05 août 2009
Ils ont des rôles clés à jouer dans ce cadre, a déclaré l’ambassadeur des États-Unis au Kénya.

Nairobi (Kénya) - Le rôle de groupes de la société civile et du secteur privé dans les réunions de l’AGOA et dans l’application de cette loi est plus important que jamais, a affirmé l’ambassadeur des États-Unis au Kénya, M. Michael Ranneberger le 4 août.
Lors de l’allocution qu’il a prononcé à l’ouverture de la session commune consacrée à la société civile et au secteur privé au Huitième forum sur la coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, connu sous le nom de Forum de l’AGOA, M. Ranneberger a souligné que ces deux groupes, bien qu’ils aient toujours participé aux forums de l’AGOA, jouaient aujourd’hui «un rôle plus pertinent et plus important que jamais ».
« Le développement économique et les institutions démocratiques sont inextricablement liés », a-t-il expliqué. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles certains pays de l’Afrique subsaharienne ne tirent pas parti du système tarifaire préférentiel offert par l’AGOA, et ces raisons ont à voir avec le manque de transparence, l’insuffisance de la lutte contre la corruption et l’absence d’institutions démocratiques solides.
Une discussion majeure qui sera entamée au forum de l’AGOA portera sur les moyens de dynamiser les liens entre la société civile et le secteur privé, a-t-il dit aux délégués. « Ces relations doivent se fonder sur un esprit de dialogue franc et constructif pour mener à la réussite. Le secteur privé et la société civile ont la responsabilité de dire les choses telles qu’elles sont aux dirigeants et de faire pression sur eux en faveur des réformes économiques et politiques qui sont nécessaires au développement économique et à la stabilité démocratique. »
La société civile et le secteur privé doivent jouer des rôles d’envergure, a-t-il indiqué, « pour contribuer à assurer que le commerce soit libre et équitable et que les décideurs soient tenus responsables de leurs actes dans un processus transparent, notamment en ce qui concerne la politique commerciale et la gouvernance qui peuvent avoir des effets néfastes sur les producteurs et les consommateurs ».
M. Ranneberger a cité les propos du président Obama pour expliquer le rôle primordial de la société civile, notamment l’importance de l’État du droit, de la participation de la population et de la nécessité de trouver des solutions concrètes au problème de la corruption.
La présence au forum de l’AGOA de la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, M. Ron Kirk, de plusieurs ministres de même que des membres du Congrès américain « met en évidence l’importance que nous attachons à l’AGOA en tant que moyen de promouvoir le développement économique », a-t-il dit.
Il a fait l’éloge des remarques prononcées par Mme Clinton lors d’une différente session du forum dans lesquelles elle avait mis l’accent sur le rôle particulièrement important des femmes en tant que « locomotives » de la croissance économique et de la stabilité démocratique.
Il a également félicité l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) de ses efforts pour aider les groupes de femmes en Afrique de l’Est à avoir accès au marché américain dans le cadre de l’AGOA. L’entreprise rwandaise Gahaya Links, qui vend des paniers à la chaîne de grands magasins Macy’s et l’entreprise kényane Kenana Knitters, qui vend des tricots sur le marché américain, constituent seulement deux des nombreuses réussites économiques facilitées par l’AGOA.
M. Ranneberger a dit aux délégués, parmi lesquels se trouvaient des responsables de différents gouvernements africains, que la crise traversée l’an dernier par le Kénya avait mis en évidence le rôle clé que la société civile et le secteur privé pouvaient et devaient jouer.
« La société civile, le secteur privé et les médias ont œuvré de concert de manière historique pour user de leur influence et pour faire pression en faveur d’une solution politique et de l’adoption d’un vaste éventail de réformes nécessaires pour résoudre le problème à la base de la crise. »
L’application de toutes ces réformes, a-t-il dit, « est absolument essentielle. Les défaillances à ce niveau sont l’un des facteurs qui entravent le redressement économique et empêchent de tirer parti des possibilités offertes par l’AGOA ».
M. Ranneberger a fait l’éloge « du travail courageux » accompli par les groupes de la société civile et du secteur privé dans tout le continent africain. « Je vous exhorte tous à profiter de vos débats aujourd’hui pour étudier les liens entre le développement économique et les institutions démocratiques solides, pour examiner la pertinence de l’AGOA et pour mettre au point des recommandations constructrices. ».
« Je voudrais vous assurer que vos voix seront écoutées tout au long de cette conférence comme aux États-Unis et que vos recommandations seront sans aucun doute utilisées pour renforcer les effets de l’AGOA. »