Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

13 novembre 2008

Un Sommet économique mondial va se tenir à Washington le 15 novembre

Les participants sont les chefs d'État et de gouvernement des États membres du G20.

 
Le président Bush le 11 octobre 2008.
Le président Bush s'adresse à des journalistes devant la Maison-Blanche en octobre suite à une rencontre avec les représentants du G7.

Washington - Les chefs d'État et de gouvernement des États membres du groupe des Vingt (G20) se réuniront dans un musée de Washington (National Building Museum), le 15 novembre, pour envisager la réforme du système financier mondial.

Créé en 1999, lors de la dernière crise financière d'ampleur mondiale, le G20 comprend des pays industriels et émergents, dont les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales se réunissent périodiquement. Ses membres sont l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Allemagne, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie ainsi que l'Union européenne.

Des représentants de la Commission européenne, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, de l'Organisation des Nations unies et du Forum de stabilité financière y assisteront également.

Les discussions porteront en premier sur les causes de la crise financière mondiale actuelle, puis sur les mesures déjà prises et sur les principes relatifs aux réformes susceptibles de prévenir une répétition de cette crise.

Le gouvernement Bush a déclaré que l'accroissement de la transparence, l'amélioration de la gestion des risques, la coordination entre les organismes de réglementation et l'adoption de règles plus compatibles dans certains domaines, tels que la comptabilité et la capitalisation, seraient à l'ordre du jour.

Le président Bush rappellera aussi aux dirigeants des autres pays que la situation actuelle ne doit pas constituer un prétexte pour ne pas tenir les engagements pris en matière d'aide humanitaire et d'aide au développement.

Les alliés occidentaux vont-ils s'affronter ?

Le premier ministre britannique, M. Gordon Brown, a parlé de la nécessité d'un nouvel accord de Bretton Woods, faisant ainsi allusion aux accords adoptés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en juillet 1944, qui ont donné naissance à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international. L'efficacité de ces deux institutions, leur amélioration, leur coordination avec les organismes de réglementation de leurs États membres et leur rôle en ce qui concerne la prévention feront l'objet de discussions.

Selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Mme Dana Perino, si le gouvernement Bush admet la nécessité d'apporter certains changements, en particulier en ce qui concerne l'interdépendance économique des pays, il manifestera son opposition à toute proposition tendant à supprimer des institutions internationales.

Le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, a préconisé la refonte des règles du capitalisme et déclaré que la réglementation financière devrait s'appliquer sans tenir compte des frontières. Le gouvernement Bush n'est pas en faveur d'un seul organisme mondial de réglementation et estime plutôt qu'il incombe aux différents pays d'améliorer leur réglementation d'une manière adaptée à leur propre situation.

Alors que certains observateurs soulignent la possibilité d'un affrontement entre les pays européens et les États-Unis, Mme Perino a fait remarquer que d'autres pays, dont des pays émergents qui avaient beaucoup progressé grâce au capitalisme, seraient aussi représentés à la réunion. En outre, elle a souligné que, malgré les divergences, « voire les hostilités » entre les États-Unis et la France dont les médias aimaient faire état, tous les pays coopéraient.

Selon M. Scott Talbott, de l'association The Financial Services Roundtable financiers, qui représente des banques américaines et étrangères, chaque pays va dire « Nous sommes les meilleurs. Nous n'avons pas de tels problèmes. Suivez-nous », mais finalement on parviendra à un accord.

Les membres de cette association, qui comprennent Allianz (société allemande d'assurance), Aegon (société néerlandaise d'assurance), Barclays (banque britannique), Union Bank of California (banque californienne appartenant à un groupe japonais) et les banques américaines Citigroup et JPMorgan Chase, sont isolés chacun dans leur tour d'ivoire, a dit M. Talbott en exprimant l'espoir que la réunion de Washington aboutira à de meilleurs communications et à une réglementation plus efficace.

Les prochaines mesures

La réunion de Washington devrait être la première d'une série de réunions, et si les chefs d'État et de gouvernement se mettent d'accord sur des principes, tels que la transparence des instruments financiers complexes, ils consulteront à leur retour dans leur pays des spécialistes afin d'aller en avant.

Le président Bush a indiqué qu'une nouvelle réunion devrait avoir lieu dans peu de temps. La date de cette réunion et la possibilité d'y inviter un plus grand nombre de pays doivent être à l'ordre du jour.

Le nouveau président élu, M. Barack Obama, a annoncé, le 12 novembre, qu'il ne participerait pas à la réunion du 15 novembre, mais que Mme Madeleine Albright et M. Jim Leach y seraient présents pour parler au nom de son équipe avec les membres des délégations du G20. Mme Albright a occupé les fonctions de secrétaire d'État et de représentante permanente des États-Unis à l'ONU du temps du président Clinton. Ancien représentant républicain au Congrès, M. Leach a été membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants et il a également assuré la présidence de la commission des services bancaires et financiers. Dans un communiqué de presse diffusé le 12 novembre, M. Obama rend hommage au président Bush pour avoir convoqué cette réunion et explique pourquoi il n'y participera pas : « Il n'y a qu'un seul président aux États-Unis. »

Il est probable qu'il participera aux prochaines réunions puisqu'il doit assumer la présidence des États-Unis le 20 janvier.

Selon l'auteur de plusieurs livres sur la présidence, Mme Karen Hult, « en ne participant pas à cette réunion, M. Obama fait ce que la plupart des gens considèrent ce qu'il est bon de faire ». Il évitera ainsi d'être critiqué pour des résultats qui ne pourraient ne pas être si désirables.

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