18 mars 2008
Elle a facilité le rachat d'une banque d'affaires en difficulté et réduit son taux d'escompte.
Washington - La banque centrale des États-Unis, la Réserve fédérale, est intervenue avec une vigueur inhabituelle afin d'injecter des liquidités et de contribuer à maintenir la stabilité des marchés financiers dans le monde qui souffrent des effets de la crise du crédit hypothécaire aux États-Unis.
Pendant le week-end du 15 et 16 mars, elle a facilité le rachat d'une grande banque d'affaires de New York qui était en difficulté, réduit son taux d'escompte et fourni une nouvelle ligne de crédit pour les grandes banques.
Le 16 mars, le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, a déclaré à la presse que son institution œuvrait en vue de faciliter le bon fonctionnement des marchés financiers et que les mesures qu'elle venait de prendre donnaient aux établissements financiers une plus grande assurance en ce qui concerne l'accès à des liquidités.
La Réserve fédérale a approuvé l'octroi d'une ligne de crédit de 30 milliards de dollars en vue de faciliter le rachat par le grand établissement financier J.P. Morgan Chase de la banque d'affaires Bear Stearns gravement touchée par la crise du crédit hypothécaire. Selon des informations parues dans la presse, la décision de la Réserve fédérale porte sur le portefeuille de prêts immobiliers de la banque Bear Stearns que J.P. Morgan Chase a refusé d'endosser.
Quelques jours auparavant, la Réserve fédérale avait accordé des prêts d'urgence à la banque Bear Stearns, mais cela n'avait pas empêché les actionnaires de cette dernière de vendre de grandes quantités d'actions, craignant qu'elle fasse faillite.
Par ailleurs, la Réserve fédérale a réduit d'un quart de point de pourcentage son taux d'escompte pour le ramener à 3,25 %. Vu l'urgence de la situation, elle a pris cette décision deux jours avant la réunion périodique de son comité chargé de fixer les taux d'intérêt. Le taux d'escompte est le taux d'intérêt que la Réserve fédérale applique aux prêts qu'elle accorde à des banques à titre temporaire.
Enfin, elle a autorisé pour la première fois de grandes banques d'affaires qui jouent le rôle de courtiers opérant sur le marché primaire des titres du Trésor à emprunter directement auprès d'elle au taux d'escompte. Dans le cadre de ce nouveau programme, les banques d'affaires peuvent utiliser à titre de garanties toute une variété de titres de bonne qualité, notamment des titres garantis par des créances hypothécaires. En acceptant cette dernière catégorie de titres, dont la valeur a fortement diminué tout comme le nombre et le prix de logements vendus aux États-Unis, la Réserve fédérale se porte garante de la valeur de ces titres, estiment des économistes.
Au début de mars, la Réserve fédérale avait annoncé qu'elle allait consacrer 200 milliards de dollars à l'octroi de prêts à de grandes banques d'affaires de New York et élargir son programme de prêts à court terme destiné aux grandes banques de dépôt.
Selon des économistes du secteur privé, les nouvelles mesures de la Réserve fédérale visent à prévenir une baisse continuelle des titres de garantie, un resserrement du crédit et un ralentissement de l'activité économique.
Si l'État fédéral n'a ni le pouvoir ni les moyens d'intervenir dans les marchés financiers, le ministre des finances, M. Henry Paulson, procède à des consultations avec des représentants de ces marchés et avec de hauts responsables de la Réserve fédérale au sujet de la meilleure façon de faire face à la crise actuelle. Il a participé aux négociations relatives au rachat de la banque Bear Stearns par la banque J.P. Morgan Chase, et la Réserve fédérale l'a consulté avant de prendre ses décisions.
Lors de plusieurs émissions télévisées, M. Paulson a déclaré, le 16 mars : « Le gouvernement est prêt à faire ce qu'il faut pour assurer la stabilité de notre système financier » et celle des marchés financiers.
Pour sa part, le président Bush, qui suit de près la situation, a rendu hommage à la Réserve fédérale et à M. Paulson pour leurs décisions et a déclaré à l'intention de ce dernier : « Vous avez montré au pays et au reste du monde que les États-Unis étaient maîtres de la situation. »