15 octobre 2008
Les États-Unis peuvent-ils s'accommoder de moins d'énergie et maintenir leur niveau de production ?
(L'article ci-après appartient à la publication du département d'État intitulée USA : L'économie en bref.)
L'économie américaine consomme beaucoup d'énergie : en 2005, 99,89 quatrillions de Btu (British thermal units). Les États-Unis consomment la quasi-totalité de l'énergie qu'ils produisent et en importent encore plus.
« Les combustibles fossiles - charbon, pétrole et gaz naturel - fournissent plus de 85 % de l'énergie consommée aux États-Unis, près des deux tiers de notre électricité et pratiquement tous nos carburants », indique le département américain de l'Energie.
Et la consommation devrait augmenter pendant des décennies, « même avec la mise au point et l'utilisation agressives de nouvelles technologies nucléaires et renouvelables ».
Aux États-Unis, moins de 8 % des approvisionnements énergétiques proviennent du nucléaire et moins de 6 % des énergies renouvelables, surtout l'hydroélectricité et la biomasse.
Le coût de l'énergie augmente dans le monde à mesure que la demande s'accroît. En même temps, les ressources énergétiques, notamment le pétrole, sont de plus en plus aux mains d'entreprises d'État hors des principales économies.
Aux États-Unis, près du tiers de l'offre d'énergie est importé, de même que près des deux tiers du pétrole. En 2006, l'économie consommait en moyenne 20,6 millions de barils de pétrole par jour, soit près du quart de l'offre mondiale. La dépendance vis-à-vis du pétrole étranger est devenue une question politique majeure.
Selon un rapport de l'Energy Security Leadership Council :
« Étant donné qu'il existe peu de produits de substitution au pétrole, une perturbation même mineure des approvisionnements mondiaux risque d'entraîner un bouleversement de l'activité économique de dizaines de millions d'Américains. » Economiser l'énergie et mettre au point des ressources énergétiques autres que les combustibles fossiles constituent des objectifs de la politique américaine, mais il n'est pas facile de parvenir à un consensus politique sur la réalisation de ces objectifs.
L'économie américaine a déjà réalisé des économies d'énergie.
Elle consomme aujourd'hui moitié moins de pétrole pour produire un dollar (corrigé des effets de l'inflation) du PIB par rapport à l'époque des chocs pétroliers des années 1970. Les raisons : l'expansion de secteurs de l'économie qui sont moins tributaires de l'énergie, l'élévation des normes de rendement énergétique pour les véhicules et la réduction radicale de la consommation de pétrole au profit de l'énergie électrique.
Même ainsi, en 2004, les États-Unis arrivaient derrière les autres grandes économies (sauf le Canada) pour l'efficacité énergétique.
Une loi sur l'énergie adoptée par le Congrès en 2005 prévoit de nombreuses mesures d'incitation, telles que garanties d'emprunt, allégements fiscaux et subventions pour les industries liées à la production d'énergie (notamment nucléaire, biomasse comme l'éthanol, et combustibles fossiles). Le charbon à combustion moins polluante constitue un objectif essentiel - les États-Unis possèdent d'importantes réserves de charbon. La loi prévoit aussi des allégements fiscaux pour les travaux d'économie d'énergie dans les logements et pour l'achat de véhicules économes en énergie.
Pour des raisons tant environnementales qu'économiques, certains États, notamment la Californie, vont plus loin que le gouvernement fédéral dans le relèvement des normes concernant les logements, les entreprises et les véhicules à moteur.
Les investissements étrangers posent-ils aussi un problème ?