles. Au Ghana, des producteurs d’ananas se servent de leur assistant numérique de poche et de techniques de codes barres pour faciliter le transport et accroître le rendement. Le nouveau câble sous-marin à fibres optiques permettra à des centaines de millions de personnes d'accéder à l’Internet. »

Si l'Afrique a manqué la première révolution verte, elle a maintenant la possibilité de créer sa propre révolution. « Il y a tant d'exemples concrets de possibilités à exploiter », a-t-elle dit.

La secrétaire d’Etat a traité dans son discours de quatre thèmes principaux : le commerce, le développement, la bonne gouvernance et les femmes.

À propos du commerce, elle a déclaré : «  En notre qualité de plus grand partenaire commercial de l’Afrique, nous privilégions une politique commerciale propice à la prospérité et à la stabilité. » À cet égard, elle s’est faite l’écho de ce que le président Obama avait déclaré au Ghana, à savoir que les États-Unis souhaitaient être le partenaire, et non le protecteur, de l'Afrique.

Aujourd'hui, a-t-elle dit, la part de l’Afrique dans les échanges commerciaux mondiaux est de 2 %, mais « si l'Afrique subsaharienne augmentait cette part de 1 % seulement, cela créerait chaque année des recettes à l'exportation supérieures au montant total de l’aide annuelle qu’elle reçoit actuellement ».

Promulguée par le président Clinton en 2000, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) confère à plus de 6.000 produits africains des préférences commerciales sous forme de franchise de droits. Cette loi, a-t-elle dit, a « donné des résultats quantifiables, mais pas encore suffisants ». « Nous savons que cette loi n'a pas encore atteint toute sa mesure », a-t-elle déclaré, tout en annonçant que les États-Unis coopéreraient avec l’Afrique « pour essayer de concrétiser ce potentiel ». L'accès aux marchés ne suffit pas, car « trop souvent, les pays africains ne disposent pas encore des moyens nécessaires pour répondre aux besoins du marché américain ».

Elle a demandé aux pays africains d'accorder plus d'importance aux échanges commerciaux dans le cadre de leur stratégie de développement et de continuer à libéraliser et à simplifier les échanges commerciaux régionaux.

En ce qui concerne le développement, Mme Clinton a dit que le gouvernement. Obama comptait renforcer les partenariats qui feraient de l'aide extérieure un « fondement essentiel » de la politique étrangère américaine et qu’il était « en passe de doubler l'aide extérieure d’ici à 2014 ». Cette aide sera cependant accordée différemment, car l'accent sera mis sur l'obtention de résultats à long terme.

« L'aide au développement liée à la politique commerciale alimentera, à notre avis, une croissance dynamique axée sur l’économie de marché, au lieu de perpétuer la dépendance », a-t-elle ajouté.

Mme Clinton a annoncé que des efforts seraient faits en septembre, en marge de l'Assemblée générale de l’ONU, pour faire progresser le partenariat mondial en faveur de l'agriculture et de la sécurité alimentaire.

À propos de la gouvernance, elle a déclaré que les véritables progrès économiques ne dépendaient pas seulement du dur labeur de millions de personnes, mais également de « gouvernements responsables qui rejettent la corruption, qui font appliquer l'état de droit et qui obtiennent des résultats pour leurs habitants. Il ne s'agit pas seulement de bonne gouvernance. Il s'agit aussi de bonne santé économique. »

« La démocratie donne des résultats », a-t-elle déclaré, en faisant remarquer que la transparence était l'un des ingrédients de base de la démocratie. « Dans mon pays, un juge célèbre a dit que l'exposition au soleil était le meilleur désinfectant qui soit. Il y a beaucoup de soleil en Afrique. »

La secrétaire d’Etat a salué les nombreux gouvernements africains qui avaient choisi la transparence en participant à l'Initiative en faveur de la transparence dans l’industrie minière. Elle a demandé aux citoyens aussi bien qu'aux gouvernements d'unir leurs efforts pour instaurer et maintenir de solides institutions démocratiques, telles qu'un pouvoir judiciaire indépendant, une presse libre et une fonction publique dévouée et professionnelle.

« Les progrès à réaliser dépendent d’une bonne gouvernance et du respect de l'état de droit. Il s'agit là de conditions essentielles à l'instauration de conditions favorables à l’obtention d’investissements fiables et à une croissance économique générale », a-t-elle ajouté, tout en faisant remarquer que les États-Unis s'employaient encore, après deux cent trente ans, à améliorer leur démocratie.

En ce qui concerne les femmes, Mme Clinton a déclaré que leur marginalisation sur les plans social, politique et économique dans la plus grande partie de l'Afrique avait créé un vide « nuisant chaque jour au progrès et à la prospérité ».

Les femmes font le travail de tout le continent, a-t-elle dit, « en allant chercher du bois de chauffage, en lavant les vêtements, en préparant les repas, en élevant les enfants, en cultivant les champs et en faisant la récolte – et, lorsque la possibilité leur en est donnée, en transformant les collectivités et l’économies locale ».

Elle a demandé à tous les Africains de veiller à ce que les droits des femmes soient respectés et protégés et à ce que les femmes aient la possibilité de contribuer au progrès économique et social. Il s'agit là, d'un « impératif moral », a-t-elle souligné.

Dans tout le continent, a-t-elle dit, des hommes et des femmes « assument leurs responsabilités » et sont en quête de partenariats. « Ils souhaitent des partenariats avec leur gouvernement (...), avec le secteur privé (…), avec des pays comme le mien. Il n'y a pas lieu d'attendre. Tous les ingrédients sont réunis pour un essor extraordinaire de la croissance, de la prospérité et du progrès. »

Après le discours de Mme Clinton, le président Obama a transmis par vidéo ses vœux de succès au Huitième Forum de l’AGOA, en déclarant que l’AGOA avait transformé les relations commerciales entre les États-Unis et l'Afrique.

Le président du Kénya, M. Mwai Kibaki, et le premier ministre kényan, M. Raila Odinga, ont également pris la parole lors de l’ouverture de la session ministérielle.

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