Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

13 novembre 2008

Le plan de sauvetage financier donne des résultats, mais doit être adapté, dit M. Paulson

Propos du ministre américain des finances

 
Henry Paulson
Le ministre des finances, M. Henry Paulson.

Washington - Selon le ministre des finances, M. Henry Paulson, les systèmes financiers des États-Unis et d'autres pays ont enregistré une amélioration ces dernières semaines, mais les problèmes en matière de crédit aux États-Unis exigent une modification de la politique du gouvernement.

« Notre système est plus fort et plus stable qu'il y a quelques semaines » par suite des mesures prises par les pouvoirs publics et les banques centrales de divers pays, a-t-il dit le 12 novembre.

Toutefois, a-t-il ajouté, ce système demeure fragile face à un ralentissement important de l'activité économique et de la faiblesse des établissements financiers dont l'actif comprend de nombreuses créances douteuses.

Le ministre des finances a fait état des progrès réalisés en ce qui concerne la mise en œuvre du plan de sauvetage financier se montant à 700 milliards de dollars et il a annoncé la modification de ce plan.

Le gouvernement, a-t-il dit, continuera d'utiliser le reste de la première tranche de 250 milliards de dollars pour acquérir des actions de certaines banques en vue de les encourager à accorder davantage de prêts.

Le même jour, la Réserve fédérale et trois autres organismes fédéraux ont diffusé un communiqué commun en vue d'inciter toutes les banques américaines à reprendre leurs opérations de crédit à l'intention des emprunteurs solvables et à n'envisager de verser des dividendes que si leur position est particulièrement solide sur le plan du capital. En outre, la rémunération de leurs cadres de direction doit tenir compte des intérêts à long terme de leur établissement.

Certains parlementaires et spécialistes ont en effet exprimé leur préoccupation au sujet du fait que les banques participant au programme d'acquisition d'actions risquaient de se servir de ces nouveaux capitaux pour financer le rachat d'autres banques et pour accorder des conditions très avantageuses de rémunération à leurs cadres de direction au lieu d'octroyer des prêts.

La Réserve fédérale et les trois autres organismes fédéraux ont menacé de prendre des mesures non définies à l'encontre des banques dont la distribution de dividendes serait incompatible avec une bonne ligne d'action en matière de capital et de crédit.

M. Paulson a indiqué qu'il faudrait du temps avant que les places boursières et les banques « digèrent » les nouvelles mesures appliquées en peu de temps. Son ministère, a-t-il dit, a décidé de réviser les objectifs du plan de sauvetage face à l'évolution des conditions financières et économiques. Il a exclu l'acquisition de titres invendables liés à des prêts immobiliers, ce qui avait été considéré comme la meilleure solution au début du mois d'octobre.

Le gouvernement envisage maintenant d'apporter un soutien aux marchés du crédit en dehors des banques, tels que les prêts accordés pour l'achat d'un véhicule ou pour la poursuite d'études universitaires, qui, avec les cartes de crédit, représentent 40 % du crédit à la consommation aux États-Unis. Il devient de plus en plus difficile, a-t-il dit, d'obtenir ces prêts, et leur coût ne cesse d'augmenter.

Parmi les autres possibilités figurent la réduction du risque de saisie immobilière pour cause de non-paiement des mensualités et la fourniture de capitaux aux banques qui réussissent à lever des capitaux par elles-mêmes.

Toutefois, M. Paulson a exclu la possibilité d'utiliser les fonds du plan de sauvetage pour aider les grands producteurs américains d'automobiles si le Congrès ne modifiait pas la loi pertinente à cet effet.

Le 11 novembre, le gouvernement a également annoncé un plan destiné à aider les acquéreurs d'un logement qui ont des difficultés à verser leurs mensualités.

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