27 mai 2008
Cette réunion, qui a lieu tous les deux ans, portera cette année sur quatre grands domaines.

Washington - La réunion au sommet organisée par la fondation Leon Sullivan qui doit se tenir du 2 au 6 juin dans les villes d'Arusha et de Zanzibar en Tanzanie et qui portera sur divers domaines, dont les investissements, l'infrastructure, le tourisme et l'environnement, s'inscrit dans le renforcement croissant des relations entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, a déclaré le vice-président de cette fondation, M. Gregory Simpkins, lors d'une interview récente.
Le président de la Tanzanie, M. Jakaya Kikwete, qui sera l'hôte de cette huitième réunion au sommet, l'a surnommée « Le sommet d'une vie » parce que tous ses participants souhaitaient faire en sorte qu'elle aboutisse à des résultats importants.
« Nous avons redoublé nos efforts de manière à avoir non seulement des recommandations, mais aussi, dans certains cas, des programmes que l'on pourra mettre en œuvre pour s'attaquer à des questions qui seront soulevées », a dit M. Simpkins.
Un atelier sur les principes Sullivan, du nom du créateur de ce sommet, le pasteur Leon Sullivan, aura lieu le premier. Ces principes datent de 1977 lorsque le pasteur Sullivan les a rédigés en vue de contribuer à la fin de la discrimination dont les ouvriers noirs faisaient l'objet en Afrique du Sud en raison de l'apartheid. Ils ont permis d'attirer l'attention du monde des affaires sur la question de l'injustice raciale en Afrique du Sud et d'encourager les entreprises américaines implantées dans ce pays à investir d'une manière responsable sur le plan social. Au début de l'année 1999, le pasteur Sullivan a élargi ses principes et a lancé une campagne mondiale en vue d'inciter d'autres pays à les adopter.
L'ordre du jour de la réunion au sommet
Les participations à la réunion au sommet aborderont une multitude de questions qui sont toutes liées au développement économique de l'Afrique subsaharienne. En outre, un atelier distinct d'une durée de deux jours portera sur la coopération scientifique et technique.
Un atelier aura trait à l'accroissement des relations commerciales américano-africaines dû à l'application de la loi américaine sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA).
« Nous estimons, a indiqué M. Simpkins, que l'AGOA a donné de bons résultats, mais ceux-ci pourraient être encore plus importants si elle portait aussi sur les produits agricoles. Étant donné que 70 % de la population active de l'Afrique subsaharienne travaillent dans le secteur agricole, il est évident qu'il s'agit là d'une question importante. »
La diversification des produits pouvant être exportés aux États-Unis dans le cadre de l'AGOA, en dehors du pétrole qui représente près de 90 % du volume des exportations africaines, est une question qu'il convient d'aborder, a-t-il dit en ajoutant : « Il nous faut considérer d'autres domaines dans lesquels les pays africains peuvent avoir un avantage comparatif » dans le cadre de l'AGOA et entrer en concurrence avec d'autres pays.
De hauts responsables américains expliqueront aussi le premier jour ce que les États-Unis font pour stimuler les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne. En outre, un forum portera sur la préparation des jeunes Africains à l'avenir.
Le deuxième jour, des représentants de la société General Electric feront une présentation sur la production d'électricité et sur sa distribution dans toute l'Afrique subsaharienne, l'absence d'électrification généralisée étant un des grands obstacles au développement du continent africain. La Banque mondiale, qui a récemment organisé une conférence sur l'électricité en Afrique de l'Ouest, et des organisations régionales africaines telles que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) participeront à cette session.
Des ateliers porteront aussi sur des sujets importants tels que les sources d'énergie renouvelables. L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le ministère américain de l'énergie animeront un atelier sur l'usage de programmes de coopération en matière d'énergie destinés à renforcer les réseaux électriques régionaux.
Par ailleurs, un atelier sera consacré à l'infrastructure médicale. « Quelles que soient les quantités de médicaments que nous fournissons, l'infrastructure médicale dans un trop grand nombre de pays est en voie d'effondrement, a fait remarquer M. Simpkins. Il nous faut considérer les moyens d'allier les systèmes des secteurs public et privé afin d'améliorer la situation dans ce domaine. »
Enfin, les participants porteront leur attention ce jour-là sur le système éducatif dans les pays africains et sur la dégradation d'un grand nombre d'universités.
La deuxième journée se terminera par un atelier sur la diaspora africaine.
Le troisième jour sera consacré au tourisme, secteur qui connaît une croissance plus rapide en Afrique que partout ailleurs. Un atelier portera sur le modèle antillais du tourisme, dans lequel de petites îles ont créé leur propre créneau et ne se font pas directement concurrence.
La fondation Sullivan compte organiser une conférence sur le tourisme en 2009 qui portera sur ce modèle et qui donnera l'occasion à des Africains de se rendre dans des îles antillaises pour s'inspirer des leçons tirées de l'expérience.
Le dernier jour de la réunion au sommet aura trait à l'environnement. La célèbre écologiste et spécialiste de la primatologie Jane Goodall fera une présentation. En outre, des représentants d'organismes écologiques tels que le Fonds mondial de la nature traiteront de questions relatives à la diversité biologique, aux changements climatiques et à la bonne gestion des ressources naturelles.
M. Simpkins a indiqué que deux présidents des États-Unis, MM. Bill Clinton et George Bush, avaient assisté à une réunion au sommet de la fondation Sullivan, car elle contribuait à renforcer les relations commerciales entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne.
Ces relations prennent de plus en plus d'ampleur chaque année, a-t-il dit en citant à ce propos le fait qu'une délégation d'hommes d'affaires de la banlieue de Washington assisterait à cette réunion en vue d'étudier la possibilité d'implanter des entreprises en Afrique subsaharienne.