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05 août 2009

L’Afrique doit avoir recours au commerce pour se sortir de la crise économique, dit M. Odinga

Le discours du premier ministre kényan au Huitième Forum de l’AGOA

 
Raila Odinga
Le premier ministre du Kénya, M. Raila Odinga.

Nairobi (Kénya) – Le premier ministre kényan, M. Raila Odinga, a ouvert officiellement, le 4 août, les sessions du Huitième Forum de l’AGOA consacrées à la société civile et au secteur privé en souhaitant la bienvenue aux délégués par le terme swahili « Karibou » et en incitant les pays africains à avoir recours au commerce pour se sortir de la crise économique mondiale.

Lors du discours qu’il a prononcé à cette occasion devant un parterre composé notamment de ministres africains, M. Odinga a déclaré : « Pour l’Afrique, la récession mondiale est particulièrement difficile ; elle aggrave notre crise croissante en ce qui concerne l’eau, les vivres, l’énergie » et entrave la croissance et le développement économiques durables. « Pour des dizaines de millions d’Africains, même une toute petite réduction de revenu peut les mettre au bord du désastre », a-t-il dit.

Toutefois, même s’il s’agit d’une période difficile, il existe d’immenses possibilités, a-t-il souligné en préconisant le recours à de nouvelles méthodes pour s’attaquer aux problèmes que l’on ne pouvait pas résoudre au moyen des méthodes habituelles. Tous les Africains conviennent qu’il faut avoir recours au commerce pour se sortir de cette crise, a-t-il indiqué.

Alors qu’ils tentent de trouver de nouveaux moyens de s’attaquer aux problèmes économiques, les Africains ont la chance, selon lui, d’avoir pour partenaire un nouveau gouvernement américain qui envisage de nouvelles idées et qui manifeste un soutien important au continent africain.

« Jamais auparavant un président des États-Unis et un secrétaire d’État ne sont venus dans notre continent si peu de temps après leur entrée en fonction », a déclaré le premier ministre kényan aux délégués, avant de remercier la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, qui est arrivée quelque temps plus tard à Nairobi pour assister au Huitième Forum de l’AGOA, dans le cadre de sa tournée dans sept pays africains.

« Il y a eu une époque où nous cherchions à obtenir une aide pour résoudre nos problèmes en matière de développement économique », a-t-il dit en ajoutant que maintenant les Africains considéraient davantage le commerce international et régional comme une solution viable, en particulier du fait de la crise économique mondiale et de la diminution consécutive des investissements étrangers. Les Africains sont bien plus favorables au commerce en tant que moyen de parvenir à une croissance et à un développement économiques durables.

M. Odinga a fait l’éloge de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), que les États-Unis ont adoptée en 2000 en vue de faciliter l’importation sur leur marché de produits africains, mais il s’est déclaré d’avis qu’il était encore trop tôt pour prétendre que cette loi avait donné tous les résultats attendus.

Il a incité les Africains à accroître la qualité et la quantité des produits qu’ils exportaient aussi bien en dehors de l’Afrique qu’en Afrique, car ce n’était que de cette façon qu’ils pourraient jouer un rôle économique et politique important dans le monde et tirer parti au maximum des possibilités offertes par l’AGOA.

En 2008, a-t-il dit, les importations de vêtements des États-Unis ont atteint 93 milliards de dollars, mais seulement 1 milliard de dollars représentait les importations en provenance de l’Afrique. La raison en est, selon lui, que la plus grande partie de la production africaine est le fait de petites et moyennes entreprises qui ont des difficultés à exécuter les grandes commandes passées par des sociétés américaines.

Si l’Afrique doit remédier à cette situation, elle doit aussi chercher à accroître les échanges commerciaux entre pays africains, qui sont encore extrêmement faibles. « Il nous faut, a-t-il dit, élaborer nos propres stratégies d’exportation et concentrer davantage notre attention sur le commerce entre pays africains. C’est là où il existe des possibilités immenses. »

Par ailleurs, le premier ministre kényan a invité les Africains à créer leur propre version du Forum de l’AGOA et a demandé pourquoi il n’était pas possible d’ouvrir les frontières des pays africains pour laisser passer librement les marchandises et pour faciliter les échanges commerciaux en général, ce qui a déclenché de vifs applaudissements de la part des délégués.

Il a fait remarquer qu’il était plus facile pour un homme d’affaires africains de se rendre dans de nombreux pays européens que d’aller, par exemple, du Nigéria au Kénya.

Le marché africain, a-t-il dit, représente 800 millions de consommateurs, mais si les frontières sont fermées ou très peu ouvertes, les entreprises africaines ne peuvent pas trouver de débouchés et accroître leur production, et l’économie des pays africains ne peut pas se développer.

Pour ce qui est de la gouvernance, M. Odinga a déclaré que l’Afrique se trouvait dans une période de « transition politique », qu’elle n’acceptait plus des dictateurs comme Mobutu Sese Seko et Idi Amin et qu’elle était en faveur de la responsabilisation, de la transparence et de la bonne gouvernance.

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