29 mai 2008
Un atelier de deux jours sur ce thème précédera le Sommet Sullivan en Tanzanie.

Washington - Les Africains « devraient prendre l'initiative » de développer leur secteur des sciences et des techniques en coopération et avec l'aide des États-Unis et d'autres pays développés afin d'atteindre un niveau supérieur de croissance économique sur l'ensemble du continent.
C'est du moins ce qu'a affirmé Osama Awadelkarim, professeur d'ingénierie et de mécanique à l'université Penn State, lors d'un entretien accordé au journaliste d'America.gov juste avant son départ pour Arusha (Tanzanie), où il participera au premier atelier sur les sciences, les techniques et l'innovation organisé à l'intention de scientifiques américains et africains. Cet atelier cherche à intensifier leur collaboration afin d'explorer les bienfaits de la recherche en sciences fondamentales.
M. Awadelkarim, qui est né au Soudan, est également directeur associé du Center for Nanotechnology Education and Utilisation de l'université Penn State.
Cet atelier de deux jours précédera le Huitième Sommet Leon Sullivan, qui se tiendra à Arusha et à Zanzibar du 2 au 6 juin. Ce sommet est parrainé par le président tanzanien Jakaya Kikwete, avec l'aide du département d'État des États-Unis.
Au moins sept présidents africains doivent y participer. Les scientifiques ont l'intention d'y présenter leurs recommandations de promotion de la collaboration dans les domaines de la science et de l'éducation. Ils espèrent également s'entretenir avec les hommes d'affaires et les délégations d'institutions éducatives qui participeront au Sommet.
Si chaque gouvernement africain réservait seulement de 2 à 3 % du produit national brut à la science fondamentale et à l'ingénierie, le continent tout entier en bénéficierait, a affirmé M. Awadelkarim.
« Je pense que cela manque en Afrique. » Des liens scientifiques stimuleraient les investissements et les affaires, ce qui stimulerait la croissance économique et le développement, a-t-il dit.
M. Awadelkarim a ensuite souligné l'importance du développement et du renforcement des capacités au sein des universitaires africains. « Il y a peu de gens qui viennent aux États-Unis » pour travailler et échanger des informations dans les domaines de la science fondamentale et de l'ingénierie.
L'atelier organisé à Arusha vise à promouvoir la coopération et les communications entre scientifiques africains et américains, particulièrement dans le domaine des sciences physiques, à savoir la chimie, les sciences des matières, la science fondamentale, et l'ingénierie électrique et mécanique. Les domaines de l'environnement et des géosciences seront également abordés, a-t-il précisé.
Cet atelier est unique, a-t-il affirmé, parce que s'il existe une forte coopération entre les États-Unis et l'Afrique dans les domaines de la santé, de la médecine, de l'environnement et des sciences agricoles - notamment par le truchement de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et l'Institut national de la santé (NIH) - il ne se passe pas grand-chose au niveau des sciences physiques.
M. Awadelkarim a ensuite évoqué son passage au département d'État en tant que boursier Jefferson. « Je me suis rendu en Afrique pour rencontrer des confrères qui n'ont cessé de se plaindre du manque d'interaction avec les États-Unis dans leur domaine de recherche. Il existait bien certains noyaux d'activité, mais pas autant qu'on l'espérait. C'est ce que nous essayons de faire dans les régions moins nanties (...) activer des liens qui pourront se transformer en véritables partenariats. »
L'Afrique aurait beaucoup à gagner de cette collaboration, notamment dans les domaines des sciences de la matière et de la recherche. « Il existe de nombreuses matières à explorer et à mettre au point en Afrique et, pour ce genre de recherche, la participation des États-Unis pourrait être très bénéfique. »
Il a ensuite donné la liste suivante des domaines offrant des possibilités de coopération :
- L'énergie solaire, qui implique des processus chimiques fondamentaux qui pourraient être exécutés en Afrique.
- La purification de l'eau, à laquelle s'appliquent de nombreux procédés scientifiques fondamentaux qui pourraient être menés simplement. Ce type de recherche pourrait facilement être effectué en Afrique.
- La recherche fondamentale sur les sols, qui permettrait aux Africains de tirer le meilleur profit de leur production agricole et de nourrir les affamés de l'ensemble du continent.
« Ce ne sont que quelques exemples. On pourrait en envisager beaucoup d'autres. Nous ne parlons pas de science de l'espace ou d'astronomie, mais de sciences appliquées fondamentales dont pourrait bénéficier l'ensemble du continent africain. »