03 avril 2009
Le communiqué de la réunion au sommet du G20 à Londres

Washington - Les dirigeants des plus grandes puissances économiques du monde se sont engagés à consacrer 1.100 milliards de dollars au rétablissement du crédit, de la croissance économique et de l'emploi dans le monde.
« Allié aux mesures que nous avons chacun prises au niveau national, ceci constitue un plan mondial de reprise d'une ampleur sans précédent », indiquent-ils dans le communiqué qui a été diffusé le 2 avril, à l'issue de la réunion au sommet du G20 à Londres.
Cet énorme montant comprend 750 milliards de dollars pour la création d'un fonds d'aide d'urgence au sein du Fonds monétaire international (FMI) dont la mission est d'aider les États en cas de crise financière et 250 milliards de dollars pour l'émission de nouveaux droits spéciaux de tirage (DTS). Les DTS constituent l'unité de compte du FMI qui permet d'accroître les réserves existantes de ses États membres. Les chefs d'État et de gouvernement sont aussi convenus de fournir au moins 100 milliards de dollars de plus aux banques multilatérales de développement et de garantir 250 milliards de dollars pour faciliter le financement des échanges commerciaux.
Enfin, ils sont convenus d'autoriser le FMI à vendre une partie de ses réserves d'or pour financer l'aide aux pays les plus pauvres.
« En agissant de concert pour tenir ces engagements, nous ferons sortir l'économie mondiale de la récession et empêcherons qu'une crise comme celle-ci se reproduise à l'avenir », indique le communiqué.
Les économistes aussi bien du FMI que de la Banque mondiale prévoient que l'économie mondiale se contractera en 2009 pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le premier ministre britannique, M. Gordon Brown, qui avait organisé cette réunion, a déclaré à son issue que l'accord entre les États membres du G20, qui porte aussi sur la réglementation des institutions financières, traduisait un degré élevé d'entente entre tous les participants.
« Aujourd'hui, a-t-il dit, les plus grands pays du monde se sont mis d'accord sur un plan mondial visant à encourager la reprise et les réformes économiques. » Ce plan tient compte des deux grands domaines de préoccupation énoncés par les États-Unis et par plusieurs pays européens, à savoir une plus grande relance alliée à une meilleure réglementation.
Dans leur communiqué, les chefs d'État et de gouvernement préconisent les mesures suivantes :
- mieux réglementer les institutions, les instruments et les marchés financiers, notamment les fonds spéculatifs,
- adopter de nouveaux principes relatifs à la rémunération des cadres de direction afin d'éviter des modes de rémunération qui encouragent la prise de risques excessifs et qui récompensent l'échec,
- créer un Conseil de stabilité financière composé de tous les États membres du G20, de l'Espagne et de la Commission européenne et chargé de collaborer avec le FMI et de fournir une alerte rapide en cas de changements économiques et de risques financiers importants nécessitant qu'on y fasse face,
- encourager les pays considérés comme des paradis fiscaux à se conformer aux règles de l'Organisation de coopération et de développement économiques pour lutter contre le blanchiment de capitaux et l'évasion fiscale s'ils ne veulent pas subir une condamnation publique et des sanctions économiques,
- après la reprise, encourager les banques du secteur privé à accroître leur capitalisation pendant les bonnes périodes de l'économie de manière à disposer des ressources nécessaires en cas de mauvaises périodes,
- exiger que les organismes de notation se conforment à un code international de bonnes pratiques et qu'ils mettent fin aux conflits d'intérêt avec d'autres établissements financiers pour éviter de fournir une notation irréaliste des titres,
- décourager activement le protectionnisme et rester résolus à faire aboutir le cycle de négociations commerciales dit de Doha. L'aboutissement de ce cycle, dont la nécessité est urgente, est susceptible d'augmenter la production économique mondiale d'au moins 150 milliards de dollars par an.
Lors de sa conférence de presse, M. Brown a déclaré : « Pour la première fois, nous avons une approche commune pour épurer les banques à travers le monde et pour restructurer le système financier mondial. Nous avons maintenu notre engagement à aider les plus pauvres du monde. Il s'agit là d'une action collective de personnes du monde entier qui ont fait de leur mieux. »
Les États membres du G20 sont les plus grandes puissances économiques du monde. Ils sont à l'origine de 90 % de la production mondiale et de 80 % des échanges commerciaux et comptent les deux tiers de la population mondiale.