01 avril 2009
Le taux de chômage pourrait être supérieur à 10 % dans de nombreux pays.

Washington - L'activité économique devrait diminuer de 4,3 % en moyenne dans les 30 États membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En outre, le taux de chômage pourrait être supérieur à 10 % dans de nombreux pays, alors que le commerce international devrait reculer de plus de 13 % en 2009.
Dans son rapport intermédiaire sur les perspectives économiques, l'OCDE, dont le siège est à Paris, indique que l'économie mondiale est en proie « à la récession la plus profonde et la plus synchronisée » depuis une cinquantaine d'années. Elle estime que la récession mondiale s'aggravera cette année avant que la reprise due aux mesures adoptées s'accélère progressivement tout au long de 2010.
Lors de la réunion des ministres du travail et de l'emploi des États membres de l'OCDE qui a eu lieu le 30 mars à Rome, le secrétaire général de cette institution, M. Angel Gurria, a déclaré que les États devaient agir rapidement et d'une manière décisive pour empêcher que la crise actuelle ne devienne une grande crise sociale touchant gravement les travailleurs en situation vulnérable et les ménages à faible revenu.
Selon le rapport intermédiaire, l'activité économique diminuera fortement cette année aux États-Unis, mais le pays devrait commencer à sortir de la récession au début de 2010. Cette évaluation de la situation économique américaine correspond à l'évaluation du président du conseil d'administration de la Réserve fédérale des États-Unis, M. Ben Bernanke. Il a récemment déclaré que si les banques du secteur privé consentaient de nouveau des prêts aux entreprises et aux ménages cette année, la récession pourrait prendre fin dès le début de l'année prochaine.
« Le rétablissement de la croissance mondiale constitue une question prioritaire sur les plans économique et politique, mais c'est aussi une obligation morale, sociale et humaine », a dit M. Gurria lors de la réunion de Rome.
Le rapport intérimaire sur les Perspectives économiques de l'OCDE a paru deux jours avant la réunion du G20 à Londres. Les chefs d'État et de gouvernement des États membres de ce groupe, qui représentent 85 % de l'économie mondiale, doivent envisager les moyens de relancer davantage leur économie et de réglementer les marchés financiers afin d'éviter une nouvelle crise de ce genre à l'avenir.
Le président Obama, qui s'est rendu à Londres le 31 mars, doit présenter à cette occasion un programme portant sur quatre grands domaines : la mise en place d'un plan important de relance de l'économie, la remise en état des systèmes financiers en vue de relancer le crédit, l'évitement du protectionnisme et la réduction de la propagation de la crise dans les pays en développement, a déclaré son conseiller pour les affaires économiques internationales, M. Michael Froman, le 28 mars.
Les États-Unis, a-t-il indiqué, cherchent à étendre la réglementation aux institutions et aux produits financiers importants, y compris les fonds spéculatifs, à créer un code de conduite pour les centres financiers extraterritoriaux, connus sous le nom de paradis fiscaux, à parvenir à un accord sur la réforme du système financier mondial et à encourager une plus grande coopération entre les organismes de réglementation des divers pays.
Selon le rapport de l'OCDE, la diminution des exportations et des investissements alliée au maintien du resserrement du crédit entravera fortement l'activité économique dans les pays européens au cours des six mois à venir. La reprise ne commencera à se manifester dans ces pays qu'au milieu de 2010.
Le risque le plus grave est, d'après le rapport, que l'affaiblissement de l'économie ait des effets encore plus prononcées sur les établissements financiers, ce qui ne manquerait pas de compromettre encore plus l'activité économique.