Économie et commerce | La croissance par l'ouverture des marchés

03 novembre 2008

La Réserve fédérale s'emploie à empêcher l'aggravation de la crise financière

Sa coopération avec les banques centrales de divers pays étrangers

 
La baisse des taux d'intérêt aux États-Unis
Certaines banques américaines ont baissé leur taux d'intérêt suite à la nouvelle mesure des banques centrales.

Washington - Les mesures prises par la banque centrale des États-Unis, la Réserve fédérale, pour rétablir la circulation du crédit dans l'économie et pour calmer les marchés monétaires devraient atténuer le ralentissement de l'activité économique aux États-Unis et dans le reste du monde, estiment des spécialistes.

Le 29 octobre, la Réserve fédérale a abaissé son taux d'intérêt interbancaire de 0,5 point de pourcentage pour le ramener à 1 %, seulement deux semaines après l'avoir de nouveau réduit. La Chine, la Norvège et plusieurs autres pays ont pris des mesures semblables. La banque centrale de l'Union européenne et la Banque d'Angleterre devraient également les imiter pendant la semaine commençant le 3 novembre.

Selon des spécialistes, cette collaboration extraordinaire entre les banques centrales est due à la gravité des problèmes financiers, à l'incertitude relative à leurs conséquences ainsi qu'à l'ampleur de ces problèmes à travers le monde.

Les responsables de la politique monétaire des États-Unis ont indiqué clairement dans un communiqué diffusé le 29 octobre que le ralentissement de l'activité économique était grave et qu'il était probable que la situation allait se détériorer.

Le lendemain, le ministère du commerce a signalé que le taux de croissance économique des États-Unis avait diminué de 0,3 point de pourcentage pendant le troisième trimestre et que les consommateurs avaient réduit leurs dépenses pour la première fois depuis la récession de 1991.

La nouvelle mesure des banques centrales fait suite à la réduction inhabituelle et coordonnée des taux d'intérêt de plusieurs grands pays le 8 octobre. En agissant ainsi, les autorités monétaires cherchent à diminuer le coût des opérations de crédit interbancaire et, par voie de conséquence, à encourager les banques à accorder des prêts.

Certaines banques américaines ont réduit en conséquence leur taux de base également d'un demi-point de pourcentage. Les entreprises commencent à avoir accès au crédit à court terme. Toutefois, de nombreuses banques continuent de faire preuve de prudence, et les taux d'intérêt pour certaines formes de crédit, dont le crédit immobilier, sont retournés au niveau de cet été après quelques fluctuations.

Selon les économistes, il faut de 6 à 18 mois pour qu'une réduction du taux d'intérêt ait des effets concrets. Il s'ensuit donc que la série de réductions consécutives du taux d'intérêt interbancaire adoptées par la Réserve fédérale depuis septembre 2007 n'a pas encore produit tous les effets désirés. Ces réductions ont cependant signalé que la Réserve fédérale était résolue à se servir activement de ce moyen d'action, a indiqué un ancien responsable de cet organisme, M. Edwin Truman, qui fait actuellement partie de l'Institut Peterson d'économie internationale. Selon lui, si la Réserve fédérale n'avait pas commencé de réduire ces taux il y a un an, la situation serait actuellement bien pire.

Professeur de l'université de la Caroline du Sud et ancien économiste de la Réserve fédérale, M. Allen Berger est également de cet avis. Jusqu'ici, ces mesures alliées au plan de relance ont empêché une récession de grande ampleur, a-t-il dit à America.gov.

Certains économistes s'inquiètent que la faiblesse du taux d'intérêt interbancaire (1 %) ne laisse guère de marge de manœuvre à la Réserve fédérale pour contrer le ralentissement de l'activité économique.

Selon M. Truman, le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, a exprimé son soutien éventuel à un nouveau plan de relance économique parce qu'il considère qu'il ne peut plus guère agir sur le plan des taux d'intérêt.

Si elle faisait passer le taux d'intérêt interbancaire à 0, la Réserve fédérale ne disposerait plus d'un outil important. En outre, si l'économie continue de ralentir, elle risque d'être obligée d'avoir recours à des mesures moins orthodoxes et moins éprouvées comme l'abaissement des taux d'intérêt des obligations publiques de longue durée.

Ce scénario est improbable, a dit le professeur Berger en ajoutant que la banque centrale continuait d'accorder des prêts directement aux banques et aux entreprises dans le cadre de son programme d'achat d'effets de commerce et qu'il était possible qu'elle mette sur pied d'autres programmes pour injecter de l'argent dans l'économie.

La Réserve fédérale et les difficultés financières à travers le monde

Par ailleurs, la Réserve fédérale a décidé de venir en aide à des pays émergents en accordant à leur banque centrale des prêts d'un montant total de 120 milliards de dollars. Cette mesure est destinée à aider le Mexique, le Brésil, Singapour et la Corée du Sud à défendre leur monnaie en difficulté et leur marché du crédit. Ces dernières semaines, des pays dont l'économie paraissait, il y a seulement quelques mois, à l'abri d'une crise financière se trouvent en proie à des difficultés croissantes alors que leurs habitants cherchent à se protéger en achetant des dollars et des obligations d'État des États-Unis, qui sont considérées comme le placement le plus sûr du monde.

Il y a quelques mois, la Réserve fédérale avait conclu des accords d'échange de monnaies avec la banque centrale de plusieurs pays industriels. Jusqu'ici, elle a mis à la disposition d'autres banques centrales plus de 400 milliards de dollars.

Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, le 29 octobre, son propre programme de prêts d'un montant total de 100 milliards de dollars, qui est destiné à accorder des prêts de courte durée à des pays touchés par la crise financière. D'une durée de trois mois, ces prêts iront à des pays dont l'économie est en difficulté, mais fondamentalement saine, et leurs conditions seront moins strictes que les prêts habituels de cet organisme.

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